‹ Œuvres de P.L. Tchebychef (volume 3)Chapitre 7 sur 218 · ENVIE · texte numérisé non relu

ENVIE

montrent que la courbure de la surface des ailes suit une autre loi: au commencement l'angle formé par les éléments de l'aile et l'axe de rotation décroît en s’éloignant de l’extrémité de l’aile, mais, arrivé à une certaine limite, il commence à croître, de sorte que ses différences premières vont constamment en décroissant, tandis que la théorie enseigne qu'elles doivent s’accroître. Ce désaccord entre la théorie actuelle et les résultats de beaucoup d'observations faites par Coulomb sur les moulins-à-vent, dont la construction est tenue par les mécaniciens-praticiens pour modèle, nous suggère naturellement l'idée que, peut-être, certaines circonstances que la théorie actuelle ne prend généralement pas en considération, comme le changement de direction et d'intensité du vent sous l'influence de l'édifice même du moulin, la courbure de l’axe des ailes, etc., exercent une influence considérable sur la marche du moulin. En tenant compte de cela, on trouve aisément des expressions analytiques pour la quantité de travail du moulin-à-vent et la forme la plus avantageuse de ses ailes; 1l n’y a que quelques constantes, différentes pour chaque type de moulin, qui restent inconnues. Pour vérifier ces expressions à l’aide des observations de Coulomb sur les moulins-à-vent de Lille, il faut avoir des données plus détaillées que celles qui suffisaient pour l'exposé de l’ancienne théorie des moulins-à-vent. C’est pourquoi en passant près de Lille j'ai trouvé utile de visiter cette ville et je suis resté deux jours à examiner les moulins-à-vent des environs.

Le 28 juin je me suis rendu de Lille à Paris, où J'arrivai le soir même. À cette époque les études dans les hautes écoles étaient déjà finies; mais j'ai trouvé la plupart des professeurs À Paris, ce qui était d'une grande importance pour le succès de mon voyage, car, vu sa courte durée, il me fallait des renseignements sur place pour trouver immédiatement ce qui était d'intérêt principal pour mes études de la Mécanique appliquée et, outre cela, pour obtenir des recommandations, sans lesquelles on n'arrive pas à voir beaucoup de choses, ou on les voit d'une façon superficielle.

Arrivé à Paris, je me suis adressé au célèbre géomètre Liouville, Membre de l’Académie des Sciences de Paris et éditeur d’un journal de mathématiques, auquel je collabore depuis 1842. Grâce à l’obligeance de ce géomètre, j'ai trouvé l’occasion de lier connaissance avec les savants dont le concours était d’une grande importance pour le succès de mon voyage.

D’après les renseignements que j'ai tirés des entretiens avec eux, j'ai conclu qu'il me serait utile d'employer une partie de mon séjour

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