‹ uvres de P. et Th. Corneille, précédées de la Vie de P. CorneilleChapitre 634 sur 766 · ACTE TROISIÈME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME

Pulchérie brûle de partager le trône avec Léon; ce qui la retient , c'est la crainte de la désapprobation du sénat.

Que ne m'en fait-il donc une obligeante loi ! Ce n'est pas le choisir que s'en remetlre à moi ; C'est attendre l'issue à couvert de l'orage. Si Ton m'en applaudit, ce sera son ouvrage ; Et, si j'en suis blâmée, il n'y veut point de part : En doute du succès, il en fuit le hasard ; Et, lorsque je l'en veux garant vers tout le monde, Il veut qu'à l'univers moi seule j'en réponde.

Martian consentirait volontiers à employer son crédit auprès des sénateurs , mais il croit que ce serait échouer ; il conseille donc à l'impératrice de remplir le serment qu'elle a fait avant son élection.

Je suis impératrice, et j'étais Pulchérie, répond-elle ; il ne faut pas, écoutant l'amour, signaler ainsi le commencement de mon règne ; d'ailleurs, la jeunesse de Léon ne fera-t-elle pas croire que je veux régner sous son nom ? Vousmême ne vous accusera-t-on pas d'avoir voulu sous

EXAMEN AN

un fantôme d'empereur conserver les rênes du pouvoir? — Je me placerai au-dessus de ces soupçons, répond Martian ; car, aussitôt que Léon sera devenu votre époux, je m'éloignerai de Bysance

Pour aller, dans le calme et dans la solitude, De la mort qui m'attend faire l'heureuse élude.

Et pour prix de mes longs services, je ne demande que de mourir à moi. — (Il sort.)

PULCHÉRIE

Que me dit-il, Justine, et de quelle retraite Ose-t-il menacer l'hymen qu'il me souhaite ?.. . S'il était dans un âge à prétendre à ma foi, Comme il serait de tous le plus digne de moi, Ce qu'il donne à penser aurait quelque apparence, Mais les ans l'ont dû mettre en entière assurance.

Revenant aussitôt à son amour pour Léon, elle prie Justine de l'aider à s'en défendre ; elle voudrait même que sa confidente essayât de se faire aimer de lui.

Mais Léon se présente, et Pulchéiïe, tout en lui reprochant de douter de son amour, déclare de nouveau qu'elle ne le choisira pour époux qu'autant qu'il serait désigné par le sénat.

Tel contre vous et moi s'osera révolter, Qui contre un &i gran.l corps craindrait de s'emporter. El, méprisant en moi ce que l'amour m'inspire, Inspecterait en lui le démon de l'empire.

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