‹ uvres de P. et Th. Corneille, précédées de la Vie de P. CorneilleChapitre 692 sur 766 · LE FESTIN DE SCÈNE IL · texte numérisé non relu

LE FESTIN DE SCÈNE IL

D. JUAN, SGANARELLE

Avec qui parlais-tu ? pourrait-ce être Le bonhomme Gusman? J'ai cru le reconnaître.

SGANARELLE

Vous avez fort bien cru; c'était lui-même.

D. JUAN

11 vient Demander quelle affaire en ces lieux nous retient?

SGANARELLE

Il est un peu surpris de ce que, sans rien dire, Vous avez pu si tôt abandonner Elvire.

D. JUAN

Que lui fais-tu penser d'un départ si prompt?

SGANARELLE

Moi?

Rien du tout ; ce n'est point mon affaire.

D. JUAN

Mais toi, Qu'en pe uses tu?

SGANAKELLE.

Je crois, sans trop juger en bête, Que vous avez encor quelque amourette en tête.

D. JUAN

Tu le crois?

SGANARELLE

Oui.

Ma foi! tu crois juste; et mon cœur Pour un objet nouveau sent la plus forte ardeur.

SGANARELLE

Eh, mon Dieu ! j'entrevois d'abord ce qui s'y passe. Votre cœur n'aime point à demeurer en place; Et, sans lui faire tort sur la fidélité, C'est le plus grand coureur qui jamais ait été. Tout est de votre goût ; brune ou blonde, n'importe.

D. JUAN

Et n'ai-je pas raison d'en user de la sorte ?

SGANARELLE

Eh! monsieur...

D. JUAN

Quoi?

SGANARELLE

Sans doute, il est aisé de voir Que vous avez raison, si vous voulez l'avoir; Mais si, comme on n'est pas bon juge dans sa cause, Vous ne le vouliez pas, ce serait autre chose.

D. JUAN

Hé bien, je te permets de parler librement.

SGANARELLE

En ce cas, je vous dis très-sérieusement

Qu'on trouve fort vilain qu'allant de belle en belle

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