‹ Œuvres de P. e. Lemontey (volume 4)Chapitre 9 sur 19 · IV. l/j · texte numérisé non relu

IV. l/j

a feit une as^se? granc^e a£&ire entre eu¥ , quoiqu'ils fussent bpns auôs.

9 Novembre.

Il n'est point vrai qu'on ait donné aucunes fêtes

à Grenoble ' à n^ctemoiselle de Séry , conune m l'avait dit. Elle a toujours été fort epfermée jurant le peu de séjour qu'elle y a fait , et monseigneur le duc d'Orléans la fit repartir , dès qu'il sut, par une lettre de M. de Chamii(lard , que Iç. roi le trout^t à propos.

9o Novembre.

Le roi a donné l'inspection de cavalerie de l'armée de M. le duc d'Orléans , qu'avait M. de Murcé, à M. de Broglio« maréchal-de-camp.

N. D. A, Ce Murcé était frère de madame de Gajlus, et cousin de madame de Maintenon. Jamais frère et sœur ne furent plus dîfférens. Murcé avait une figure ridictde , et nipe bêtise singulière. Il y a cent contes de lui , de son cbeval isaboUe , et de son valet Marcassin , qui se npkoquait de lui , et le gouvernait. Avec cela , brave, bon offiicier, et honnête komme. Il était dan^reux , ^rce que , sans^^ être œécluuit , il écrivait tout ce qui lui passait par la t^te à madame de MaintenQn, qui l'armait véritablement^ sanis savoir pourquoi , et <}u'elle 9e fiait d'autant plus à lui , qu'elle le savait trop sot pour rien ajouter à. la vérité. Il pensa mourir de douleur, en l'année que madame la duchesse de Bourgogne vînt en Fraftce , de trois malheurs qui kii arrivèrent coup sur coup, dont il fit ses plaintes à toute l'armée. Son cheval

ANNÉE 1706. ail

Isabelle ^tait mort; Marcassin le voulu} quitter; et sa femme n'était pas femme d'honneur : il voulait dire dame du palais , mais il s'exprimait de la sorte , et ne put jamais dire, autrement. Tout le monde Talla voir , sur ces malheurs , pour s'en donner la comédie; et pour la prolonger, on fit un traité entre Marcassin et lui. Il amusa tout un hiver la ville de Strasbourg y par ses plaintes publiques ^ de ce que sa femme , trés-laide et très-dévote , lui faisait faire lit à part les samedi et les dimanches.

xa Décembre.

Il y ^ eu jd|e|]0iis quelques jours une graa4e affaire à Cliiny , entre AI. le cardii^al de Bouillon et les moines , dans laquelle il parait que les moines ont eu un procédé fort violent.

i3 Décembre.

M. de 1^ l^eiiillade est de rietpiir, et M. de Chamill^rd 1'^ prés.en|;é ce soir au roi, chez n^adame djB Maiq^non.

N, D., A, I^e foi voyapt entrer Cbaipillard; avec soif gepcbre eif l^se ^ 9^ ^eva , alla ^ |a porte , e^ dit à la Feuill^de : « Monsieur , nous sommes bien malheureux tous deux ; » puis tourna le dos, et la Feuiltade , de dedans la porte, sortit après sa révérence , sans av|f yr osé dire un mot. Le roi ne lui parla jamais depi|is. Ce n'était pas le chemin de devenir maréchal de France, comme il le fut en 1724, sans avoir servi dans Pentre-deux.

7 Janvier 1707.

On veut ét^l^lir une grande réforme dans les

lia ARTICLES INÉDITS.

Petits-Pères de Ptris , et on en a chassé plusieurs qui menaient une vie un peu scandaleuse.

JV. D, A. Ces Petits-Pères avaient des portes par où ils en- I traient et sortaient sans être vus , et y faisaient entrer des

femmes. Ils avaient des chambres et des lits, où rien ne manqftait , jusqu'aux toilettes ^ et oo y faisait bonne chère. A la

fin le roi j mit la main. ^

la Janvier.

Le roi a toujours donné à madame de Montespan y depuis qu'elle est retirée de la cour , trois mille louis d*or par quartier , quelque prix qu'ils valussent. Il a diminué cette année des deux tiers , à cause de la rareté de l'argent.

z6 Janvier.

Le mariage du comte d'Evreux est arrêté avec mademoiselle Crozat, qui n'aura douze ans qu'au mois de mars. *Son pèt*e lui donne la valeur de % million^ de livres, quoiqu'il ait encore beaucoup d'^iuti^es enfans. Dans cette dot est comprise la terre de Tancarville , qu'on prétend qui donne le titre de connétable héréditaire de Normandie.

lo F||per.

Madame de Caylus reparut à la cour, et vint au souper du roi. Il y avait treize ans qu'elle ne l'avait vu. On l'avait crue chassée de la cour , et elle ne l'était point.

iV. D. A. Pour le coup les Mémoires sont trop politiques ,

ANNÉE 1707. ai3

et ik ne persuaderont à personne de ce temps , que madame de Cajlus n'ajt pas été chassée. Sa dévotion ^ qui avait été extrême durant son exil, finit avec la direction du père de la Tour y qu'elle troqua si aisément pour une pension. Elle reparut belle encore comme un ange , et madame, de Maintenon , qui l'aimait toujours , fut ravie de la revoir , et l'initia ^^eu à peu dans tous les par^culiers chez elle avec le roi , gui s'en amusait aussi , mais qui craignait son esprit , et ne l'aima jamais. Elle ne 'fut pas long-temps sans être de tout, et sans recevoir le duc de Villeroi , qui , après la mort du roi et de madame de Maintenon , ne bougea plus de chez elle^ et y soupaittous les soirs en maitre de la case, jusqu'à sa mort, dont il pensa mourir de douleur , quoique quelquefois las l'un de l'autre. La pauvre fenime , depuis son retour à la cour , s'était souvent moquée de sa dévotion de Paris , et des nuits des jours-saints qu'elle avait passées devant le saintsacrement à Saint- Sulpice. Elle n'était pas bonne , et avait de quoi être fort méchante.

19 Février.

Le chevalier de Gassé a été tué à lille dans la maison d'une femme chez qui il allait souvent. On dit que le mari de celte femme est qp, fuite. *

a 9 Février. *

On a cassé un colonel d'infanterie nommé Ternant ^ qu'on prétend qui avait tenu quelques mauvais discours.

4 Mars.

L'ancien évécyie d'Autun est mort. Il avait cédé cet évéché à un de ses neveux.

ai4 ARTICLES INÉDITS.

N", D, A, Cest lui qui, recevant la cour qui passait par soi] diocèse , et voyant TïircbèvêqTiè dé Reims en admiration de s«n magnifique buffet, lui dit Humblement : « Mon- « seigneur ^ vous voyez lA le bien des pauvtës. » Mais l'acUTe lui répondît brutalement : « Btonseîgneur , vous auriez bien 'i fait de leur en épargner là façon. » C'est, k ce qu'on dit albrs , sur cet évêque d'Autun, ^ue Molière fit son T^artuffe^, Il s'attacba à îa fin à la cour de Saint*Oénùath , et se vanta d'avoir été miraculeuseinënt guéri d'iide fistule lacrymale, ]iar l'intercession du roi d'Angleterre. Il en filparl â la reitie sa veuyé, au roi , et à ttiàddme de Mâint^hon* Mais la fistule rep4rut peu de jours après , et il fût si bonteux dû mauvais succès de cette intrigue , qu'il s'entViit dans son diocèse. Il aVait été valet i tout faire du cardinal Mazàrin, et gi^Ând séirvifeur des j&uites.

J7 Mars.

Monseigneur le duc de Bourgogne joue presque tous ^s jours au billard à la guerre. Madame la duchesse de Bourgogne'^ qui ne cherche qu'à lui plaire, s'est mise de ce jeu, et y îaSx jouer qudlques-unes de ses * dames , et ce jeu-là diire du moins trois neures.

al Mars.

**Il y a eu une petite sédition dans féVétttë de Cahors; Sui- Fédh des éiatikgèS et de^ yfitéiiiès. Beaucoup de paysans armés se voulaient emparer de la'vilie de Cahors , mais heureusement il y avait deux Dataillon^ dedaniâ ^\ lés ëM ofat éinfiêchés. On y fait marcher quelques trdtipfes et celles

ANNÉE 1707. ai S

qu'on envoie en Espagne , et on a envoyé ordre à M. te Gendre , intendant de Môntauban , de suspendre l'exécution de cet édit.

Le roi , avant que de partir dé Versailles , apprit la mort du maréchal de Vauban par plusieurs gens qui lui demandaient les charges qu'il avait.

N. D. A. Oq a vAi ailleurs quel ëtait VaubaQ, son mérite^ Faffection et la confiance du roi pour lui , en l'occasion de Turin , et combien il méritait Tune et l'autre. Mais il les perdit bientôt après, èl il n'y put survivre. G^était le meilleur liomme, et le méiDeur patik*ioiè du mbiide, tobjoiirs occupe de l'État, et du soulagétnent dl! touti^ ses yaHnes, ainl! que de l'avancement de#a gloire, avea un désintéressement par-» fait. Il était homme de grand ordre, de grand arrangement, de grand calcul. Les impôts, et encore pFus la manière dont on les levait , lui- déplaisaient étrangement. Il s'appliqua , plusieurs annëes, à y cherclicr un remède, et crut l'avoir trouve par le livre célèbre qu'il publia. On n'entrera pas ici dans t*examén de cet ouvragé; ihais quel qu'il fût, c'était «dui d'un ekcfeHent cœul*, et d'un dig^^ c^H^en. Il se crut à portée d'oser traiter cette matière, par la tijtnaUpn où, de longue main , il se trouvait avec le roi ; et , en cela , ii* se trompa en plein. Son livre fit grmd bruil : goûté, loué, admiré du public, blâmé et détesté des flnanciçrs, abhorré des ministres, dont il alluma la colère. Pcmtchartraih sil^- . tout en fit un vacarme , âans garder aucune mesure ; et Ghamitlard oublia sa douceur ël sa mbdëraiion. Les màgisti^ti de^'fih'ances tempêtèrent^ et l'ot-age fut porté jusqu*li un tel eiDcèi, que^ si on les av&iit criis^ le maréchal aurait été

ai6 ARTIGIJES INÉDITS.

mis à la j^stillc, et son livre entre les mains du.Ëourreau. Le roi, qui ue s'j peut résoudre, ne laissa pas de se laisser entraîner à ce torrent, assez pour contenter ses ministres, assez pour scandaliser étrangement sa cour, assez pour tuer le meilleur des Français, et celui qui avait cueilli les lauriers dont le roi avait environné son front,

Les désordres du Quercy sont apaisés; mais les paysans du Périgord se sont Soulevés depuis ; ils ont pillé quelques bureaux, et $e sont rendus maîtres* de quelques châteaux' et d'une petite ville , disant qu'ils ne veulent payer que la taille et te capitatibn , la dîme à leurs curés, et leH^ redevances à leurs seigneurs ; qu'il» sont fidèles sujets du roi, mais qu'ils ne peuvent payer les nouvelles impositions. Il ue paraît point qu'il y ait de nouveaux convertis parmi eux, ni qu'il s'agisse de religion. Ils ont forcé deux ou trois gentilshommes de se mettre à leur tête , et sont mal armés 9 et pvesqpe tous pieds nus, mais %n assez grand nombre.

8 Avril.

On a établi quatre coifipagnies de gens d'affaires, composées chacune de douze hommes; et quand on fera de nouvelles affaires, ce seront ces compagnies-là qui les feront tour à tour. Chacun de ces quarante-huit hommes-là donnera argent

ANNÉE 1707, ^ a 17

eomptant au roi 1000 pistoles pour y entrer.

Ils auront sous eux des commis et des sous-com-* mis qui donneront les una Soo, et les autres 3oo pistcdes.

On sut au lever du/oi que le duc de Nevers mourut hier au soir à Paris.

N. D, A, Ce neveu de Mazarm était un Italien paresseux , voluptueux, sordidement avare > de beaucoup d'esprit , et d'ornement dans Pesprit , d'excellente compagnie, singulier au dernier point, qui faisait les plus jolis vers du monde, et qui ne se souciait de quoi que ce fût. Il avait épouse la nièce, belle àf ravir ^ dé madame de Montespan, dont il fut souvent jaloux , et toujours inutilement. Il lui est arrivé plusieurs foi^ d'entrer le matin dans sa chambre , de la faire lever , et de la faire monter tout de suite en carrosse avec lui, pour aller à Rome, sans lui en avoir dit un mot, ni avoir fait lui— même aucuns prépâratifi^. C'était- un bomme qui allait souvent am marché, acheter lui-même des choses ^ipanger, et qui les accommodait dan» sa chambre.

' ' a6Mai.

Le roi , avi^nt que d'aller à la chasse , et étant auprès de madame la duchesse de Bourgogne, commença en badinant à parler de ce qui venait de se passer sur le Rhin. Il prit même l'affaire d'assez loin , et parla des années passées avec une éloquence extraordinaire. Il prit même un ton d'orateur pour continuer le badinage. Son dis*

ai 8 ARTICLES INEDITS.

ooahi fut assez long , parce q^'fl sentait le p]sâa» qu'il lions fiusfit à nous qui {'écoutions fort attentivement. . -

• ' 8 Juillet, * . »

MM. de Neuchàtel ont Renouvelé un serment entre eux de ne point recevoir d'argent de tous les prétendans à leur souveraineté, et se sont même promis de ne point aller manger chez eux.

i4 Juillet.

L'après-dinée on perça la joue à monseigneur le duc de Berri. Il souffrit beaucoup de douleur, et il ne voulut jamais permetf ce que l'on acbevât TopératiQU.

. 19 Juillet.

Le roi ne put se promener que sur les sept hearés y à cause de la furieuse chaleur. Quhiae persoUtiefi^ de l'équipage de M. le duc du Maine et de celui de M. le comte dé Tëùlôu^a, qti étaient à la chasse, s'y trouvèrent fort mal; le roi , qui est l'homme du monde le moins incommodé de la chaleur, fut obligé de changer plusieurs fois de chemisé. ♦ *

a 6 Jjiillet.

M. l'ancien évéque de Gondom , frère akké de

M. de Malî|iaon , a eiiVojré à Jteuchàtel demander pour lui rinvestitdre de cette priBcîp0uté> et on

droit que cette dét^arche pourjra nUilNs ans: cffàii^cÀ lÂë a!e. de Matignoù\ etl céjpiàyè-Ià, parce qii'ib iso^t' ttMis préfiléëtanâ à N^ùcbâtel, qtt'ils erâiâdrâiè^t d'être sujets d'Un évéqùe, et qtfé «i Tdn ji^è les préteUtîotiâ dé fci maisdh Mâtigtion bônhë^y i'ëvéqiie de Coiidoni étatit Taitté serait en droit dy prétendre.

M. \k duc de Chârtfes eut hier une assez grosse fièvre , et ît pàt-ui niêîùe dès rougetirs au visage. Comme son appartement est fort près de celui de monseigneur le dyc de Bretagoe, on représenta au roi quHl fallait le transporter ailleurs. Le roi y consentit avec peine , sentant bien que madame la duchesse d'Orléans en serait fort affligée; mais il se rendit à l'avis des médecins. H a envoyé ce matin, à huit heures,. Blouin chez madame là duchesse d'Orléans, qui, iSëâ ijUe Blouin lui a porté l'ordffç^a.piis une jope^ tat, Mns se doBnér le temps de 6e ^abafler& est teiiue éhez le roi, et S. M. lui a parlé ^viec t^nt de bonté et tant d'amitié qu'elle eé est sortie fort contente. Le roi lui a dit : « Si je ne regardais que moi , il ne serait pas question de transporter votre fils; mais je dpid compte à TÉ* tat^ qui me reprocherait d'avoir hasardé le duc de "Bretagne pcmr (rap ixiénager le duc de Chartres^ Cepéildaîit, si la petite vérole avait paru , tout ce

aao ARTICI^S INEDITS.

qu'on m'aurait pu dire ne m'aurait jamais Êiit consentir à exposer la vie de votre fils, heureusement il a bien passé la mût. Prenons ce tempslà pour le faire transporter. U est de votre int^^rét comme du mien d'éviter les reproches du public. Faisons porter^ votre fils dans l'appartement de M. de Marsan, qui est de l'autre côté de la diapelle ;» et dans le moment on y a porté le prince. Cet appartement est vide , parce que M. de Marsan a la goutte à Paris. M. le duc de Charti:es a bien passé la journée , et on compte que ce ne sera rien.

i4 Septembre.

Le vieux Bertet est mort chez le maréchal de Villeroi auprès de Lyon. Il avait cent cinq ans. Il avait été secrétaire du cabinet , et le cardinal de Mazarin l'avait employé souvent dans des intrigues de coiir. Il est mort dans la dernière pauvreté.

37 Septembre.

Le roi à donné à M. d*Antili le gouvernement d'Orléanais et celui d'Àmboise qu*avait le marquis de Sourdis. Le gouvernement d'Orléanais est un des douze grands gouvernemens du royanme.

N. 'D. A, La mort de madame de Montespan ouvrit à d'Ântin la porte de la fortune, et de la récompense de ses longues sueuTs , et de ses infatigaUes travaux de cour. Jusqu'alors il avait trouvé le roi de fer pour lui, quelques

ANNÉE 1707. aai

souplesses, quelques soins, quelque intrigue qu'il eût em* plojés. Madame de Maintenou ne se pouvait résoudre à jîen en sa fayeur. Dès qu'il eut perdu sa trop fameuse mère, tout changea de face. Madame de Maîntenon lui sourit. Le passage du roi par Petîtbourg fut un signe éclatant de ce grand changement. Cette grâce du gouvernement d'Orléanais ne tarda pas ensuite. D'Antin , transporté à cette nouvelle , s'écria X « Me voilà donc dégelé ! »

10 Octobre.

Madame la duchesse de Bourgogne alla voir un hôpital de petites filles que madame de Montespan a établi.

6 Novembre.

U y a d^assez grands désordres en Bolonais et en Picardie pour le faux-saunage. Des cavaliers, des dragons et des soldats se sont assemblés par bandes de deux ou trois cents hommes , ont pillé des greniers à sel qu'ils vendent publiquement , et en ont porté même jusqu en Normandie.

39 Novembre.

Le roi a donné ffrace au jeune comte de Tonnerre. On le n^et à la Bastille^ où il sera un an. Il donnera lo^ooo livres d'aumônes que M. le car« dinal de Noailles partagera aux pauvres, et il n'entrera jamais dans aucune maison où. sets M. Âmelot; et si M. Àmelot arrivait dans. un maison où il fut y il serait obligé d'en sortir/ afin que

iaa ARTIGLpS INÉDITS.

M. Amelot a'aîi; pas la douleur 4^ Tpir celui qui a tué son fils y et un fils qu'il aimait tendrement. Le roi arait fait écrire à M.^ Amelot par M. le chancelier et par M. Cliamillard , pour Texhorter à consentir que l'on fît grâce au comte de Tonnerre à cifuse de son (b^tipéme jeup^sse.

3 Déceftibre. *

Les faux-sauniers continuent à faire beaucoup de dé^onires^ dans les province^. 0^ a ^x^èté y en Anjou^ vingt-cinq cavaliers du régiment de iRqye, et dans l'Orléanais quelques cavaliers du régiment de Biron. On les décimera; on les fera tirer au billet pour être pendus , et on envoyera les autres aux galères.

5 Déç§ml[][re.

Sei^e cavaliers portant du faux sel ont été assez insolens peur le venir vendre dans le village de Meudon. On les fait suivre^ et oq en fera une punition exemplaire si on peut les attraper.

6 Janvier 1708.

M. de Montberon , qui a la lieutenance^générale de Flandre , ^ur laqueli» il a un brevet de retenue de 1 509OO0 livres , a envoyé sa démission au roi , le suppliant de vouloir nommer quelqu'un à cette charge^ afin qu'avant de mourir il pût disposer de cette somme.

ANNÉE 1708. 2a3

N, D. A. G'éti^il une jnanière de médecin ^ qui vivait d)^ régime , et qui se tua , lui , et bieu d'autres qui le crurent , par l'usage du café, qu'il faisait lui-même. Il lui en vint à la fin un cancer à la main, dont il mourut. Petit liomme grison^ avec une calotte pour éviter la perruque, qui avait tout-à-fait l'air de ces régens de collège qui n'ont pokit de petit-ooUet, et qui en avait encore ptuT le jau. Un brave bomme , mais fort peu au-delà.

8 Janvier.

Le fils de M. Chamillard quitte le nom de marquis de Chamillard pour prendre celui de marquis de Cagny, qui est la terre que M. son père

vient d'acheter en Normandie.

16 Janvier.

Le comte d'Évreux a prêté le serment de colonel-général de la cavalçrie, et a payé en argent blanc ce qu'on donne pour le serment, et les officiers de la chambre s'en sont plaints, parce qu'on a accoutumé de les payer en or.

N. D, A, Cette monopole des sermens a toujours été croissant. La délicatesse de se faire un titre d'être payé en or, et une injure de l'être en argent, n'avait pas encore été imaginée. Mais que n'imaginent pas les valets d'un roi aussi arbitrairement maître?

aa Janvier.

Milord Ayerseen était 4e ^ chambre bassie dp temps du roi Guillaume qui le fit lord, eroy^^t

ii24 ARTICLES INÉDITS.

par-là le contenir. Mais il parla dans la chambre haute avec la même force qu'il avait fait dans la basse. Le roi lui dit : «c Milord j j'espérais que ^ au moins après la grâce que je vous ai faite , vous vous contiendriez la première fois. -7- Sire, lui répondit-il^ quand vous m'auriez fait roi, je n'en soutiendrais pas moins l'intérêt de l'État et du peuple. »

%g Janvier.

M. l'archevéqué d'Àix est mort. Les Provençaux f dont il n'était pas trop aimé , lui ont fait son épit^^he qui est fort courte : requiescat ut requieuit. »

7 Mars.

Madame la duchesse du Maine jouait à Clagny la comédie de F Hôte de Lemnos , faite par M. de Malézieux. C'est une traduction de la pièce de Plaute intitulée Mostellaria.

II Mai.

Mansard se trouva mal à trois heures après minuit , et mourut ici à sept heures du soir dans son appartement du second commun. Aucun remède ne put ni le sauver, ni le soulager. Il était surintendant des bâtimens , aux appointemens de 5a,ôoo livres, et il avait gardé la charge de premier architecte qui lui en valait 18,000 livres.

ANNÉE 1708. aa5

Outre cela, il avait une infinité de commodités , et disposait de beaucoup d'emplois.

N. D. A. Alansard, qui avait été aide des maçons à^tï% sa première jeunesse, fit sa forturne à pas de géant. Il était de» venu familier et insotent au dernier point, et toutefois assez bon homme. Il était ignorant dans son métier, et de Coste, son beau-frère , ne l'était guère moins. Ils tiraient tout d'un dessinateur, qu'ils tenaient clos et à l'écart cbez eux, qui s'appelait V Assurance^ sans lequel ils ne pouvaient rien. Mansard engageait le roi dans de grandes entreprises, en intéressant son amour-propre, et en lui soumettant des plans imparfaits, dont le roi réformait lui-même quelques défauts grossiers. Il entrait à toute beure dans le cabinet du roi^ s'y mêlait dans la conversation, tenait le dez, attaquait le roi , tirait un fils de France, frappait sur l'épaule à un prince du sang, et aux plus grands seigneurs, et tout était en respect devant lui. Il s'était prodigieusement enricbi. Le roî ne parut pas fort toucbé de sa mort, et la cour encore moins. Il venait d'acbeverun beau pont de pierre à Moulins, lorsque M. de Gharlus arrivant de ses terres dans le voisinage, parut à la cour. Mansard pria le roi , d'un air triomphant, de lui de— mander des nouvelles de son pont, ce que le roi fit aussitôt. « Sire, répondit froidement Gbarlus, je n'en ai point depuis « qu'il est parti, mais je le crois bien présentement à Nantes. « — Gomment, dît le roi, de qui croyez-vous que je vous « parle ? <?est du pont de Moulins. — Oui , Sire , répliqua M Gbarlus, c'est le pont de Moulins aussi' qui s'est détacbé « tout entier la veille de mon départ, et qui s'en est allé à « vau-l'eau. » Le roi et Mansard demeurèrent aussi étonnés l'un que l'autre, et le fait se trouva vrai. Il en était déjà arrivé autant à Mansard/ pour le pont de Blois. Il n'avait au-

Page 1