Mars
M. le cardinal Janson mourut à Paris fort, regretté du roi et du public.
iV, vP. A* C'était une sage ^ excellente tête, qui a réussi dfngfesdiif^rses ^on^ss^dea, a ipjeux aervi Ip r^i \ Ropae, /ive nul de ses mibistres; 7 a été plus craint, plus aimé et plus considéré, parce que, avec une parole lente et désagréable par l'organe, il avait une sagacité qui ajoutait beaucoup à la finesse de son esprit, qui n'a jamais pu être trompé, nième à Rome. D'ailleurs, consommé dans les af« liMn* pi^r une longue eiq)érience , magnifique aveeâe l'ordre ,
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désintéressé, obligeant, poli, très-capable d^amitié, point cardinal, moins encore Romajn, et tout Français sur nos libertés et sur les entreprises de Rome , avec petteté , et même avec édat ; parfaitement instruit^ aus»i peu timide an de**> d^ps qu'au dehors, et impénétrable au crédit'ft^AVK arUQces des jésuites, dont il ne s'émuf; j^m'ai^. 1} était ^doré daps ^01^ diocèse , et cbéri des pauvres. Il s'expliqu^ souvent et en France et à Rome , qu'il se tenait foncièrement plus honoré de l'épiscopat, sans comparaison, que du cardinalat, quoiqu'il ne se cachât pas de l'avoir fort désiré. Le roi a dit plu* sieurs fois que s'il n'eût pas été cardinal , il l'aurait mis dans son conseil. Torcy le lui ayant proposé un jour, ]q roi s'expliqu^ sur les inconvéniens d'ouvrir cette porte à un çardir nal, et même à un ecclésiastique qui n'en abuserait pas, et qui ferait exemple et planche pour exciter l'ambition d'autres du même état, dont il exposa le danger avec force , et par les exemples, et par la nature de leur profession.
39 Mars.
Le roi a donné au comte de Saaross, qui ne veut point être appelé prince Ragotski, et qpi voiidrait être appelé prince de Transylvanie, s'il n'était point incognito, aoo,ooo écus sur la maison de ville, et en outre une pension de 2,000 écus par mois.
3 Avril.
Le rfti ^igua le m^^ii) \e çpntf^t.dç m^pagS «d^ marquis de la Fare , capitaine des gardes de M. le| duc d'Orléans, avec mademoiselle Paparel, à qui le père.4onqe 56o,o.o|O.Uvr^$ en n^riag^.
î»8o ARTICLES INÉDITS.
8 Avril.
Le roi d'Espagne a souhaité que Orry retournât à Madrid pour conférer avec le comte de Berghek, sur les finances de ce pays-là. U aurait bien youlu que le roi ordonnât à Orry d'y aller^ mais le roi n'a point voulu se mêler de cela^ et a répondu que les grands chemins étaient libres, et Orry est parti en poste.
99 AvriL
Le roi (ut saigné , et vit aussitôt après les courtisans qui ont les entrées. Il demeura deux heures dans son lit, et puis s'habilla. Les jours de saignée, c^est le premier chirurgien qui lui met sa veste et son justaucorps, et non les officiers de la chambre.
i5 Mai.
Le roi a pris médecine. Il a avancé de huit jours le temps auquel il a accoutumé de se purger, parce que la semaine qui vient est toute de jours maigres, hormis le jeudi, qui est une grande fête.
38 Mal.
On va travailler aux démolitions de Dunkerque, et l'on demande 800,000 livres pour en démolir le tiers seulement.
3 Jaîn.
Le roi a cassé la compagnie de gentilshonmaes
.ANÏÎÉE 171! V -^ a8i
qui était en Normanclie j et que M. de Matignon , comme lieutenant-général de la provftice, commandait. C'était lui qui les avait fait établir du temps que M. de Ghamillard était secrétaire-d'État de la guerre. On leur donnait à chacun dix sous par jo^ry.et sur cela on prenait pour les fiure ha^ biller à Tuniforme, et de quoi leur donner des maîtres pour leur apprendre surtout les mathéma* tiques.
8 JuÎD.
Le roi donna au cardinal de Polignac Texpectative pour la pension de 6,000 livres qiie le cîei^é donne aux cardinaux. Après que le cardinal eut remercié leroi^ il lui dit, que quoiqu'il, fut comblé de ses grâces, il ne pourrait se croire parfaitement heureux, que quand il aurait l'honneur d'être son domestique. II lui avait déjà demandé plusieurs fois la charge de maitre de la chapelle de musique y vacante depuis la mort de rarchevéqiie de Reims. Le roi la lui donna, mais il lui commanda de n'en point parler, parce qu'il y a une petite difficulté qu'il faut surmonter. '
aa Juin.
Mademoiselle de Bourbon et mademoiselle de Charolais , qui avaient été à la fête de Télecteur, ne firent que changer d'habits en arrivant , ne se couchèrent points allèrent à la paroisse avec le
2)8a ARTICLES INÉDITS.
roi y et le suivirent à la procession. Quand le roi revint, il était trempé de sueur.
a Juillet.
Le pape persiste à refuser les bulles à Févéque de Beauvais, parce qu'il a, dit-il , soutenu des thèses contraires à l'autorité du Saint-Siège. Cependant il est certain qu'il n'a soutenu que des opinions établies en France depuis le concile de Constance. M. de Beauvais est frère du duc de Bj&auvilliQrs qui est celui de. tpu$^ nos^ ministres à qui la cour de Rome doit être le .plifs phti^e.
N, D, A. Les propositions de l'assemblée du clerg^é de 1682, sur la supérioritë 4u cqneile gënërfrl sur le pape, contre $Qn infaillibilité , çt 4i;r l'indépendance du temporel des rais, en up mot| sur les libertés de l'église gallicane ^ devaient êtce soutenues par tous ceux qui prétendaient aux degrés 9 et spécialement diverses fpis^ chaque année, par des thèses expresses , à quoi le parlement devait tenir la main , et cela dura quelque temps. On se relâcha ensuite là-dessus^ et sur bi^n = d'autres choses, en faveur de Rome, et finalement on sembla les abandonner par und ^ttre des évéques de l'assem*' blée , à l'exaltatîoii 4'Qttoboni , ^pour ftx^oir des bulles>' quf Innocent XI refusait depuis quatorze ans. Depuis cette époque, on ne soutint plus rien de ces propositions ^u'à la dérobée* et dans des bouffées de mécontentement qu'on avait de Rome , dont cette cour prit tant d'avantage qu'elle prétendit les anéantir, et faire un crime à quiconque les oserait soutenir si légèrement que ce fût. C'était le cas où , par ordre du roi , Fabbé de Satnt-Aignan était tombé , que Rome chAtia
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par cette lenteur k lui a<?corder des balles , et disant havdiœeq^ pourquoi. La cour de ^ome n'est pas deraeuréfs depiais en si beau chemin , et après force conquêtes est encore loin d'avoir achevé toutes celles qu'elle se propose de faire.
5 Juillet,
Les maréchaux de France s'assembleront demain à Paris chez le maréchal de Villeroi leur doyen. Ils enverront au comte d'Harcourt et au duc d*Estrées , pour leur dire de comparaître au tribunal. Mais comme les princes de la maison de Lorraine et- les ducs qui ne sont point maréchaux de France ne veulent point reconnaître ce tribunal, on croit quHls conseilleront à ces deux messieurs de ne ppint comparaître, ^t qu'ik ne comparattrûot point.
6 Juillet,
I^ mari^ph^ux fdis France qui s'gss^mt^ilèrpnt k P^ri^ chfi:^ le mariMsal dci Vjllçrpi JSt-ent ^y^ritlr ffk. Ifi ^w^^ d'îlarpourt et M. le <lup d'Estré^sde m Irrouvei: k hnt assemblée. Le popite d'Haroount J|§'l^ tc9iijir»:p0it|t chez \m pqur^ie :point recflUr AgUfq h tnbwi^l, et Ip du<î d'Ëstrées r^ftiW 4'y lÛlei?, lié p9irécbal de VUlerQi,.qi|i ^1ayait riQti;^it que d'après les ordres du rQi^.ymt4ci J^^pin^ret parla au roi à son coucher. Il lui rendit compte de ce que ces messieurs n'avaient point voulu compamâtre* Qq les enverra doosiain à la Bastille. L»es
a84 ARTICLES INÉDITS.
exempts de la connétablie qui sont auprès d^eux les y mèneront 9 et il y aura un ordre dn i^au gouverneur de la Bastille de les recevoir ; car Sans cela le gouverneur ne les recevrait point sur un ordre des niaréchaux. On les met à la Bastille non pour la querelle qu'ils ont eue , mais pour n'avoir pas reconnu le tribunal des maréchaux de France. Les ducs et les maréchaux ne sont pas d'accord sur cette affaire , et la plus grande partie des maréchaux de France qui sont ici sont ducs et maréchaux.
i8 Juillet.
L'a£Esiire du comte d'HarcoUrt et du. duc d'£strées n'^t pas finie; on croit qu'elle le sera jeudi. Les princes de la maison de Lorraine et les ducs ne veulent point être soumis au tribunal des maréchaux. M. le Grand , comme le prince le plus considérable de ceux qui sont en France de la maison de Lorraine j en a* parlé plusieurs fois au roi. Les ducs se remuent aussi beaucoup sur cette â(&ire. Le roi va prendre^à ce qu'on croit, un parti mitoyen qui est de faire juger le, comte dllar- Court et le duc d'Estrées par un petit nombre de maréchaux de France qui auront la qualité de commissaires du roi.
19 Juillet.
Les lettres de Catalogne portent que le comte
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de Staremberg avait déjà fait embarquer seize bataiitoiis,*et que le cardinal Sak, évéque de Barcelonne, à qui le roi d'Espagne n'a pas voulu accorder l'amnistie , s'est embarqué avec eux.
N. D. A. Ce cardinal Sala était un Catalan, de la lie du peuple , dont le frère était cocher de l'archiduc. Beaucoup d'esprit j d'audace et d'intrigue, à la faveur du sacerdoce dont il était revêtu , le mirent à portée de lui rendre tant de services, que ce prince crut s'en rendre un grand à lui-même, que de le faire ëvêqtie de Barcelonne. Cette fortune le mit en état de faire encore mieux , et de mériter sa nomination au cardinalat. Ce bon ecclésiastique ne le porta pas loin^ et mourut peu après qu'il fut sorti de Barcelonne. C'était un furieip ^capable de tout.
11 Juillet.
Les maréchaux de Villeroi, d'Uxelles et de Tessé, nommés commissaires par le roi,s'étant assemblés, envoyèrent chercher à la Bastille le comte d'Harcourt et le duc d'Eslrées, avec un ordre du roi au gouverneur de la Bastille de les laisser sortir. Les exempts de la connétablie qui étaient auprès de ces messieurs les amenèrent. Le maréchal de Villeroi leur dit qu'ayant appris par les informations qu'ils avaient faites, que les bruits qui avaient couru sur leur querelle n'étaient pas véritables , et que les voyant contens l'un de l'autre, il n'avait qu'à les prier de s'embrasser et de vivre toujours en amitié. Ils s'embrassèrent d'un
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air de gens qui s'embrassaient de bon ccBur. On leur ôta leurs exempts, et ib s'en cet<»mièrent diacan chez eux.
sS JoiHet.
Le roi d'Espagne a envoyé la toison au maréchal de Yillars. On ne sait point s'il l'avait demandée.
N. D, A. On ne sait par où le maréchal de Yillars a pu avoir la toison, sans avoir eu aucun rapport à l'Espagne. Il eut, en 17249 ^ grandesse à aussi bon marché. Il était dans le conseil 9 mais peu compté. Il était hardi en propos à se vanter, et il dit devant Tambassadenr d'Espagne , que le roi d'Espagne ne songeait guère à s'attacher des serviteurs d'une certaine espèce , et qui lui pourraient être utiles. Gç mot fut écrit en Espagne , et la réponse fut la grandesse , sans que le maréchal s'en fût donné plus dé soin.
Le soir on chanta chez madame de Maintenon le prologue et le premier acte ^LAtys. Ces petites musiques amusent fort le roi qui s'y connaît parfaitement bien.
7 Septembre.
L'abbé Régnier, un des quarante de l'Académie française, et qui en était secrétaire perpétuel , est mort à Paris* Il avait plus de quatre-vingts ans. II était de l'académie de la Grusca, et avait fait beau^ coup de vers en latin , en italien , en espagnol et en français.
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3 Octobre.
Le rQi donna audience 9 dans son cabinet, à M. le nonce qui lui présenta la bulle du pape ( Unigenitus ) j et lui fit un fort beau discours en italien , auquel le roi lui répondit avec sa grâce et sa facilité à parler qui surpreùdent toujours les étrangers;
x4 Octobre.
Madame de Montmorenci,que madame la Princesse avait liiise dame d'honneur aupf es de madame la Duchesse là jeune , ne se trouve point , par sa santé qui est très-délicate , en état de rerriplir cette charge. Elle a supplié madame la Princesse de trouver bon qu'elle se retirât. Madame la Prince^e l'a priée de demeurer encore quelques jours , jusqu'à ce qu'elle ait trouvé quelqu'un pour remplir cette place.
N. D, A. Il était humiliant à Taîné de la maison de Montmorenci, dont une fille de la branche cadette dé la sienne avait relevé en biens la maison de Gondé , très-pauvre alors, de voir sa femme domestique , et domestique très-peu comptée et considérée, quoique de plus femme de mérite. Telle est la différence énorme de moins d'un siècle.
30 Octobre.
On travaille à la démolition de Dunkerque du côté de la terre et du côté de la mer. Les habitans de cette pauvre ville ont présent|é une requête à
la reine de la Grande-Bretagne , fort bien écrite et fort sensée, dans laquelle ils tâchent à lui Êiire connaître qu'il est de l'intérêt de l'Angle|èrre que leur port ne soit pas comblé.
7 Novembre.
On parle de rappeler plusieurs intendans dont le roi n'est pas content , et dont les provinces se plaignent.
Il Novembre.
II y a une histoire répandue dans Paris , et on ne^ parle d'autre chose ; c'est d'une fille de famille, qu'on nomme mademoiselle Testart, qui est, à ce qu'on prétend , fort tourmentée par un esprit dè& qu'elle s'endort. Beaucoup de gens , et même des gens d'un très -bon esprit, ont eu la curiosité d'aller la voir, et y ont trouvé quelque chose d'extraordinaire dont ils ne peuvent pas démêler la vérité. Beaucoup de gens de la cour et de la ville y ont été , et ils n'y comprennent tous rien. Mais on est toujours persuadé qu'à ces choses-là il y a de la fourberie.
N. D. A, Cette mademoiselle Testart était fille d'un avo* cat, et jolie. Elle et ses parens ne s'accordèrent pas sur son mariage. Elle fit donc cette farce d'esprit qui la donna en spectacle à toute la ville , pour retarder ses noces, et dégoûter celui dont elle ne voulait point. La fourberie dura plus de deux mois, et fut enfin découverte. Elle n'eu fit que rire , et parvint ainsi à ce qu'elle en voulait. *
x<>r Décembre.
^Plusieurs Espagnols soutiennent que le roi leur maître et le royaume d'Espagne seront plus heureux n'ayant que les Espagnes et les Indes que quand ils étaient maîtres d'une grande partie de l'Italie et de la Flandre ; et c'est dans cette opinion-là qu'on vient de faire une devise pour le roi d'Espagne. Le corps est un arbre fruitier, et le mot : «r uberior si tonsus erit. »
5 Décembre.
Le marquis de Prie, qui s'en va ambassadeur en Sicile , épouse la fille de Pleneuf à qui on donne 400,000 livres. Il ne mènera point sa femme avec lui. Le roi de Sicile a toujours souhaité que les ambassadeurs de France n'eussent point leurs femmes avec eux.
9 Décembre.
Le roi fit donner des lettres de cachet à M. de Guénégaud , chancelier de l'ordre de Mûnt-Carmel et de Saint-Lazare , et à dix autres chevaliers de cet ordre dont j'avais sujet de me plaindre , et le roi me*gronda de ne l'avoir pas averti plus tôt de leur mauvaise conduite à mon égard.
10 Dé^mbre.
Il va paraître un édit sur les rentes de la maisonde-ville qu'on réduit toutes au denier ^5, tant IV. 19
!i9o ARTICLES INÉDITS.
les vieilles que les nouvelles. Celles qu'on appelle les nouvelles sont depuis 1 702 , et à celles-là on retranche les deux cinquièmes du capital, outre la réduction au denier ^5. Les deux années qui n'ont point été payées sont jointes au capital. Malgré cette réduction, le roi doit encore 760 millions de livres à la m^ison-de-ville dont l'intérêt au denier 25 est de 3o millions de livres.
3 Janvier /714.
Le père le Bel y récollet établi à Versailles , qui avait été nommé il y a douze ans à l'évéché de Bethléem dont la résidence est à Clamecy dans le Nivernais 9 a enfin reçu ses bulles de Rome. Cet évéché lui était disputé par le père Sanlecque que M. de Nevers y avait nommé , prétendant que les ducs de Nevers avaient droit de nommer à cet évêché. Le père le Bel est fort accrédité dans son ordre , et le roi a toujours témoigné qu'il en faisait grand cas. Cet évêché ne vaut que 5oo écus de rente ; mais le clei^é a coutume d'y ajouter une pension.
II Janvier.
On prit hier au matin l'abbé Servien , à Paris , chez lui, et on l'a mis à Yincennes où on l'a enfermé dans le donjon. Oti ne lui permet d'avoir aucun de ses gens pour le servir. PersoAne ne le verra. On a mis le scellé sur ses papiers. On ne
ANNÉE 1 7^4. agi
dit point les raisons de cet emprisonnement.
L'abbé Servien a soixante^cinq ans passés; il est fils<de feu M. Servien, surintendant des finances et plénipotentiaire à Munster. Il y a long-temps que cet abbé ne venait plus à la cour.
a3 Janvier.
Le bal de madame la duchesse de Berri fut fort magnifique et fort bien ordonné. On n'en sortit qu'à huit heures du matin j et les masques de Paris s'en retournèrent fort contens de monseigneur le duc de Berri et de madame la duchesse de Berri. Il y eut pourtant une présidente à qui des jeunes gens considérables firent nnc insulte. Mais monseigneur le duc de Berri en fit des réprimandes si à propos qu'il en fut loué de tout le monde.
a5 Janvier.
Il arriva un courrier de Madrid. La reine d'Espagne se trouvant plus mal, et ayant un grand dévoiement, demande qu'on lui envoie Helvétius. Il n'y voulait point aller, parce qu'il est fort incommodé et fort sujet à la goutte. Mais le roi lui a commandé de partir, et il est parti en chaise de poste. Il y a une autre chaise qui le suit, en cas que la sienne vienne à se rompre , et dans cette chaise est le fils de M. Orry. Il y a outre cela cinq à six hommes à cheval. Par le détail qu'on
aça ARTICLES INEDITS.
lui fait de la maladie de la reine, et que MM. "-
gon et Chirac ont vue, on cr.oit que cette princ
sera morte avant que Helvétius soit arrivé à
drid.
gFérrier.
MM. les évèques qui ont été de l'avis du es nal de Noailies, ont eu des lettres de cacba^our retourner à leurs évèchés. Ils ne son^^K que sept; car M. de Laon a changé d'a^T et s'est joint aux quarante.
i8 Février,
L'ordinaire de Madrid a^^Re de mauvaises nouvelles de la santé de l^^pne d'Espagne ; on croit que le premier coj^Kv apportera la nouvelle de sa mort. ËII^^Vçu tous ses sacremens. Elle avait pour confê^pTr un jésuite, mais elle l'a changé , et elle a v^Kn dominicain.
N. D. A. Les de^^Hirs vérifièrent trop i la lettre ud bon mot du prei^^^Brésident du Harlaj. TrouvRiit n son audience deu:i jé^^Heltleus pèresdel'Oratoire, qui avaient unprocé.sense^^Vil]es fît entrer dansson cabiuet, et s'assit an milieu d'o^^pTjant les jésuites à sa gauche, et les pércs de rOratoir^^V droite, qui lui parlèrent l'uu après l'autre de leur p^^^r Ensuite , et pour toute réponse, il se tourna X jési^^Het avec ce Ion bj pocrite qui lui était si naturel : , lenr dit— il , je voudrais tonjours vivre avec Kt se retournant aux pères de l'Orabjire , et du n cnmnie achevant In phrase, "et mourir avec vous,
tt mes pères. «> Cette gêne qui venait de la cour de France sur celle d'Espagne, reparut en cette triste occasion, et renouvela étrangement les discours du monde. Cette reine, avec les plus grandes et les plus aimables qualités, et avec l'amour pour elle des peuples, des seigneurs, et de toute l'Espagne, avait plus que toute autre chose contribué aux secours inespérés l]ui , parmi tant de prodigieux revers , maintinrent son mari sur lé trône. L'empire de madame des Ursins, dont elle avait été l'échelon et l'appui , et qui devenait insupportable , commençait d'aliéner les cœurs de cette reine, qui ne fut pas aussi regrettée qu'on l'aurait cru. Le roi même , qui lui paraissait si attaché , alla sitôt après sa mort à la chasse , et on la porta jie même jour à l'Escurial. La surprise fut encore plus grande de ce que, étant à cheval , il se détourna exprès pour s'approcher du convoi , et le voir passer. Après quelque temps , la reine fut plus regrettée, et devint le plus cher souvenir de toute l'Espagne , et par l'aversion universelle de celle qui lui succéda , et au passage de qui par les rues de Madrid le peuple dépité criait : T^iva la Savoj-ana, pour insulter la Parmesane.
2 Mars.
Le roi commanda au cardinal de Rohan d'aller demain à la Sorbonne qui se rassemble pour les affaires de la constitution ; et le roi leur envoie ime lettre de cachet pour la recevoir sans retardement et sans représentation.
1 4 Mars.
Le roi, après son lever^ donna audience dans son cabinet aux députés de la Sorbonne que le
a94 ARTICLES INÉDITS.
cardinal de Rohan lui présenta. S. M. fit une réponse à leur harangue y assez longue et beaucoup plus belle que la harangue.
37 Mars.
M. de la Houssaye, s*étant excusé d'accepter l'emploi de plénipotentiaire avec le comte de Luc à qui il ne voulut pas céder, parce qu'il est conseiller-d'État et que le comte de Luc ne l'est pas , le roi a nommé en sa place M. de Saint-Contest , intendant de Metz.
N, D, A, C'est la première fois que les conseillers d'État ont prétendu ne pas céder aux gens de qualité. Le roi le trouva ridicule, s'en expliqua, mais laissa faire; et tout en le blâmant, même aigrement, y arriva, en substituant un maître des requêtes au lieu du conseiller d'Etat. On verra dans la régence le désordre que cette tolérance a enfanté.
ag Mars.
M. de Montauban , qu'on avait mis à la Bastille sur des accusations qu'avait faites la famille de sa femme sur la religion , a été justifié ; il est en liberté présentement , et le roi a ordonné qu'on mît en sa place à la Bastille la dame de la Motte y mère de sa femme j qui était celle principalement qui avait donné des mémoires contre lui. M. de Montauban demande grâce au roi présentement pour sa belle-mère.
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4 Avril.
Le roi a résolu d'augmenter son parc de Marly de dix mille toises qu'on prend sur la forêt. Il y va demain &e promener, et il verra le terrain qu'il' y veut £Eiire enfermer, il veut faire aussi à Marly des agrandissemens et pour les écuries et pour le chenil, l'équipage de chasse étant fort augmenté depuis que M. le comte de Toulouse est grand veneur.