‹ uvres de P. et Th. Corneille, précédées de la Vie de P. CorneilleChapitre 629 sur 766 · BÉRÉNICE · texte numérisé non relu

BÉRÉNICE

Quoi ! Rome ne veut pas quand vous avez voulu ? Que faites-vous, seigneur, du pouvoir absolu? N'éles-vous dans ce trône, où tant de monde aspire, Que pour assujettir l'empereur à l'empire? Sur ses plus hauts degrés Rome vous fait la loi ! Elle affermit ou rompt le don de votre foi ! Ah ! si j'en puis juger sur ce qu'on voit paraître, Vous en êtes l'esclave encor plus que le maître.

TITE

Tel est le triste son de ce rang souverain, Qui ne dispense pas d'avoir un cœur romain ; Ou plutôt des Romains tel est le dur caprice, A suivre obstinément une aveugle injustice, Qui, rejetant d'un roi le nom plus que les lois, Accepte un empereur plus puissant que cent rois.

Il veut renoncer à l'empire , et se retirer dans les états de la reine, où il pourra vivre tout entier à l'amour ;

Et soit de Rome esclave et maître qui voudra.

BÉRÉNIC'%

Il n'est plus temps : ce nom si sujet à l'envie Ne se quitte jamais se gncur, qu'avec la vie; El des nouveaux Césars la tremblante fierté N'ose faire de grâce à ceux qui l'ont porté :

elle préfère le voir épouser Domitie; mais Tite proteste avec ardeur qu'il renonce à Domitie, dutil perdre et la vie et le trône.

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