TomeH, p. 73 et
4. An tome I*', p. 1-S46, des Œuvres de Saini^tpremond^ 17S3 (la volumes in-ia). — Voyez aux pages i83 et 184.
SUR LA FONTAINE. glxi
lettre très-galante et trè»4pirituelle. Mme de Bouillon pria M. de Saint-Evremond d'y répondre, et cela lui attira une lettre de remerciement de M. de la Fontaine. On avoit tant d'e^ time en Angleterre pour cet illustre auteur, que Mme Hanrey, le duc de Devonshire, mylord Montaigu et mylord Godolphin, ayant su, quelques années après, qu'il ne vivoit pas fort commodément à Paris, résolurent de l'attirer à Londres, et s'engagèrent à lui assurer une subsistance honorable ; et il y a apparence qu'il y seroit venu, si les infirmités de la vieillesse ne l'en avoient empêché. » L'historien de Saint-Évremond place donc quelques mutées après 1687 l'invitation que firent à la Fontaine les amis qu'il avait en Angleterre, et il avait si bien en vue les derniers temps de la vie du poète que^ sur les mots « résolurent de l'attirer à Londres, » il renvoie, dans une note au bas de la page, à un billet de Ninon de Lenclos. Dans ce billet, adressé à Saint-Evremond, et que nous aurons à citer plus loin, Ninon disait : « J'ai su que vous souhaitiez la Fontaine en Angleterre. » Comme, en même temps, elle y prétendait que sa tète était alors entièrement affaiblie par l'âge, on a été fondé à penser que de telles paroles n'ont pu être écrites, au plus tôt, que Tavant-demière année de la vie de la Fontaine'. En outre, les lettres du poète à la duchesse de Bouillon et à Saint-Évremond, écrites à la fin de 1687, et la réponse de celuitd prouvent elles-mêmes que le voyage d'Angleterre n'avait pas encore été proposé, qu'aucune résistance à des sollicitations n'avait été jusque-là nécessaire. Ces charmantes lettres méritent bien de nous arrêter un moment.
Mme deMazarin était depuis longtemps déjà en Angleterre, lorsque la duchesse de Bouillon, sa sœur, vint l'y rejoindre en 1687. La seconde des lettres écrites, cette même année, par la Fontaine à M. de Bonrepauz, et qui est du 3 1 août, a quelques lignes sur ce voyage que les équipées de Mme de Bouillon l'avaient obligée de faire. Il promet qu'à elle aussi il écrira bientôt. 11 tint parole. Rien de plus galaut, de plus agréable que la lettre qu elle reçut de lui. 11 y murmure contre les Anglais qui la retiennent si longtemps : « Je sui^ d'avis qu'ils vous rendent à la France avant la fin de l'automne (1687), et