‹ uvres de P. et Th. Corneille, précédées de la Vie de P. CorneilleChapitre 395 sur 766 · D. MANRIQUE, D. LOPE, D. ALVAR , CARLOS · texte numérisé non relu

D. MANRIQUE, D. LOPE, D. ALVAR , CARLOS

d. lope. [grâce,

Eh bien ! seigneur marquis , nous direz - vous , de Ce que, pour vous gagner, il est besoin qu'on fasse ? Vous êtes notre juge, il faut vous adoucir.

CARLOS

Vous y pourriez peut-être assez mal réussir. Quittez ces contre-temps de froide raillerie.

D. MANRIQUE

Il n'en est pas saison, quand il faut qu'on vous prie.

CARLOS

Ne raillons, ni prions, et demeurons amis. Je sais ce que la reine en mes mains a remis ; J'en userai fort bien : vous n'avez rien à craindre ; Et pas un de vous trois n'aura lieu de se plaindre.

Je n'entreprendrai point déjuger entre vous Qui mérite le mieux le nom de son époux; Je serais téméraire, et m'en sens incapable ; Et peut-être quelqu'un m'en tiendrait récusable. Je m'en récuse donc, afin de vous donner Un juge que sans honte on ne peut soupçonner; Ce sera votre épée, et votre bras lui-même.

Comtes, de cet anneau dépend le diadème : Il vaut bien un combat; vous avez tous du cœur : Et je le garde...

A qui, Carlos?

CARLOS

A mon vainqueur.

Qui pourra me l'ôter Tira rendre à la reine ; Ce sera du plus digne une preuve certaine. Prenez entre vous l'ordre et du temps et du lieu ; Je m'y rendrai sur l'heure, et vais l'attendre. Adieu.

DON SANCÏIE D'ARACON, ACTE Iî, SCÈNE T. 2T0

I Nous ne dédaignons point un si digne rival : I Mais pour votre marquis, qu'il cherche son égal.

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