‹ Œuvres de P. Corneille, avec les commentaires de VoltaireChapitre 211 sur 292 · ACTE V, SCÈNE IL SSy · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE IL SSy

Ne me trompë-je point? et puis-je nommer zèle Cette haine à tous deux obstinément fidèle , ' Qui peut-être, en dépit des itnaux qu'elle prévoit, ' ' Seule en mes intérêts se consulte et se croit? Faites mieux; et croyez, en ce péril extrême, Vous, que Lacus me sert, vous, que Vinius m'aime : Ne haïssez qu'Othon, et Songez qu'aujourd'hui Vous n'avez à parler tous deux que contre lui.

VlPflUS.

J'ose donc vous redire ,' en serviteur sincère , Qu'il fait mauvais pousser tant de gens en colère. Qu'il faut donner aux bons, pours'eritre-soutenir. Le temps de se remettre et de se réunir. Et laisser aux méchants celui de recohnoître Quelle est l'impiété de se prendre à son maître. . Pison peut cependant amuser leur fureur , De vos ressentiments leur donner la terreur, Y joindre avec adresse un espoir de clémence Au moindre repentir d'une telle insolence; Et s'il vous faut enfin aller à son secours. Ce qu'on veut à présent , on le pourra toujoiirs.

LACUS

J'en doute , et crois parler en serviteur sincère , Moi qui n'ai point d'amis dans le parti contraire.

Attendrons-nous , seigneur , que Pison repoussé , Nous vienne ensevelir sous l'état renversé. Qu'on descende en la place en bataille rangée. Qu'on tienne en ce palais votre cour assiégée , Que jusqu'au Capitole Othon aille à vos yeux

358 OTHON

De l'empire usurpé rendre grâces aux dîeux^

Et que , le front paré de votre diadème ,

Ce traître trop heureux ordonne de vou*-même?

Allons y allons^ seigneur^ les armes à la main^

Soutenir le sénat et le peuple romain ;

Cherchons aux yeux d'Othon un trépas à leur tête,

Pour lui plus odieux, et pour nous plus honnête :

Et par un noble effort allons lui témoigner* •••

Eh bien! ma nièce, eh bien! est-il doux de régner? Est-il doux de tenir le timon d'un empire Pour en voir l^s soutiens toujours se contredire?

CAIUXLLi:.

Plus on voit aux avis de contrariétés , Plus à faire un bon choix on reçoit de clartés. C'est ce que je diroia, si je n'étoia suspecte : Mais je suis k Pison^ seigneur, et vous respecte; Et ne puis toutefois retenir ces deux mots. Que si l'on m'avoit crue on seroit en repos. Plautine qu'on amène aura même pensée : D'une vive douleur elle paroît blessée. •••

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