ACTE II, SCÈNE II
VIRIATE
Seigneur^ que faut-il que je sache?
Et quel est le secret que ce soupir me cache?
SEKTO&IUS.
Ce soupir redoublé '
iTacheyez point; allez :
Je vous obéirai plus que yous ne voulez.
vient ni à son caractère , ni à son âge , ni à la scène politique et raisonnée qui vient de se passer entre Viriate et loi.
1 Ce soupit redoublé achève de dégrader Sertorius. Qu'Achille aime autrement que T^rcis et Philène.
Un vieux capitaine romain qui fait remarquer ies soupirs à sa maltresse est au-dessous de Tjrrcis ; car Tjrcis soupirera sans le dire > et ce sera sa maîtresse qui s'en apercevra.
Qu'un amant passionné soit attendri , ému , troublé , qu'il soupire; mais qu*il ne dise pas , voyes comme je suis attendri , comme je suis ému, comme je suis touché, comme je soupire. Cette pusillanimité dans laquelle Corneille fait tomber Sertorius et Viriate est une preuve bien manifeste de ce que nous avons dit tant de fois , que l'amour s'était emparé du théâtre très long-temps avant Racine; qu'il n'y avait aucune pièce ou cette passion n'entrât , et c'était presque toujours mal à propo». Encore une fois l'amour n'a jamais bien été traité que dans les scènes du Cid^ imitées de GuiUem de Castro, jusqu'à VÀndromaque de Racine : je dis jusqu'à VAndromaque; car, dans la Thébaïde et dans V Alexandre , on sent que Racine suit la mauvaise route que Corneille ârvait tracée ; c'eat Tunique nnson peut- être pour laqueUo ces deux pièces tl'ilitéraisent point du toiitr
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