Cest presque le mot même de Phèdre (Ters
jiUi êimui delinquunt^ eensores tumiu,
4. Vam. La première édition, 1668, in-4*, et, d'après elle, les éditions de x68a (Paris, Barbin), et de 1708 (Londres), portent coM/mf, au singulier. Cependant, dès 1668 même, l'édition in-ia donne eonUns^ qui forme un sens très-différent, et qui est reproduit par l'édition de 1669. Dans l'édition de 16789 on lit eomtemi^ comme dans rin-4* de 1668; mais cette leçon est corrigée dans VErrmtm^ qui rétablit eomtetu. Il y a également eomietu dans l'édition de 1688 (la Haye, Tan Bnideren).
5. La donnée contndre, leChcfal te plaignant de toutes tes in-
F. vu] LIVRE I. 79
Notre espèce excella ; car toat ce que nous sommes, Lynx envers nos pareils, et taupes envers nous *, Nous nous pardonnons tout, et rien aux autres hommes : On se voit d'un autre œilquW ne voit son prochain''. 3o
Le fabricateur souverain Nous créa besaciers' tous de même manière*, Tant ceux du temps passé que du temps d'aujourd'hui : n fit pour nos défauts la poche de derrière,
perfecdons à Jupiter, a fourni à Leiêing une de aet pins belles fables, la T« du lÎTre I : Jupiter et le Cheval.
6. Ce Ters est cité dans les Mélanges de Voltaire (tome XXXIX des OMwresy p. ai 8) parmi les c maximes d'un seos profond qu'on trouve en foule s dans notre auteur. — Rcibert (tome I, p. 89) cite une phrase latine qu'on croirait traduite par la Fontaine ; elle est tirée d*un apologue de Gratianus a Sancto Elis, intitulé ConspieiUa^ c les Lunettes s : Docere voluit (pbilosophus) hommes ^ in observandis aelibus proximi^ oeulos habere IjmcmoSf esse aquilas et argos; ad suas pero actiones esse talpas, — Rabelais a dit aussi : c II ne sçait le premier traict de philosophie, qui est : Congnoy^toy. Et se glorifiant Teoir nng festu en l'oeil d'aultruy, ne Teoit une grosse souche laquelle Iny poche les deux yeulx.... Cest une aultre lamie, laquelle en maisons estranges, en publicq, entre le commun peuple, voyant plus penetramment que ung Lynce, en sa maison propre estoit plus aneugle que une Taulpe : chez soy rien ne Toyoit. » (Lrrre Ht, chapitre xxT, tomel, p. 448*)
7. Plntarque, daîns le traité de la Curiosité (chapitre i], cite ces deux vers :
T( TdUXdrpiov....
« Pourquoi ta vue est-eUe perçante pour voir le mal d'antmi, et passent- elle à côté du tien? s
8. Besacier, porteur de besace. Ce mot parait être de l'invention de la Fontaine. Au moins n'est-il pas dans les lexiques du dixseptième siècle. L'Académie, qui ne lui a donné place dans son Dietionnaire qu'en 176a, fait remarquer qu'il ne s'emploie guère que par dénigrement, par exemple en parlant des moines mendiants.
9. Feras imposait limiter nobis duos .* Propriis repletam vitiispost tergum dédit ^
Aheniê ante peetus suspendit gravem. (PiiiDBB, vers i-3.)
8o FABLES. [r. vu
Et celle de devant pour les défauts d'autrui ^*. 35
lo. Les allofliont à ce proTerbe allégorique abondent chei les an* ciena et chei les moderaes. Catulle (xxu» yen lo et ii) :
.... Suuê auoiquê attrihuttu est error^ Sed nom ndenuu mtmtkm quod m Urgo «ri.
— Horace (lifre II, satire ni, vers 298 et 399) :
Disent insanum qui me^ totUiem atuRet, atque Respieere ignoto diseet penJentia ter go,
— Perte {satire it, Ters i3 et 14) :
Ut mémo in sese tentât descenJere, mémo; Sed prmeedenti spectatur mantica tergo I
— Sénèque [lU la Colèrep Hyre II, chapitre xxvni) : AUena vitia in oetdis kahemas^ a tergo nostra sunt, — Plutarque, dans ]a f'^ie de Crassus (chapitre xxxii), dit de Suréna, qui décriait les moeurs des Romains de- Tant le sénat de Séleucie, qu*il portait attachée par devant la poche oà étaient les excès de ceux-ci (ttjv.... TO^pocv 2^pTi){Aivov xpéotuOev), et par derrière (SicioOcv) celle où étaient ceux des Parthes. — Dans Stobiée, au oommenoement du titre xxiii, est citée la fable d'Ésope avec plusieurs fragments grecs de pensée analogue. ^ Voyez ci-après» i V Appendice du présent yolume, la très-fine et très-juste application que M. Saint-Marc Girardin , dans une autre de ses leçons, la !▼«, fait à la fable, en général, de la morale des deux poches. A la suite, nous donnons, d'après lui et d'après Robert , une mise en action, naÏTe et frappante, extraite des Vies des Pères du désert d'Amauld d'Andillj; puis le passage de Pantagruel oili Rabelais applique l'allégorie de la besace à la fois aux fautes et aux malheurs. — > t La moralité s'élève, nous dit encore, dans la xii« leçon déjà citée, M. Saint-Marc Girardin (tome I, p. 4x5), et aboutit i FÉvangile. a Elle exprime en effet la même pensée que le mot si connu de la poutre et du fétu, reproduit ci-dessus (note 6) dans la citation de Rabelais : Toyez saint Matthieu ^ chapitre tii, Tersets 3-5, et saint Zirc, chapitre vi, Tersets 41 et 4a*
>. vin] LIVRE I. 8f
FABLE VIII
L*HIRONDELLB ET LBS PETITS OISBÂUX.
Ésope, fob. s85,XtXt^ xa) lOfmSsc; fiib. 33o et 33i, TXa^ xa ^Dpvia (Coray, p. i86, p. S17 et si 8). — Appendix falmUinim «so* pianim, fab. ii, Jpts et MirunJo, •— Romolui, livre I, fab. 19, Aves et Hirwtdo, — > Blarie de France, fab. 18, tle tArmtdêUe et des Ouea*. — Haudent, x** partie, fab. 117, de tUeronâe et ée$ atdtres Oueaulx, — Corrozet, fab. 16^ de FArondelie et autres Oiseaus» — Le Noble, fab. Sg, du Lin^ des Oiseaux^ et de la Pie. La prévojranee,
Mythologim tssopiea Nepeleti^p. 3i5, p. 5oo.
Une note inédite, de la main de Walckenaer, parle d*an manuscrit autographe de cette fable. Voyez ci*après, la note 6.
M. Benfej (tome II, p. 139 et 140} traduit une fable indienne où se trouTe le même conseil donné aux oiseaux d*arracher « Therbe aux filets. » Il n'ose décider (tome I, p. a48 et a49] cpielle est, de la foble indienne et de la fable ésopique, la plus ancienne.
Une Hirondelle en ses voyages Avoit beaucoup appris. Quiconque a beaucoup vu
Peut avoir beaucoup retenu.
Celle-ci prévoyoit jusqu*aux moindres orages^,
Et devant qu^ils fussent éclos, i
Les annonçoit aux matelots.
Il arriva qu^au temps que la chanvre' se sème *,
I. Voyez les Géorgiques de Virgile, livre I, vers 373-377, txV Histoire naturelle de Pline, livre XVIII, chapitre Lxxxm.
a. Ce mot ne s^emploie plus qu'au masculin, genre que lui donnent déjà, an dix-septième siècle, Nicot, Richelet, Furctière, r Académie. Il a, si nous en croyons M. horia^F^oeahulaire pour les Œuvres de la Fontaine^ p. 4*)* conservé le genre féminin « dans quelques provinces, notamment dans les villages du Soissonnais et aux environs de Château-Thierry,* patrie de la Fontaine. »
3. Le chanvre se sème habituellement dès que les froids ne sont
J. DB LA FOHTAIKK. 1 6*
1 8a FABLES. [f. vni
Elle vit un manant * en couvrir maints sillons*
« Ceci ne me plaît pas, dit-elle aux Oisillons :
Je vous plains ; car pour moi, dans ce péril extrême, i o
Je saurai m^éloigner, ou vivre en quelque coin*.
Voyez-vous cette main qui par* les airs chemine ?
Un jour viendra, qui n'est pas loin.
Que ce qu'elle répand sera votre ruine. De là naîtront engins ^ à vous envelopper, 1 5
Et lacets pour vous attraper,
Enfin mainte et mainte machine
Qui causera dans la saison
Votre mort ou votre prison :
Gare la cage ou le chaudron ! a o
C'est pourquoi, leur dit THirondelle,
Mangez ce grain; et croyez-moi. »
plus à craindre. En France, au nord et à Test, on attend jaaqa*à la dernière quinzaine de mai ; dans les contrées plus froides, jusqu'en juin. Voyez le Dictionnaire de P Agricidtute de MM. Joigneaux et Moreau, tome I, p. 294.
4. Un paysan, un rustre. Cest ainsi qae i* Académie (1694) dé- Gnit le mot. Son sens propre, et a en ce sens, dit-elle, on ne le met guère qu'au pluriel, » est a habitant qui demeure et est habitué en un bourg ou village. »
5. Ce n'est pas chose inouïe, à ce qu'il paraît, que des hirondelles, au lieu d'émigrer, vivent engourdies «n quelque coin durant ThiTer, comme le disait déjà Aristote [Histoire des animaux^ lirre VIU, chapitre xvni). Voyez, dans le Dictionnaire universel dThistoire naturelle de d'Orbigny (Paris, i845, tome VI, p. 645 et suivantes), l'intéressant article de M. Z. Gerbe.
6. a Le manuscrit autographe portait dans; la Fontaine l'a effacé pour y substituer par^ qui est écrit au-dessus. 9 [^Note manuscrite de Walekenaer,)
7. Machines, instruments de toutes sortes; du latin ingmium. a Ce mot à^engin^ d'après Furetière(i69o), s'est dit particulièrement des filets à prendre du poisson. » — Marie de France s'est servie du même mot :
Cil (le vilain) fist dou lin engins plnsurs, Dont prist oissîax grans et menurs.