I. Gî-deMiis, p. Gxcn
OG NOTICE BIOGRAPHIQUE
de leur sympathie, ils ëUieot resl& les mêmes 1 Les attendrissants témoignages de leur ykàl attadiement nous rendent comme présents les derniers jours de la Fontaine. Nous le Toyons livré aux alarmes y non d'un faiUe cœur qui tient encore à la vie, mais d'une âme timorée^ et soutenu par l'a<mitié qui l'encourage et le rassure. Si nous ne rencontrons alors MauGToix près de lui que par ses lettres, sans nul doute c'est qu'il était alors retenu par qudque devw indispensable . On aime à se représenter du moins qu'il y avait là Raone, plein de persuasive éloquence dans ses consolantes exhortations, d'autres amis encore, les d'Hervart avant tous. Où était, demandera-4-on peut-être, Bille de la Fontaine, dont nous ne parlons plus depuis longtemps ? Noos ne l'avons pas ouMiée , mais nous ne la retrouvons pas : elle a si bien disparu I II était naturel de ne pas évoquer son souvenir, quand il fallai t suivre la Fontaine au Temple. Au lit de mort du poète, <m la cherche. Si elle y avait été, il est probaUe que nous le saurions. Nous ne croyons apercevoir là d'autre épouse en pleurs que la Muse : compagne idéale de sa vie, dont, à cette heure des adieux, la figure semble un peu froide. La Fontaine mourant se répéta-t-il tout bas ce touchant « Ah! si....» dePA/lémon et Baucis ? Quand nous faisons remarquer que parmi les amis de la dernière heure et les témoignages, qui sont restés, de leurs regrets, on ne trouve aucune trace de U femme du poète, ce n'est point pour nous en étonner, ni pour accuser celle-ci : le lien de ces deux existences avait été si relâché que, le jour où il se rompit, l'événement ne put être grand pour r^ouse sans foyer domestique. Le mercredi i3 avril 1695, la Fontaine mourait à l'hôtel d'Hervart « avec une constance admirable et toute chrétienne, s» dit Charles Perrault^. Il était âgé de soixante-treize ans et neuf mois. Maucroix, dans ses Mémoires^^ a laissé cette note : « Le i3..., mourut à Paris
I. Les Hommeê Ultisires^ p. 84* — - On trouvera aux Pièces jut~ tifieatîpesj n" th, l'acte d*inhumation de la Fontaine. — D*Oiîret (p. 33 1) parie d'une tisane rafraichittante qui hâta ta fin. Ce détail, plus ou moins certain, a peu d'intérêt, lorsque depuis longtemps ses jours étaient comptés.
a. ÛEhctm i£f««rMf, tome II, p. 353 efei3S4.
SUR LÀ FONTAINE. cci
moo très-cher et très-fidèle andy M. de U Fontaine; nous avons ëtë amis plus de anquante ans, et je remercie Dieu d'avoir conduit l'amitië eztrèïne que je lui portoîs jusques à une ai grande vieillesse, sans aucune interruption ni aucun refroidissement, pouvant dire que je l'ai toujours tendrement aimé, et autant le dernier jour que le premier. Dieu, par sa miséricorde, le veuille mettre dans son saint repos! Cëtoit Time la 1^ sincère et la plus candide que j'aie jamais connue : jamais de déguisement, je ne sais s'il a menti en sa vie ; c'étoit au reste un très-bel esprit, capable de tout ce qu'il vouloit entreprendre. Ses fables, au sentiment des plus habiles, ne mourront jamais, et lui feront honneur dans toute la postérité. 9 Sur la sincérité ingénue de la Fontaine, Maucroix a toujours parlé de même. Dans une lettre adressée en 170a à un Père de la compagnie de Jésus *, que Ton crcât être d'Olivet, il répétait textuellement, à ce sujet, les paroles qu'au moment même de la douloureuse perte il avait écrites dans ses Mé' moires f ajoutant : a M. de la Fontaine ne ment point en prose, disoit Mme de la Sablière. » D'Olivet rend un semblable hommage an bon la Fontaine, dont l'âme avait toujours été transparente : a Vrai dans sa pénitence, comme dans tout le reste de sa conduite, et n'ayant jamais songé à tromper en rien ni Dieu, ni les honmies*. » D'Olivet pouvait attester la vérité de son austère pénitence; car il avait vu, entre les mains de Maucroix, le dlioe qu'on trouva sur la Fontaine, lorsqu'on le déshabUla pour l'ensevelir '. Maucroix possédait peut-être déjà cette précieuse relique, lorsque Boileau lui écrivait seize jours après la mort de leur ami : « Les choses hors de créance qu'on m'a dites de M. de la Fontaine sont à peu près celles que vous avec devinées ; je veux dire que ce sont ces haires, ces dlices et ces disciplines dont on m'a assuré qu'il usoit fort fréquemment, et qui m'ont paru d'autant plus incroyables de notre défunt ami, que jamais rien, à mon avis, ne fîit plus éloigné de son caractère que ces mortifications. Mais quoi? la grâce de Dieu ne se borne pas aux