‹ uvres de P. et Th. Corneille, précédées de la Vie de P. CorneilleChapitre 576 sur 766 · ALCANDRE · texte numérisé non relu

ALCANDRE

Voyez si pas un d'eux se montre négligent... Ainsi tous les ac eurs d'une troupe >;omique, Leur poème récité, partagent leur pratique. L'un tue el l'autre meurt, l'autre vous fail pitié ; Mais la scène prés de à leur inimitié. . . I e Irai re et le trahi, le mort et le vivant Se trouvent à la fin amis comme deva

Il finit par dire qu'après s'être sauvé de prison, Clindor s'est fait comédien et attire tout Paris à son théâtre. Pridamant s'irrite ; Alcandre lui répond :

Cessez de vous en plaindre : à présent le théâtre

Est en un point si haut que chacun l'idolâtre ;

Et ce que votre temps voyait avec mépris

Est aujourd'hui l'amour de tous les bons esprits,

L'entretien de Paris, le souhait des provinces,

Le divertissement le plus doux de nos princes,

Les délices du peuple, et le plaisir des grands ;

Il tient le premier rang parmi leurs passe-temps;

Et ceux dont nous voyons la sagesse profonde

Par leurs illustres soins conserver tout le monde,

Trouvent dans les douceurs d'un spectacle si beau

De quoi se délasser d'un si pesant fardeau.

Même notre grand roi, ce foudre de la guerre,*

Dont le nom se fait craindre aux deux bouls de la terre,

Le front ceint de lauriers, daigne bien quelquefois

Prêter l'œil et l'oreille au Théâtre-François

Si par les biens on prise les personnes,

Le théâtre est un fief dont les rentes sont bonnes ; Et votre fils rencontre en un métier si doux Plus d'accommodement qu'il n'eût trouvé chez vous. Défaites-vous enfin de celte erreur commune, Et ne vous plaignez plus de sa bonne fortune

Ramené à de plus saines idées , Pridamant assure Alcandre de son éternelle reconnaissance, et va rejoindre promptement son fils à Paris.

THÉODORE

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