‹ Œuvres de P. Corneille, avec les commentaires de VoltaireChapitre 99 sur 292 · SCÈNE IIL · texte numérisé non relu

SCÈNE IIL

SOPHONISBE, ÉRTXE, MASSIMISSE, BARCÉE, HERMINIE.

ÉRYXE.

Tout a changé de face.

Madame, et les destins vous ont mise en ma place. Vous me deviez servir malgré tout mon courroux. Et je fais à présent même chose pour vous :

196 SOPHONISBE

ïe vous l'avoiâ promis , et je vous tiens parole*

SOPHONISBE

Je vous suis obligée; et ce qui m'en console , C'est que tout peut changer une seocmde fois; Et je vous rendrai lors tout ce que je vous dois.

ERYXE.

Si le ciel jusque-là vous en laisse incapable , Vous pourrez quelque temps être ma redevable, Non tant d'avoir parlé, d'avoir prié pour vous, Comme de vous céder un entretien si doux. Voyez si c'est vous rendre un fort méchant office Que vous abandonner le prince Massinisse.

SOPHONISBE

Ce n'est pas mon dessein de vous le dérober.

ERYXE.

Peut-être, en ce dessein pourriez-vous succomber.

Mais , seigneur , quel qu'il soit , je n'y mets point d'obstacle

Un héros, comme un dieu, peut faire des ndracles;

f t s'il faut mon aveu pour en venir à bout.

Soyez sûr de nouveau que je consens à tout.

Adieu. ' I

1 Ce qai fait que cette petite scène de bravades entre Éryze et âopbonîsbe est froide, c'est qu'elle ne change rien à la situation, c'est qu'elle est inutile , c'est que ceà deux femmes ne se bravent que pour se braver.

Page 1