ACTE CINQUIEME
Resté seul , Célidan réfléchit, et en vient à penser qu'il ne joue peut-être que le rôle de dupe. Pour s'en assurer, il dit à la nourrice qu' Alcidon vient de tout avouer, en déclarant même qu'elle a trempé dans l'enlèvement de Clarice. Elle nie d'y avoir participé en rien, et tente de faire croire que le seul auteur a trouvé ce biais pour se venger de son refus. Toutefois, cédant à la crainte du supplice qui lui est réservé , elle demande un asile à Célidan, qui le lui accorde, heureux tout à la fois d'avoir démasqué les méchants et de tenir la dangereuse nourrice en lieu de sûreté.
Alcidon vient demander à Doris son cœur, non plus pour lui, mais pour un de ses amis. Indignée, elle lui conseille de taire le nom de son protégé , qu'elle se sent prête à haïr à l'égal de luimême.
Célidan vient de rendre la liberté à Clarice sans lui nommer le coupable, et sort dans l'intention de chercher Philiste; accosté par Alcidon, il lui
promet son secours, et le traître se rit de la simplicité qu'il lui suppose encore.
Célidan n'a point trouvé Philiste à son logis ; il revient, le rencontre, et lui promet de lui rendre sa maîtresse , s'il s'engage à lui accorder une demande. Transporté de joie, celui-ci donne sa parole ; et à peine sait-il où il trouvera Clarice, qu'il laisse sa mère et sa sœur avec Célidan.
Célidan ouvre son cœur à Chrysante, et lui demande la main de Doris; mais, craignant que Philiste ne soit toujours trop porté pour Alcidon, elle remet la réponse à un autre moment.