X. Dam réditioD de 1739 : c il aaroit de la peine, t
relies. Que vous ai-je fait? dit-elle à cet homme : je ne ronge point vos blés, je ne vous procure aucun dommage; vous ne trouverez en moi que la voix, dont je me sers fort innocemment. Grand Roi, je ressemble à cette cigale : je n'ai que la voix, et ne m'en suis point servi pour vous offenser. » Grésus, touché d'admiration et de pitié, non-seulement lui pardonna, mais il laissa en repos les Samiens à sa considération. .
En ce temps-là, le Phrygien composa ses fables, lesquelles il laissa au roi de Lydie, et fut envoyé par lui vers les Samiens, qui décernèrent à Ésope de grands honneurs. D lui prit aussi envie de voyager et d'aller par le monde , s'entretenant de diverses choses avec ceux que Ton appeloit philosophes. Enfin il se mit en grand crédit près de Lycérus^, roi de Babylone. Les rois d'alors s*en-
I. c Certes je rejette comme faux et oontroavé à plaifûr tout oe qae Planudes rapporte des Toyages qa'^Esope fit en Babjlone et en ^Egypte, parce qu'il y entremêle des contes topt à fait incroyables, et y ajoute des circonstances qui répugnent à la mérité de l'bistoire, ou renversent entièrement Tordre des temps. Je me contenterai de remarquer deux faussetés signalées, sur lesquelles il bâtit toot le reste de sa narration. Il dit que le roi qui Tégnoit en Babylone lorsqu*i£sope y alla s'appeloit Lycérus. Mais qui ouït jamais parler de ce roi? Qu'on Toie le catalogue de tous les rois de Babylone depuii Nabonassar jusques à Alexandre le Grand , on n*en trouTera pas un qui porte un nom approchant de Lycérus* Mais si l'on s'arrête à la plus exacte cbronologie, on rerra que du temps d*i£sope il n'y put aToir point d'autres rois en Babylone que Nabuchodonosor et son père Nabopolassar, attendu que Nabopolassar régna vingt-et-nn anSy et Nabuchodonosor quarante-trois, qui mourut la même année qn'.£sope, à savoir la première de l'Olympiade cinquante-quatrième. Il n'y a non pins d'apparence qu'iGsope ^it allé eniEgypte du temps du roi Nectàiabo, comme dit Planudes, attendu que oe roi ne commença point à régner que deux cents ans après la mort d'iEsope, à savoir en l'Olympiade cent et quatrième ; et il ne faut pas être guère savant en la chronologie pour assurer qu'iEsope vécut partie scms le roi Apriès, partie sous son sacoesseor Amasis. a (MixiBiAc, yU étJEiope déjà citée, p. 998-300.)
VIE D'ÉSOPB. 47
voyoient les uns aux autres des problèmes à soadre ^ sur toutes sortes de matières, à condition de se payer une espèce de tribut ou d'amende, selon qu'ils rèpondroient bien ou mal aux questions proposées : en quoi Lycéros, assisté d'Esope, avoit toujours Favantage, et se rendoit illustre parmi les autres, soit à résoudre, soit à proposer. Cependant notre Phrygien se maria; et ne pouvant avoir d'enfants, il adopta un jeune homme d'extraction noble, appelé Ennus. Celui-ci le paya d'ingratitude, et fut si méchant que d'oser souiller le lit de son bien&iteur*. Cela étant venu à la connoissance d'Esope, il le chassa. L'autre, afin de s'en venger, contrefit des lettres par lesquelles il sembloit qu'Ésope eût inteUigence avec les rois qui étoient émules de Lycérus. Lycérus, persuadé par le cachet et par la signature de ces lettres, commanda à un de ses officiers, nommé Hermippus, que sans chercher de plus grandes preuves*, il fît mourir promptement le traître Ésope. Cet Hermippus, étant ami du Phrygien, lui sauva la vie ; et à l'insu de tout le monde, le nourrit longtemps dans un sépulcre, jusqu'à ce que Necténabo, roi d'Egypte, sur le bruit de la mort d'Ésope, crut à Ta venir rendre Lycérus son tributaire. Il osa le provoquer, et le défia de lui envoyer des architectes qui sussent bâtir une tour en l'air, et par même moyen, un homme prêt à répondre à toutes sortes de questions. Lycérus ayant lu les lettres et les ayant communiquées aux plus habiles de son État, chacun d'eux demeura court, ce qui fit que le Roi regretta Ésope, quand Hermippus lui dit qu'il n'étoit pas mort, et le fit venir. Le Phrygien fut très-bien reçu, se justifia, et pardonna à Ennus.
I. Cett-à-dîre, à résoudre; c'est le sohere des Latins. Œnq lignes pins bas il y a résoudre,
s. Ce mot est écrit bien^ facteur dans les deux éditions de 1678. Celles de 1668 ont bienfaiteur,