ACTE TROISIEME
Voulant éveiller la jalousie chez Tite, Domitian offre sa main à Bérénice , et ajoute que le frère d'un empereur est au moins l'égal d'un roi. Il n'obtient qu'un refus qu'accompagne cette réponse ironique :
Pour moi, qui n'eus jamais l'honneur d'être Romaine, Et qu'un destin jaloux n'a fait naître que reine ; Sans qu'un de vous descende au rang que je remplis, Ce me doit être assez d'un de vos affranchis.
Domitie survient ; Domitian, fidèle à son plan , cherche à inspirer de la jalousie à la fille de Corbulon en déclarant qu'il offre à Bérénice un cœur par d'autres trop dédaigné. Domitie s'étonne,
EXAMEN A
se plaint qu'il se soit tant hâté de prendre un parti, et paraît disposée à revenir à lui. Le frère de Tite redouble de protestations d'amour, et la conjure de faire le bonheur de quatre amants par le sacrifice de son ambition. Enfin il sort, et laisse à Bérénice le soin de convaincre tout à fait Domitie. Bérénice entreprend de faire sentir à sa rivale le danger auquel on s'expose en sacrifiant l'amour à l'ambition -, celle-ci n'oppose que la rudesse et la fierté; en la quittant, elle menace Bérénice du bannissement.
Dans quatre jours, madame, on verra qui s'abuse.
Tite entre chez la reine -, il vient lui rendre hommage, et s'excuser de l'avoir congédiée si promptement. Elle en profite pour réveiller en lui un amour mal éteint, en exprimant la douleur qu'elle éprouve de se voir remplacée par une femme assez belle pour mériter l'amour de l'empereur. — Si du moins vous aviez choisi
. quelque objet sans éclat
Qui ne pût être à vous que par raison d'état,
je pourrais me dire que le cœur de Tite est encore à moi.
TITE
Je no puis vous donner celte consolation. Si pour vous obéir je lui suis infidèle, Rome, qui l'a choisie, y consenlira-t-elle?