‹ uvres de P. et Th. Corneille, précédées de la Vie de P. CorneilleChapitre 381 sur 766 · HÉRACLIUS, PULCHÉRTE, MARTIAN, AMINTAS · texte numérisé non relu

HÉRACLIUS, PULCHÉRTE, MARTIAN, AMINTAS

AMINTAS

Mon bras Vient de laver ce nom dans le sang de Phocas.

HÉRACLIUS

Que nous dis-tu?

AMINTAS

Qu'à tort vous nous prenez pour traîtres : Qu'il n'est plus de tyran ; que vous êtes les maîtres.

HÉRACLIUS

De quoi ?

AMINTAS

De tout l'empire.

MARTIAN

Et par toi ?

AMINTAS

Non, seigneur; Un autre en a la gloire, et j'ai part à l'honneur.

HÉRACLIUS

Et quelle heureuse main finit notre misère?

AMINTAS

Princes, l'auriez-vous cru? c'est la main d'Exupère.

MARTIAN

Lui, qui me trahissait?

AMTKTAS.

C'est de quoi s'étonner : Il ne vous trahissait que pour vous couronner.

HÉRACLIUS

N'a-t-il pas des mutins dissipé la furie?

AMINTAS

Son ordre excitait seul cette mutinerie.

MARTIAN

Il en a pris les chefs, toutefois?

AMINTAS

Admirez Que ces prisonniers même avec lui conjurés Sous cette illusion couraient à leur vengeance : Tous contre ce barbare étant d'intelligence, Suivis d'un gros d'amis nous passons librement Au travers du palais à son appartement. La garde y restait faible, et sans aucun ombrage ; Crispe même à Phocas porte notre message : Il vient; à ses genoux on met les prisonniers, Qui tirent pour signal leurs poignards les premiers. Le reste, impatient dans sa noble colère, Enferme la victime ; et soudain Exupère :

« Qu'on arrête, dit-il ; le premier coup m'est du : « C'est lui qui me rendra l'honneur presque perdu.» Il frappe, et le tyran tombe aussitôt sans vie, Tant de nos mains la sienne est promptement suivie. Il s'élève un grand bruit, et mille cris confus

208 HÉRACLÏUS, AC

Ae laissent discerner que Vive Héraclius ! Nous saisissons la porte, et les gardes se rendent, blêmes cris aussitôt de tous côtés s'entendent; Et de tant de soldats qui lui servaient d'appui, Phocas, après sa mort, n'en a pas un pour lui.

PULCHÉRIE

Quel chemin Exupère a pris pour sa ruine !

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