‹ Œuvres de P. Corneille, avec les commentaires de VoltaireChapitre 243 sur 292 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

LYSANDER, COTYS, CLÉON.

COTYS.

Puisqu'elle vous Ta dit , pourrois-je vous le taire?

Jugez ; seigneur^ de mes ennuis; Une autre qu'Elpinice à mes yeux a su plaire ; Et l'aimer est un crime en l'état où je suis.

LTSANDER.

Ne traitez point, seigneur, ce nouveau feu de crime; Le choix que font les yeux est le plus légitime ; Et comme un beau désir ne peut bien s'allumer, S'ils n'instruisent le cœur de ce qu'il doit aimer. C'est ôter à l'amour tout ce qu'il a d'aimable , Que les tenir captifs sous une aveugle foi;

Et le don le plus favorable Que ce cœur sans leur ordre ose faire de soi

Ne fut jamais irrévocable.

COTYS.

Seigneur, ce n'est point par mépris , Ce n'est point qu'Elpinice aux miens n'ait paru belle; Mais enfin, le dirai-je? oui, seigneur, on m'a pris. On m'a volé ce cœur que j'apportois pour elle. D'autres yeux, malgré pioi, s'en sont &its les tyrans , Et ma foi s'est armée en vain pour ma défense ; Ce lâche , qui s'est mis de leur intelligence , Les a soudain reçus en justes conquérants.

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