ACTE TKOÏSIÈME
Gagné par Hippolyte et entièrement dévoué à ses intérêts, Aronte vient à bout de persuader à son maître que le plus sur moyen de ramener Célidée est de lui donner de la jalousie en faisant la cour à Hippolyte. Avant tout, Lysandre veut que son écuyer aille s'informer des dispositions de sa maîtresse.
ARONTE, seul.
Sans que pour l'apaiser je me rompe la tête, Mon message est tout fait, et sa réponse prêle. Bien loin que mon discours pût la persuader, Elle n'aura jamais voulu me regarder.
Une prompte retraite, au seul nom de Lysandre, C'est par où ses dédains se seront fait entendre. Mes amours du passé ne m'ont que trop appris Avec quelles couleurs il faut peindre un mépris.
Florice entre, et demande à Aronte des nouvelles de l'intrigue qu'ils conduisent; recevant une réponse favorable, elle s'empresse de la reporter à Hippolyte, que son impatience amène.
HIPPOLYTE, à Célidée, qui vient d'enlier.
Nous parlions du dessein d'éprouver Ion amant : Tu l'as vu réussir à ion contentement?
CÉLIDÉE.
Je viens te voir exprès pour t'en dire l'issue : Que je m'en suis trouvée heureusement déçue ! Je présumais beaucoup de ses affections; Mais je n'attendais pas lanl de soumissions
Par crainte d'un raccommodement, Florice s'efforce de persuader à Célidée que si elle persistait à rebuter Lysandre pendant un jour entier, il en aurait bien vite pris son parti ; insinuation qu'Hippolyte, en la combattant faiblement, a l'adresse de faire adopter par sa crédule rivale.
Lysandre survient, et adresse à Célidée des paroles qui expriment sa douleur et sou amour ; docile aux conseils de Florice , elle lui répond qu'il devrait quitter cet importun langage.
LYSANDRE
Quoi ! vous prenez pour vous ce que j'adresse ailleurs?
Adore qui voudra voire rare mérile,
Un change heureux me donne à la belle Hippolyte.
Celle-ci semble vouloir renvoyer ces bommages à Célidée , qui dissimule son dépit sous un air d'indifférence et sort avec Florice.
Hippolyte, continuant son jeu, reproche à Lysandre de laisser partir ainsi sa maîtresse, la seule digne de ses vœux.
Pleirante (père de Célidée), et Chrysante (mère d'Hippolyte), entrent en parlant mariage : le premier emmène Lysandre. Restée seule avec sa fille, Chry santé lui dit :
Devinerais-tu bien quels étaient nos discours ?
HIPPOLYTE
Il vous parlait d'amour, peut-être?
CHRYSANTE
Oui; que t'en semble?
HIPPOLYTE
D'âges presque pareils, vous seriez bien ensemble.
CHRYSANTE
Tu me donnes vraiment un gracieux détour ! Celait pour ton sujet qu'il me parlait d'amour.
HIPPOLYTE
Pour moi? Ces jours passés, un poëte qui m'adore, Du moins à ce qu'il dit, m'égalait à l'Aurore : Je me raillais alors de sa comparaison ; Mais, si cela se fait, il avait bien raison.
CHRYSANTE
Avec tout ce babil, tu n'es qu'une étourdie. Le bon homme est bien loin de celte maladie ; Il veut te marier, mais c'est à Dorimant : Vois si tu le résous d'accepter cet amant.
Hippolyte insinue à sa mère que la proposition de Pleirante n'a pour but que de détourner Lysandre de chercher à lui plaire, et de le ramener à Célidée. Elle appuie sur ce que Pleirante a emmené Lysandre avec lui. Chrysante promet d'approfondir ce mystère.
Célidée entre en pleurant ; pour éviter ses doléances , Hipi olyte sort avec Chrysante. — La malheureuse se livre sans contrainte à sa douleur. Enfin, voyant venir Dorimant, elle se retire après l'avoir prié de lui rendre visite le lendemain. Celui-
EXAMEN AN
ci voudrait être admis chez Hippolyte ; la porte lui est durement refusée.