‹ uvres de P. et Th. Corneille, précédées de la Vie de P. CorneilleChapitre 577 sur 766 · VIERGE ET MARTYRE · texte numérisé non relu

VIERGE ET MARTYRE

« La représentation de cette pièce n'a pas eu grand éclat ; et, sans chercher des couleurs à la justifier, je veux bien ne m'en prendre qu'à ses défauts et la croire mal faite , puisqu'elle a été

mal suivie Ce n'est pas toutefois sans quelque

satisfaction que je vois la meilleure et la plus saine partie de mes juges imputer ce mauvais succès à l'idée de la prostitution, qu'on n'a pu souffrir... Dans cette disgrâce, j'ai de quoi congratuler à la pureté de notre scène, de voir ; qu'une histoire qui fait le plus bel ornement du : second livre des Vierges de saint Ambroise, se trouve trop licencieuse pour y être supportée. Qu'eût-on dit si , comme ce grand docteur de i l'église, j'eusse fait voir cette vierge dans le lieu i infâme ; si j'eusse décrit les diverses agitations i de son âme pendant qu'elle y fut ; si j'eusse « peint les troubles qu'elle ressentit au premier i moment qu'elle y vit entrer Didyme ? C'est lài dessus que ce grand saint fait triompher cette « éloquence qui convertit saint Augustin, et c'est

< pour ce spectacle qu'il invite particulièrement

< les vierges à ouvrir les yeux. Je l'ai dérobé à la

* vue et, autant que je l'ai pu, à l'imagination de

• mes auditeurs; et après y avoir consumé toute

< mon industrie, la modestie de notre théâtre a

EXAMEN ANALYTIQUE

« désavoué ce peu que la nécessité de mon sujet « m'a forcé d'en faire connaître. »

Corneille. {Examen de Théodore.)

Page 1