‹ Œuvres de P. e. Lemontey (volume 4)Chapitre 12 sur 19 · IV · texte numérisé non relu

IV

d'beure , passa chez madame de Maintenon , où il travailla avec M. Toisin.

f2V. D. A. Oliamillard, en sortant de plaee, n'était point

sorti dtt^coMir dn roi. Ceux qui l'avaient chassé » et madame

de Maintenon la première, redoutaient sa présence , et Té-

loignaient de Paris , à l'insu du roi , par des menaces et de

faux avis. En même temps ils détournaient le roi de le voir ,

par la crainte de troubler le crédit et les opérations de

M. Voisin. A la fin le roi se lassa, et voulut voir Ghamillard,

à qui il fit mille amitiés ; il lui donna par la suite un loge-

ment à Versailles , et le traita toujours et sa famille avec

amitié.

1 4 Décembre.

Le soir il y eut grande musique chez madame de MaintenoB. Le maréchal de Yilleroi a permis* sionl du roi d'entrer dans ces musique&-là.

N, D, A, Madame de Maintenon, qui cherchait à. amfa* ser le roi , et à remplir le gtand vide de la perte de madame la dauphine, introduisit le maréchal de Villeroi dans ces particuliers, où nul homme n'était admis, pas même les premières charges , et qui ont les plus grandes entrées. Elle était sûre de ce courtisan. Le roi l'aimait par supériorité ^ et par une longue habitude. Ces musiques donnaient lieu aux vieux cmites-dea ballets de leur jeunesse, et tout cela faisait passer le temps.

17 Décembre.

le fis à Fàbbaye de Saint-Germain à Paris la gi^alide cérémonie de l'ordre de Saint-Lazare , où je reçus chevaliers le petit Montmorenci et M. de Polighac.

ANNÉE 1713. i'jB

i3 Janvier 1713.

L'évéque de Lavaur, frère de Tarchevéque de Reims , est gpiort à Montpellier, où les états de Languedoc sont assemblés. Il était fort estimé de tous ceux qui le connaissfiient.

N. D. A. La mère de cet é^èque était MoiitraTel> qu^on appelait la bëcasse, par la longueur de son nez et la figure de son visage. A force de soins et de souplesses , elle gouyet^ sait le parlement , faisait des procès à tous ses voisins, les garait , et amassa ainsi de grands biens^ Elle se défit de ses deux fils cadets. L*un se laissa froquer à Saint^Victor, et eut un évécfaé par le mariage de son frère atné^ avec une nièce de madame de Maintenons Elle fit Pautre prêtre, mal-* gré lui, et le laissait mourir de froid, les coudes percés. Mais il est devenu dans la suite arche véque et cardinal. Tout ce qui est arrivé dans cette famille n'a pas montré que Dieu ait béni les vues et les conduites de cette mère ambi^^ tieuse*

i4 J^anvier.

Mademoiselle dé la Force, qui depuis plusieurs années avait ordre de ne paraître ni à la cour ni à Paris , a obtenu la permission de revenir en ce pays-ci.

19 Janvier.

Le marquis d'Angenes a acheté le régiment de Normandie , mais le roi n'a pas encore donné l'agrément. Il veut être sûr que le marquis d'Angenes ne s'est point battu en duel , comme on l'en avait

accusé l'hiver passé , et veut que les preuves qui le justifient soient fort claires.

10 Février.

Le soir^ chez madame de MainteiAn , les musiciens jouèrent la comédie de Georges Dandin , et les dames qui les voient jouer les trouvent quasi aussi bons acteurs que bons musiciens.

II Février.

Le vieux Brissac , autrefois major des gardes-ducorps , est mort chez lui à la campagne , où il était retiré depuis quelques années.

iV. D, A. Ce vieux Brissac, très-simple gentilhomme, avait passé sa vie dans les gardes-du-corps , et major, longues années. Il avait plu au roi par son application et les détails de cet emploi , au point que les capitaines des gardes avaient souvent à compter avec lui. C'était un rustre très-brutal , et d'ailleurs fort désagréable , gâté par le roi , qu'il comptait pour tout, et le reste pour peu, mais homme d'honneur, de valeur et de probité , estimé pour tel , quoique haï de beaucoup de gens, et redouté de tout ce qui avait affaire à lui. Le roi parlant un jour des devoirs des majors qui, en y étant exacts, étaient sujets à n'être pas aimés : « Ma foi, » dît M. de Duras , qui le suivait avec le bâton de capitaine des gardes, et prenant Brissac par le bras^ « s'il ne faut qu'être « bien ha'i pour être bon major, voilà, sire, le meilleur de u France, et le roi des majors. » Chacun rit^ et le roi ne dit mot. Mais Brissac écumait , sans oser répliquer une pa-> rôle.

ANNÉE 1713. - a77

ai Février.

Le roi d'Angleterre doit arriver aujourd'hui à Bar-Ie-Duc. M. de Lorraine en a fait meubler le château magnifiquement pour le recevoir. Richard Hamilton, maître de sa garde-robe, est revenu à Saint-Germain , où la reine lui a rendu son logement f et il conserve sa charge. On ne dit point les raisons qui Font obligé à quitter le roi son msutre.

a3 Février.

Le soir il y eut musiqqe chez madame de Maintenon. M. de Torcy y entra, et y mena le cardinal de Polignac, qui présenta sa calotte au roi^ et le roi la lui mit sur la tête.

N, D. A. Ce fut one chose assez étrange que l'abbé 4e Polignac , cardinal inpetto , de la nomination do roi Jacques d'Angleterre , et dont la déclaration hâta le départ d'Utrecht, y traita et y conclut son e^ulsion de France avec les Anglais, et tout ce qu'ils voulurent à cet ég^d:.

10 Mars. » '

L'affaire des jéstdtes pour le' livre du plère de Jouvency n'est pas encore terminée. Ils consentent même qu'on supprime le livrée et ils croyaient que le pariement serait content de la requête quHls ont présentée. Mais on veut les oblige^ à qyelque chose de plus^ fort , eX. à des déclaratipns qu'ilis prétendent injurieuses à leur Société: Mw le procu-

reur-général et beaucoup de messieurs du parle^ ment croient qu'on ne les doit pas dispenser de cette déclaration.

N. D, A^ Cette histoire latine , de la ooinpagiiie de Jésus, fit d'autant plus de bruit qu'elle était du père Jouvencj, Français, avec son nom, et les approbations et permissions de sa compagnie. Gomme oc livre est entre les mains de tout je monde , il peut juger de ce qui excita le devoir du tparlem^pt, et le zèle de bien d'autres, et admii^ra la douceur avec laquelle cette affaire se passa,

31 Man,

L'évéque de Saiint-Pons est mort« Il était accusé d'être janséniste , et d'aimer fort les procès. Il n'a** vait pas la permission d'aller aux états de Languedoc , quoiqu'il fut évéque de la province. Il s'appelait Mongaillard. Son évéché vaut près de 4o,ooo livres de rente.

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