‹ Œuvres de P.L. TchebychefChapitre 147 sur 374 · NOTICE · texte numérisé non relu

NOTICE

On le Toit donc, ao dix-ieptièiiie ûède, PUmnde régnait en véritable toaTcnin sor l'opinion , et ion roman s'était impoté à Tadmi- «ation nniTenelle. Il y avait en sans doute qiiel({oet proteftationi eontre oe qui ponrait paaier poor une usurpation. Les savants n'acceptaient pas Tanlorité du moine» et qualifiaient son œuvre comme elle le mériuit ; mais oenx-là même qui la jugeaient le plus sévèrement la publiaient, et contribuaient ainsi à la populariser. Seul, Mésiriacy le docte traducteur et commentateur des Épttrti d*Ovide, celui qui prétendait avoir relevé plus de deux mille foutes dans le FUitarque d'Amyot, essaya de redresser l'opinion en composant luimême une F'U ^ Ésope plus conforme à la raison et à la vérité. Son ouvrage parut en iGSa, et fut plusieurs fois réimprimé, soit seul, aoit avec les fables d'Ésope, notamment en 1646, dans la traduction que donna de ces fables PUrre MiUot^ LangroiSf à Bourg en Bresse, etc. (voyez ci-dessus y p. 8, note 3). Mais quelque estimable et jndioîeuse que fût cette nouvelle F^ie ^Ésope^ il ne parait pas qu'elle ait détrôné celle de Planude; car à peine la connut-on. Lorsque Bayle publia la première édition de son Dictionnaire^ en 1697, il ne put se la procurer; dans la seconde édition, qui parut en 170a, il en parle, parce que M. Simon de Valhebert , bibliothécaire de l'abbé Bignon, lui avait envoyé son exemplaire, c La rareté et la bonté de ce petit ouTrage, dit Sallengre en le reproduisant dans ses Mémoires de Hué^ rature (la Haye, Henri du Sauzet, 171$, in-ia, tome I, p. 87-103), me font espérer que l'on ne me saura pas mauvais gré de l'avoir vendu plus commun en le faisant parottre ici. »

Entre la Kte sP Ésope par Planude, si répandue, si populaire, et ajoutons si amusante malgré ses niaiseries, on peut-être à cause de ses niaiseries, et l'œuvre de Méziriac, fort judicieuse et pleine de sens critique, mais peu connue, la Fontaine ne pouvait hésiter, à supposer même qu'il ait jamais lu le travail de son docte contemporaîn. Ce n'est pas qu'il ignorât Popinion des savants sur les inven-

comm également ; il parut sons le nom de Jean Baudoin, parce que I'ante«ir c ne le tronrant pat ataei grare pour loi, ooncentit qne ion ami l'adoptât. » {Histoire de V Académie /renfoise^ tome II, p. 96). Gborier, biographe de 11. de Boissat, cité par M. LÏTet dans sa nouvelle édition de VBistoire de ^Aeadimie (tome II, p. 85), prétend qne Baudoin supprima le nom de l'auteur, et t'attribua l'ouvrage tant la permtition de Boiiaat, qui néanmoins ne lui en voulut pas. iMcri ilU ingentis instar état, quod inea re Batdmnus fasÊStae faeiebai, Commoda amieerum suis ultro ratiomihus antefoneiat.

tioni de Plannde. Mtii c je n'ai pei tooIq , dit-il , m'engager dane cette eritiqoe. i Et il ajoute a^ec ta naÎTe ignoranoe : « Gonmie Planade TiToit dans on liède oà la méoioire des chotes-anitto è Ésope ne dermt pas être encore éteinte» j*ai em qn*il saToit par tra-* ditiou ce qa*il a laissé, i A la bonne faenre, Toilà son dessein justifié, et nul, ^rès cette profession de foi historique, ne lui contestera le droit de reproduire ia VU d'Èêopê par Planude. S*il supprime quelque chose, ce n'est pas qull le révoque en doute ; il ne retrandie « que ce qui lui semble trop puérile, ou ce qui s'écarte en quelque façon de la bienséance, a Et aTcc cette bonhomie que nous lui cou* naissons, s*emparant des contes de Plannde, qui deTaient être pour lui aussi amusants que les apologues mêmes du Phiygien, sans s'as* treindre à les traduire littéralement, il en a fait cette œuTre diar* mante de grâce, de naïveté, de malice aimable et douce, qui res* semblerait aux contes des nourrices, si les nourrices avaient tant d'esprit et savaient si bien dire, et que personne jamais ne songem à détacher de ses fables.

Nous n'avons rien d'assuré touchant la naissance d'Homère et d'Ésope : à peine même sait-on ce qui leur est arrivé de plus remarquable. C'est de quoi il y a lieu ^ de s*étonner, vu que Thistoire ne rejette pas des choses moins agréables et moins nécessaires que celle-là*. Tant de destructeurs de nations, tant de princes sans mérite, ont trouvé des gens qui nous ont appris jusqu'aux moindres particularités de leur vie; et nous ignorons les plus importantes de celles' d'Ésope et d'Homère, c'est-à-dire des deux personnages qui ont le mieux mérité des siècles suivants. Car Homère n'est pas seulement le père des Dieux, c'est aussi celui des bons poètes. Quant à Ésope, il me semble qu'on le devoit mettre au nombre des sages

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