‹ uvres de P. et Th. Corneille, précédées de la Vie de P. CorneilleChapitre 694 sur 766 · ELVIRE, D. JUAN, SGANARELLE, GUSMAN · texte numérisé non relu

ELVIRE, D. JUAN, SGANARELLE, GUSMAN

ELVLRE.

Don Juan voudra-t-il encor me reconnaître ? Et puis-je me flatter que le soin que j'ai pris...

D. JUAN

Madame, à dire vrai, j'en suis un peu surpris ; Rien ne devait ici presser votre voyage.

ELVIRE

J'y viens faire, sans doute, un méchant personnage;

Et, par ce froid accueil, je commence de voir

L'erreur où m'avait mise un trop crédule espoir.

J'admire ma faiblesse, et l'imprudence extrême

Qui m'a fait consentir à me tromper moi-même,

A démentir mes yeux sur une trahison

Où mon cœur refusait de croire ma raison.

Oui, pour vous, contre moi, ma tendresse séduite,

Quoi qu'on pût m'opposer, excusait votre fuite :

Cent soupçons, qui devaient alarmer mon amour,

Avaient beau contre vous me parler chaque jour,

A vous justifier toujours trop favorable,

J'en rejetais la voix qui vous rendait coupable ;

Et je ne regardais, dans ce trouble odieux,

Que ce qui vous peignait innocent à mes yeux.

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