‹ uvres de P. et Th. Corneille, précédées de la Vie de P. CorneilleChapitre 621 sur 766 · VALAMIR · texte numérisé non relu

VALAMIR

Voyez votre Ildione ; et puissiez-vous, seigneur, Y trouver plus de jour à lire dans son coeur, Un esprit plus facile ! Oclar sort de sa tente ; Adieu.

Ardaric s'informe auprès d'Octar si Ildione tardera à paraître. — Elle entre, et se montre disposée à accepter la main d'Attila; Ardaric se plaint , elle réplique :

Je l'épouserai donc, et réserve pour moi La gloire de répondre à ce que je me doi. J'ai nia part, comme une autre, à la haine publique Qu'aime à semer partout son orgueil tyrannique, El le hais d'autant plus que son ambition A voulu s'asservir touie ma nation ; Qu'en dépit des traités, et de tout leur mystère, Un tyran qui déjà s'est immolé son frère, Si jamais sa fureur ne redoutait plus rien, Aurail peul-ètre peine à faire grâce au mien. Si donc ce iriste choix m'arrache à ce que j'aime, S'il me livre à l'horreur qu'il me fait de lui-même, S'il m'attache à la main qui veut tout saccager, Voyez que d'intérêts, que de maux à venger ! Mon amour et. ma hnine, et la cause commune, Crieront à la vengeance, en voudront trois pour une ; Et comme j'aurai lors sa vie entre mes mains, 11 a lieu de me craindre aulant que je vous plains. Assez d'autres tyrans ont péri par leurs femmes; Ce. le gloire aisément louche les grandes âmes ; El de ce même coup qui brisera mes fers, 11 est beau que ma main venge tout l'univers.

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