‹ uvres de P. et Th. Corneille, précédées de la Vie de P. CorneilleChapitre 564 sur 766 · ACTE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME

Polymas, valet d'Alidor, montre à Angélique

EXAMEN ANALYTIQUE

une déclaration d'amour que son maître envoie à Clarice. Elle se lamente , mais s'engage à garder le secret, afin que Polymas puisse lui rendre de nouveau semblable service.

Alidor survient, et est accueilli par les plus vifs reproches ; mais la douleur d'Angélique redouble quand, après avoir lu sa lettre à Clarice, qu'elle lui représente , il s'informe d'un ton railleur si c'est là la cause de sa colère. Tl continue sur ce ton, et la quitte en lui promettant de ne jamais paraître devant elle.

ANGÉLIQUE, seule.

Que je m'anime en vain contre un objet aimable ! Tout criminel qu'il est, il me semble adorable ; Et mes souhaits, qu'étouffe un soudain repentir, En demandant sa mort, n'y sauraient consentir.

Elle annonce son malheur à Phylis, qui lui répond en plaisantant :

Choisis de mes amants, sans l'affliger si fort, Et n'appréhende pas de me faire grand tort : J'en pourrais, au besoin, fournir toute la ville, Qu'il m'en demeurerait encor plus de deux mille.

Reprenant son sérieux, Phylis plaide de nouveau la cause de son frère, et ne se laisse point rebuter. Aussitôt le départ d'Angélique, elle fait venir Doraste , lui raconte ce qui se passe , et lui ayant conseillé d'aller demander Angélique à son père, le congédie pour s'entretenir avec Lycis, un de ses innombrables amants.

Au bout de quelques instants elle voit passer Cléandre, et court l'arrêter. Celui-ci lui répond :

Encor que votre ardeur à la mienne réponde,

Je ne veux point d'un cœur commun à tout le monde.

Il veut la quitter pour se rendre auprès d'Angélique, qu'il est chargé de voir de la part d' Alidor ; mais elle le retient pour lui montrer son portrait nouvellement fait, et laisse partir Lycis.

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