‹ uvres de P. et Th. Corneille, précédées de la Vie de P. CorneilleChapitre 714 sur 766 · D. CARLOS, D. JUAN, ALONZE · texte numérisé non relu

D. CARLOS, D. JUAN, ALONZE

ALONZE, à un valet.

Fais boire nos chevaux, et que l'on nous attende. Par où donc... Mais, ô ciel! que ma surprise est - d. carlos, àAionze. [grande!

D'où vient qu'ainsi sur nous vos regards attachés...

ALONZE

Voilà votre ennemi, celui que vous cherchez, Don Juan.

D. CARLOS

Don Juan !

D. JUAN

Oui, je renonce à feindre ; L'avantage du nombre est peu pour m'y contraindre . Je suis ce don Juan dont le trépas juré... f

ALONZE, à D. Carlos.

Voulez-vous...

D. CARLOS

Arrêtez. M'étant seul égaré, Des lâches m'ont surpris, et je lui dois la vie, Qui par eux, sans son bras, m'aurait été ravie. Don Juan , vous voyez , malgré tout mon courroux, Que je vous rends le bien que j'ai reçu de vous : Jugez par là du reste ; et si de mon offense, Pour payer un bienfait, je suspends la vengeance, Croyez que ce délai ne fera qu'augmenter Le vif ressentiment que j'ai fait éclater. Je ne demande point qu'ici, sans plus attendre, Vous preniez le parti que vous avez à prendre : Pour m'acquitter vers vous, je veux bien vous laisser, Quoi que vous résolviez, le loisir d'y penser. Sur l'outrage reçu, qu'en vain on voudrait taire, Vous savez quels moyens peuvent me satisfaire : Il en est de sanglants, il en est de plus doux. Voyez-les, consultez ; le choix dépend de vous. Mais enfin, quel qu'il soit, souvenez-vous, de grâce, Qu'il faut que mon affront par Don Juan s'efface, Que ce seul intérêt m'a conduit en ce lieu, Que vous m'avez pour lui donné parole. Adieu.

ALONZE

Quoi ! monsieur. . .

D. CARLOS

Suivez-moi.

ALONZE

Faut-il...

D. CARLOS

Notre querelle Se doit vider ailleurs.

D. JUAN, SGANARELLE

D. JUAN

Holà, ho, Sganarelle ! SGANARELLE, derrière le théâtre.

Qui va là?

D. JUAN

Viendras-tu?

SGANARELLE

Tout à l'heure. Ah ! c'est vous ?

D. JUAN

Coquin, quand je me bats, tu te sauves des coups ?

SGANARELLE

J'étais allé, monsieur, ici près, d'où j'arrive : Cet habit est, je crois, de vertu purgative ; Le porter, c'est autant qu'avoir pris...

D. JUAN

Effronté !

D'un voile honnête, au moins, couvre ta lâcheté.

LE FESTIN DE PlELiRE, ACTE III, SCÈNE VIT.

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