Restes d*un repas : voyez plus loin, fable ix, Ters
7. Il y a un trait semblable dans Marie de France (vers 1 1 et i a) :
Puis cfaascun iur runger les os, Dunt ie me fas et cras et gros.
— Geruaex rapproche de ces yers, fort k propos, le passage suivant de Bonarenture des Periers {Cjmhalum mam/ij dialogue rr, Amsterdam, 173a, in-ia, p. 161) : • Vng chien ne doibt aultre chose s^uoir sinon abayer aux eitrangers, seruir de garde à la maison, flatter les domestiques, aller A la chasse, courir le Heure et le prendre, ronger les os, lescher la Taisselle et sniure son maîstre. a
8. Dans une des Tieilles fables citées par Robert (tome I, p. a6, rsopeiiyf> eS) :
Le Loup regarde le Gaignon (le CkUn^ te Dogue),
r. v] LIVRE 1. 73
— Mais encor? — Le collier dont je suis attaché
De ce que vous voyez est peut-être la cause. 3 5
— Attaché ? dit le Loup : vous ne courez donc pas
Où vous voulez? — Pas toujours ; mais qu'importe ?
— n importe si bien, que de tous vos repas
Je ne veux en aucune sorte*, Et ne voudrois pas même à ce prix un trésor**. » 40 Cela dit, maître Loup s'enfuit, et court encor.
Vit que le col pelé anoh :
Demanda li d*oa oe Tenoit.
Dans Marie de France (Yen 93 et 94) '
Frère, fet-il, memeille noi* Entur ton col a ne sai coi ;
et nn peu pins bas :
Coi? fiiit li Leos, eit-il einii Qiialer ne pues fors (Jehors)?,,
9« Hélas! que sert la bonne cbère
Quand on n*a pas la liberté? ÇLAirt IV, fable xiii.)
10. A oe rers encoi«. Voltaire s'éorie (tome XXIX, p. 3oOy DiVtUnrnaite philosophique) : « Comme si les trésors étaient à Fuiage des loups ! s — Le Loup de le Noble dit tout crûment :
Et j*aime mieux, au fond du bob.
En gueuse liberté me promener et Tirre, Que, etc.
Celui de Neckam est énergique aussi :
Sis êûtur etpimguiSf sema pimettaquê eaiemi ; SÎM maeer et vaeuuSy dummodo liber eami
Voyez les Poésies inédites du moyen àge^ publiées par M. Édéicstand du Méril, Paris, i854, p. 909.
74 FABLES. {r. n
FABLE VI
LA G^NISSB, LA CHBYRB, BT LA BRBBI9, BN SOCIÉTÉ AVBC LB LIOIT.
Ésope, fab. 38, Aluiv xal "Ovoc xa\ 'AXc&ici)Ç; fiJi. saS, Àltov w\ I0v«f poç(Goniy, p. 94 et aS, p. 147 et 148, p. 998). — Babrins, fab. 67, 'Ovorfpoc xa\ kUoi. — Phèdre, IWre I, fiib. 5, Faecaei CtfeUa^Opu et Zeo.— Abstemiuf , fab. 187, lie Leone partem prmdm a Lupo peîemte,^^ Romului, liTre I, fab. 6, Facea ei Capelia^ Ovis et Léo. — Roman du Renart (édition Méon, tome I, p. 107 et sniTantes, ren 5584-6i68). — Marie de France, lab. xi, Jou lÀon^ dou Bugle et de un Leu; et fab. 19, 1^11 lion qid ala chaeier od la Chiettre et la Brebis, — Bandent, I"* partie, ùh, 116, ^un Lyon et qaelques aidtres Bestet; fab. 173, d'un Lfon^ d^un Jtne et d'un Begnard, — Gorrozet^ fab. 5, du LfoUf de la Brebis^ et autres Bestes\ fab. 64, du Lyon^ de VAsne et du Renard, — Le Noble, fob. la, i/n lÀon et des autres Animaux, La puissance tyrannique,
Mfthoiogia msopica Nepeleti^ p. 130, p. 971, p. 356, p. 386, p. 399, p. 490, p. 61 9.
Manuscrits de Conrart (tome XI, p. 536), et Manuscrit de Sainte» Geneviève.
c Voilà certainement, dit Chamfort, nne mavraise fidileqnela Fontaine a mise en rers d'après Phèdre (et tt après la fable 995 d'Ésope), L'association de ces quatre personnages est absurde et contre nature. Quel besoin le Lion a-t-il dVux pour chasser? Ils sont eux-mêmes le gibier qu'il cherche. Si Phèdre a touIu faire Toir qu'une association arec plus fort que soi est sourent dangereuse, il j aTait une grande quantité d'images ou d'allégories qui auraient rendu cette vérité sensible. Voyez la fable du Pot de terre et du Pot de fer, » Le critique a raison ; mais, malgré tout, qui Tondrait perdre le discours du Lion? Et ne faut-îl pas, dans l'apologue, admettre quelques inTraisemblanoes de ce genre? Arouons toutefois que le sujet et tout le déTcloppemcnt de la fable sont heureusement nodi-
w. Ti] LIVRE I. 7&
Bé»^ eomme le fiiit remarquer Germez, dans un long récit du Moman dm Menard^ qui, par le cadre, se rapproche du numéro 38 d*Ésope. Robert (tome I, p^ 39-34) cite un ancien fabliau qui a pour titre la Comptùgmiê Renart*^ et qui résume élégamment le récit du iloMHui. « Les associés du Lion sont le Loup et le Renard ; ils s*emparent en commun d'un taureau, d*une racbe et d*un Tcau. Le Loup propose de donner le taureau au Lion ; il prendra pour lui la génisse, et le reau sera la part du Renard. A cette proposition, le Lion étend sa gnfre,et déchire au Loup la peau du front^qu'il luirabatsur le museau:
..•• Le cuir de la grise pel Li abat desus le musel ;
puis il dit au Renard de proposer un autre partage. Maître Renard adjuge le taureau au Lion, la Tache a c Madame laLionesse, » qui la
.... mengera souz sa cortine, Ou ele gist en sa gesine.
Puis il ajoute :
Et Tostre fils, mi Damoisel, Si aura le petit réel.
Le Lion émerreillé demande au Renard qui Ta rendu si habile à faire les partages. Cest, répond-il.
Cil bachelers que ie toi là Qui si se fet fier et harouge, Porce qu*il a aumuce rouge, n
— On peut Toir dans le lin-e de M. Soullié, p. 194, la fable latine tirée probablement, soit du fabliau, soit du Roman, par Robert Mes* sier (Sermonet^ Paris, i594, in-8*, P i54, col. i). — M. Renfey (PanUehatantra^ tome I, p. 354) nous apprend que les Tuaregs d* Afrique connaissent Fapologue de la part du Lion, ainsi que plusieurs autres de ceux que contient le IIttc de Cailla et Dimna. -*
— Rousseau (toujours au lÎTre II d^Émile) Toit dans cette fable une leçon d'inftutiee. t Dans toutes les fables, dit-il, où le Lion est un des personnages, comme c*est d'ordinaire le plus brillant, l'enfant ne manque pas de se faire Lion ; et quand il préside à quelque partage, bien instruit par son modèle, il a grand soin de s'emparer de tout. » Pour cette cri».ique, nous ne pouvons, comme pour toutes
I. Ce fabliau selitauf^aSSv* d'un recueil de poésies qui est aux manuscrits de la Bibliothèque nationale, fonds français, n* 837.
76 FABLES. [r. n
celles du même genre, qae renrojer encore à la fin de la xm* leçon de M. Saint-Marc Girardin, qni distingue arec on rare bon sens ce qu'il en faut prendre et laisser.
La Génisse, la Qièvre^ et leur sœur la Brebis,
Avec un fier Lion, seigneur du voisinage,
Firent société, dit-on, au temps jadis,
Et mirent en commun le gain et le dommage.
Dans les lacs de la Chèvre un cerf se trouva pris. S
Vers ses associés aussitôt elle envoie.
Eux venus, le Lion par ses ongles compta,
Et dit : « Nous sommes quatre à partager la proie. »
Puis en autant de parts le cerf il dépeça;
Prit pour lui la première en qualité de Sire : i o
« Elle doit être à moi, dit-il ; et la raison,
C'est que je m'appelle Lion :
A cela Ton n'a rien à dire.
La seconde, par droit, me doit échoir encor : Ce droit, vous le savez, c'est le droit du plus fort, i s Comme le plus vaillant, je prétends la troisième. Si quelqu'une de vous touche à la quatrième,
Je l'étranglerai tout d'abord '. »
a. Phèdre met dans la bouche du Lion ces quatr rer» énei^ giques et précis :
Ego primam ioUo^ nominor quia Léo s Seetmdam^ quia sum fortU^ trîbuetU rnihi; Tltfn», quia plus vaUo^ me sequetur teriia; Malo affietetur^ si quit quartam têiigerU.
La première raison est dans Esope (fab. %iS) : paaiXsuç T^P *^P et dans Marie de France (fab. is) :
La Car
greîgnur {pbts grande) part deît estre meie, ieo sui rois, la cort l*otreie {ia cour P octroie)»