‹ uvres de P. et Th. Corneille, précédées de la Vie de P. CorneilleChapitre 636 sur 766 · ACTE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

ACTE QUATRIÈME

Justine presse Irène de la seconder dans son projet; Irène répond qu'il ne conviendrait point qu'en conseillant le parjure à son frère, une sœur lui fit perdre toute chance d'atteindre à l'honneur qui lui est peut-être résené.

Poussée par le désir de savoir ce que pense Léon, Pulchérie entre. Après avoir dépeint l'accablement

ALYTIQUE.

où il est plongé, Irène reproche à l'impératrice de manquer de courage; enfin, dit-elle, si mon frère vous paraît indigne de l'empire, le mérite d'Aspar permet à celui-ci d'y prétendre , et la disgrâce de Léon me causerait de moins longs regrets si je voyais mon amant parvenir au trône. — Pulchérie ne veut point d'un cœur qui appartient à une autre.

Sous le voile d'un faux intérêt, Aspar lui-même vient annoncer à Pulchérie que les sénateurs se montrent tout à fait disposés à contrarier son choix ; il a même lieu de croire qu'une main inconnue fomente la sédition. Indignée, Pulchérie lui laisse entrevoir qu'elle connaît ses projets et ses sourdes menées ; il l'assure de son zèle , mais pour preuve elle lui demande qu'il fasse décider le sénat à proclamer Léon, ou à la laisser régner seule: s'il y réussit, la main d'Irène sera sa récompense. Elle sort en emmenant Justine.

Dans la scène suivante , toute la fourberie de l'ambitieux Aspar se manifeste : invoquant leur amour, Irène le conjure de ne point entraver le bonheur de Léon, de ne point s'exposer à la vengeance de Pulchérie; il ne veut prêter son appui à Léon qu'autant que Léon consentirait à partager l'empire avec lui.

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