‹ Œuvres de P. e. Lemontey (volume 3)Chapitre 39 sur 44 · CHAPITRE IL · texte numérisé non relu

CHAPITRE IL

L'abbédeLaCailie, etc.

Bailly songeait sérieusement à suivre les conseils de Lanoue. Le hasard , qui nous sert souvent mieux que les choix de la prudence, lui fit rencontrer dans une société l'abbé de La Caille , de l'Académie des Sciences. C'était vraiment une bonne fortune pour un jeune homme avide d'instruction. L'abbé de La Caille faisait alors pour les sciences ce que d'autres ont fait pour leur croyance religieuse. Il était dans Paris l'anachorète de l'astronomie ; il avait inventé une fourche dans laquelle il ajustait sa tête , et passait ainsi les nuits dans l'observation du ciel, sans connaître d'autres ennemis que le sommeil et les nuages , sans soupçonner qu'il fut un plus doux emploi

de ces heures silencieuses , qui lui révélaient l'harmonie du monde. Il était revenu depuis peu de temps des extrémités de l'Afrique , couvert de la gloire d'une entreprise savante qu'il avait seul conçue et exécutée. Une ame bonne et franche, des moeurs simples et antiques j une sagacité singulière dans les observations, distinguaient ce savant > que l'astronomie doit d'ailleurs regarder comme le plus infatigable de ses calculateurs. Tel fut le guide et l'ami de Bailly.

ou

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