‹ Œuvres de P. Corneille, avec les commentaires de VoltaireChapitre 220 sur 292 · ACTE V, SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE VIII

FLAVIE

Vous voyez que je tremble à vous le déclarer.

PLAUTINE.

Le mal est-il si grand ?

PLAVIE.

D'un balcon chez mon frère, J'ai vu.... Que ne peut-on, madame, vous le- taire! Ou qu'à voir ma douleur n'avez-vous deviné Que Vinius....

PLAUTINB. !.-.•:

Eh bien? ■-■■•

PLAViEr * •

Vient d'être assassiné ! *

parut régner dans la pièce. Le public était las de tragé«fies en raifofi» nemens , et de héros dissertateurs. Les cœurs se laissèrent toucher par Vjéstrate, sans. examiner si la pièce était vraisemblable, bien conduite , bien écrite. Les passions y parlaient , et c'en fat assez. Les acteurs s'animèrent ; ils portèrent dans l'ftf&e du speDtalelif un attendrissement auquel il n'était point accoutumé. Les excellens ouvrages de l'inimitable Racine n'avaient point encore paru ; les véritables routes du cœur étaient ignorées ; celles que présentait l'I/^i^' trate furent suivies avec transport. .Rien ne prouve mieux qu'il faut intéresser , puisque l'intérêt le plus mal amené échauffa tout le public , que des intrigues froides de politique glaçaient depuis plusieurs années. * i ) . '

* Voltaire savait très bien , ei ne dit poin^ atsie'z, ce qui rendit si familières à Corneille ces idées politiques qo*il ne.cpssede lui reprocher. Ce grand homme , presque voisin des derniers temps de la Ligne , et témoin ; dans S9L jeunesse , des guerres civiles qai eurent lieu sons Louis XIII et dans la minorité de Louis XIV, trouva , quand il ooftiiiiença*it écrire,tons les esprits encore échanges de ces idéet politiques , et ne concetrAmr rien au-dessus d elles. Ce goût général décida nécessairement celai de Corneille. F.

368 OTHON

PLAUTIICÏ.

Juste ciel I

FLAVIE. '

De Lacus Finiinitie cnielle....

PLAUTINX.

O d'uQ trouble iuconnu présage trop fidèle ! Lacus..;.

FLAViBi

C'est de sa main que part ce coup fatal. Tous deux près de Galba marchoient d'un pas égal, Lorsque , tournant ensemble à la première rue , Ils découvrent Othon maître de l'avenue. Cet effroi ne les fait reculer quelques pas Que pour voir ce palais saisi par vos soldats : Et Lâcus aussitôt , étincelant de rage De voir qu Othon partout leur ferme le passage, Lance sur Vinius un fiirievix regard , L'approche sans parler^ et^ tirant un poignard....

PLAUTINE.

Le traître ! Hélas ! Flavie ,011 me vois-)e réduite !

FLAVIE

Vous ni'en tendez, madame, et je passe à la suite.

Ce lâche sur Galba portant même fureur : (c Mourez, seigneur /4it-iL, mais .mourez empereur; (f Et recevez ce' coup comme un dernier hommage (c Que doit à votre gloire un généreux courage. » Galba tombe ; et ce monstre, enfin s'ouvrant le flanc, Mêle un sang détestable à leur illustre sang. Eh vain le triste Othon , à cet affreux spectacle ,

Diqitized

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