À PLUSIEURS QUEUES
L'historien penan Mirkhond, dans sa Fie ée Djenghix^Khan [BUtoirt uHi9ertêlU^ y* partie), met cette allégorie dans la bouche du conquérant mogol, qui s'en sert pour exhorter ses fils i l'union : « Pour leur persuader davantage qu'ils deroient vivre dans cette union, il leur disoit encore ; a Un jour qu*il laisoit grand froid, un « serpent A plusieurs têtes voulut entrer dans un trou, pour se « mettre à couvert et s'empêcher d'être gelé. Mais, à chaque trou « qu*il reneontroit, les têtes s'embarrassoient tellement l'une avec t l'autre, qu'il lui fut impossible d*entrer dans aucun, et qu'à la « fin, ayant été contraint de demeurer à lair, le froid le saisit et « le fit mourir. Dans le même temps, un autre, qui n'avoit qu^une c tête et plusieurs queues, se fourra d'abord, avec toutes ses queues, « dans le premier trou qu'il rencontra, et sauva sa vie. » Nous empruntons cette traduction, et nous n'en connaissons pas d'antérieure, au livre de Galland intitulé : Les Paroles remm^timèiês,.,, des Orientaux (p. 176). Cet ouvrage n'a/ant paru qu'en 1694, ce n'est pas là que le fabuliste a pu prendre son sujet. Lui avait-il été conté par quelqu'un de ses doctes amis? — Les Jeux Dragons^ bien qu'ils ne soient pas d'Ésope, étaient représentés dans le Labyrinthe de Versailles (voyez ci-dessus, p. 6a); ils sont le sujet du xxxi« quatrain de Benserade, dans Tédition de 1677 ; du lxiv* dans celle de 1 678. « Ce récit, dit Chamfort, ne peut pas s'appeler une fable; c'est une petite histoire allégorique qui conduit à une vérité morale. Toute fable suppose une action. »
Un envoyé du Grand Seigneur Préféroit, dît Thistoire, un jour chez TEmpereur, Les forces de son maître à celles de l'Empire.
Un Allemand se mit à dire :
« Notre prince a des dépendants 5
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Qui, de leur chef, sont si paissants Que chacun d'eux pouiroit soudoyer une armée. i>
Le chiaoux^ homme de sens,
Lui dit : « Je sais par renommée Ce que chaque Électeur peut de monde fournir; 10
Et cela me fait souvenir D'une aventure étrange, et qui pourtant est vraie. J'étois en un lieu sûr, lorsque je vis passer Les cent têtes d'une Hydre * au travers d'une haie.
Mon sang commence à se glacer; 1 5
Et je crois qu'à moins on s'efiraie.
Je n'en eus toutefois que la peur sans le mal :
Jamais le corps de l'animal Ne put venir vers moi, ni trouver d'ouverture.
Je revois à cette aventure, ao
Quand un autre Dragon, qui n'avoit qu'un seul chef. Et bien plus d'une queue *, à passer se présente.
Me voilà saisi derechef
D'étonnement et d'épouvante.
Ce chef passe, et le corps, et chaque queue aussi : 3 5 Rien ne les empêcha; l'un fit chemin à l'autre.
Je soutiens qu'il en est ainsi
De votre empereur et du nôtre. »
I. On appelait en tare tchaouch (en Algérie on prononce ehaoueh) dei serviteurs de la cour, des espèces d^huissiers ou d*appariteurs (il y en arait près de sept cents), que la Porte ottomane employait comme messagers, comme enroyés. Meninski, dans son Trésor des langues orientales^ arabe, persan et turc (la i'* édition est de 1680), définit ainsi ce terme : Famulus aidlcus^ pulgo Cintuius^ /. e. stator j quo Porta ottomanica ad mandata deferenda aut eàmmissiones alias peragend€uutitur^qualeseirciter6^3 numéro esse soient, — On lit dans les Mémoires de Saint-Simon (tome XIY, p. Sa) : c Un chiaous, dépéché par le Grand Seigneur, arriva en France. »