ACTE V, SCÈNE VL
Combien Rome pour vota a d'ennemis secrets , * Qui tous, pour Aristie enflamniés de vengeance, * Avec Sertorius étoient d'intelligence* Lisez;
(Il lui donne les lettres qu'Âristié àvoit apportées de Rome è Sertorius. )
ARISTIE
Quoi, scélérat! quoi, lâche! oses-tu bien..**
PERPENNA
Madame , il est ici votre maître et le mien ; ' 11 faut en sa présence un peu de modestie , Et si je vous oblige à quelque repartie, La faire sans aigreur, sans outrages mêlés ^ Et ne point oublier devant qui vous parlez.
Vous voyez là, seigneur, deux illustres rivales, Que cette perte anime à des haines égales. Jusques au dernier point elles m'ont outragé j Mais, puisque je vous vois , je suis açsez vengé. Je vous regarde aussi comme un dieu tutélaire ; Et ne puis.... Mais, 6 dieux! seigneur, qu'allez-vous faire?
POMPEE, après avoir brûlé les lettres sans les lire.
Montrer d*un tel secret ce que je veux savoir. ^
■ Des ennemie pour queiqi/un , c'est un solébisme et un barba* risme.
* Enflammés de vengeance pour, même faute.
3 Quand même la situation serait intéressante y théâtrale et terrible, elle ne pourrait émouvoir, parce que Ferpenna n'est là qu'un misérable , qu'un vil délateur , et qu'on ne peut jouer un rôle plus bas et plus lâche.
4 Cette action de brûler des lettres est belle dans l'histoire, et fait
ï42 SERTORIUS.
Si vous m'aviez connu^ vous l'auriez su prévoir.
Rome en deux factions trop long-temps partagée N'y sera point pour moi de nouveau replongée ; Et quand Sylla lui rend sa gloire et son bonheur^ Je n'y remettrai point le carnage et l'horreur. * Oyez^ Ceisus....
( Il lui perle bas. )
Surtout empêchez qu'il ne nomme Aucun des ennemis qu'elle m'a faits à Rome.
(à Perpenna.)
Vous, suivez ce tribun ; j'ai quelques intérêts Qui demandent ici des entretiens secrets.
PERPENNA
Seigneur, se pourroit-il qu'après un tel service....
POMPEE
J'en connois l'importance , et lui rendrai justice. Allez.
PERPENNA
Mais cependant leur haine....
un mauvaia effet dans une tragédie. On apporte une bougie y autrefois on apportait une chandelle. '*'
1 On ne remet point le carnage dans une ville , comme on y remet la paix. Le carnage et V horreur, termes vagues et usés qu'il faut éviter. Aujourd'hui , tous nos mauvais versificateurs emploient le carnage et rhorreur à la fin d'un vers , comme les armes et les alarmes poar rimer.
* Qu'on apporte une bougie oa une chandelle pour brûler ces lettres , cela prouve seulement que le service du théâtre s'est fait long-temps avec une iodécence révoltante ; mais l'action de Pompée n'en est pas moins belle. Chéttier, dans sa tragédie de Philippe second, a fait un emploi très heureux d'un moyen à peu près semblable. Don Carlos brnle des papiers qu'on vent lui arracher , et qui compromettraient des citoyens fidèles à quf l'on fait un crime de réclamer les droits de leur patrie. P.