SYPHAX, SOPHONISBE, HERMINIE, BOCCHAR
SOPHONISBE
Èh bien! seigneur, la paix, Tavez-vous résolue?
SYPHAX
Vous en êtes encor la maîtresse absolue , Madame; et je n'ai pris trêve pour un moment, Qu afin de tout remettre à votre sentiment.
On m'offre le plein calme, on m'offre de me rendre Ce que dans mes états la guerre a fait surprendre, L'amitié des Romains que pour vous j'ai trahis. •
SOPHONISBE
Et que vous offre-tron, seigneur, pour mon pays?
SYPHAX
Loin d'exiger de moi que j'y porte mes armes , On me laisse aujourd'hui tout entier à vos charmes; On demande que, neutre en ces dissensions. Je laisse aller le sort de vos deux nations.
SOPHONISBE
Et ne poùrroit-on point vous en faire l'arbitre?
SYPHAX
Le ciel sembloit m'offrir un si glorieux titre , Alors qu'on vit dans Cyrthe entrer d'un pas égal, D'un côté Scipion, et de l'autre Asdrubal. Je vis ces deux héros jaloux de mon suffrage