‹ uvres de P. et Th. Corneille, précédées de la Vie de P. CorneilleChapitre 554 sur 766 · LA SUIVANTE · texte numérisé non relu

LA SUIVANTE

« Je ne me suis jamais imaginé avoir rien mis « au jour de parfait; je n'espère pas même y « pouvoir jamais arriver : je fais néanmoins mon « possible pour en approcher; et les plus beaux « succès des autres ne produisent en moi qu'une " vertueuse émulation, qui me fait redoubler mes « efforts, afin d'en avoir de pareils.

« Je vois d'un œil égal croître le nom d'autrui,

« Et tâche à m'élever aussi haut comme lui,

« Sans hasarder ma peine à le faire descendre.

« La gloire a des trésors qu'on ne peut épuiser ;

« Et, plus elle en proiligue à nous favoriser,

« Plus elle en garde encore où chacun peut prétendre.

« Pour venir à cette Suivante que je vous dédie, « elle est d'un genre qui demande plutôt un style « naïf que pompeux : les fourbes et les intrigues « sont principalement du jeu de la comédie; les « passions n'y entrent que par accident Les rè- « gles des anciens sont assez religieusement ob- « servées en celle-ci. Il n'y a qu'une action prin- .< cipale, à qui toutes les autres aboutissent ; son « lieu n'a point plus d'étendue que celle du « théâtre, et le temps n'en est point plus long que « celui de la représentation , si vous en exceptez « l'heure du dîner, qui se passe entre le premier « et le second acte. La liaison même des scènes, « qui n'est qu'un embellissement, y est gardée ; « et, si vous prenez la peine de compter les vers, « vous n'en trouverez pas en un acte plus qu'en « l'autre. » (Corneille, É pitre dédicatoire.)

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