HOU ACE
qu'ainsi nous ne rendons pas un petit service à l'état, puisque, contribuant à vos divertissements, nous contribuons à l'entretien d'une santé qui lui est si précieuse et si nécessaire. Vous nous en avez facilité les connaissances, puisque nous n'avons plus besoin d'autre étude pour les acquérir que d'attacher nos yeux sur Votre Éminence quand elle bonore de sa présence et de son attention le récit de nos poèmes. C'est là que, lisant sur son visage ce qui lui plaît et ce qui ne lui plaît pas , nous nous instruisons avec certitude de ce qui est bon et de ce qui est mauvais, et tirons des règles infaillibles de ce qu'il faut suivre et de ce qu'il faut éviter : c'est là que j'ai souvent appris en deux heures ce que mes livres n'eussent pu m'apprend te en six ans ; c'est là que j'ai puisé ce qui m'a valu l'applaudissement du public; et c'est là qu'avec votre faveur j'espère puiser assez pour être un jour une œuvre digne de vos mains. Tse trouvez donc pas mauvais, Monseigneur, que, pour vous remercier de ce que j'ai de réputation , dont je vous suis entièrement redevable, j'emprunte quatre vers d'un autre Horace que celui que je vous présente , et que je vous exprime par eux les plus véritables sentiments de mon âme :
Tolum muneris hoc lui est, QiiO'l monslror digilo prœlereuntimn
Scenas non le vis a>iifejc :
Quod spiro ci placeo, si pluceo, tuum est.
Je n'ajouterai qu'une vérité à celle-ci , en vous suppliant de croire que je suis et serai toute ma vie, très-passionnément , Monseigneur, de Votre Éminence, votre très-humble, très-obéissant, et très-obliaé serviteur,