TROUPE
HÉRACLIUS, à Léoniine.
Est-il donc vrai , madame? et changeons-nous de sort? A mintas nous fait-il un fidèle rapport?
EÉONTÏNË.
Seigneur, un tel succès à peine est concevable ; Et d'un si grand dessein la conduite admirable...
HÉRACLIUS, à Exupère.
Perfide généreux, hâte-toi d'embrasser Deux princes impuissants à te récompenser.
EXUPÈRE, à Béraclius.
Seigneur, il me faut grâce ou de l'un ou de l'autre : J'ai répandu son sang, si j'ai vengé le vôtre.
MARTIAN
Qui que ce soit des deux, il doit se consoler
De la mort d'un tyran qui voulait l'immoler :
Je ne sais quoi pourtant dan s mon cœur en murmure .
HÉRACLIUS
Peut-être en vous par là s'explique la nature : Mais, prince, votre sort n'en sera pas moins doux. Si l'empire est à moi, Pulchéiie est à vous. Puisque le père est mort, le fils est digne d'elle.
(à Léontine.) Terminez donc, madame, enfin notre querelle.
LÉONTINE
Mon témoignage seul peut-il en décider?
MARTIAN
Quelle autre sûreté pourrions nous demander?
LÉONTINE
Je vous puis être encor suspecte d'artifice. Non, ne m'en croyez pas ; croyez l'impératrice.
(à Pulchérie, lui d mnant un billet.) Vous connaissez sa main, madame; et c'est à vous Que je remets le sort d'un frère et d'un époux. Voyez ce qu'en mourant me laissa votre mère.
PULCHÉRIE
J'en baise en soupirant le sacré caractère.