‹ Œuvres de P.L. TchebychefChapitre 170 sur 374 · d D*un Hydre, i» dans les éditions de 1688 et de · texte numérisé non relu

d D*un Hydre, i» dans les éditions de 1688 et de

3. Le second dragon de Versailles et de Benserade n*a qu'une tête et qu'une queue.

96 FABLES. [r. xin

FABLE XIII

LB8 VOLEURS BT L^ANB.

Ésope, hh. 39, kiwttaX'Kpxnç (Coraj, p. a5 et 36) ; Âiwv,''ApxTO< xa\ ^yj&To/^Cony^ p. S99). — Haudent» 2* partie, fiib. 5i, éTiM Mulet et de deux Fiateurs; i^ partie, fiib. 37, ^um Ours et tPmm Lyon et d'un Dain. — Corroiety fab. io3, de deux Compmguau* et d'un Asne. -— La fable ésopique, que nous avons sous deux formes,etlafiible37 de la !*• partie de Haudent ont au fond le même sujet, mais les personnages sont tout différenU : le Lion et TOurs se disputent une proie ; ils se battent, tombent épuisés ; le Renard survient et s'empare de Tobjet du combat.

Mytkohgia msopica Neveieti^ p« las.

Pour UQ Âne enlevé deux Voleurs se battoient : L'un vouloit le garder, Tautre le vouloit vendre.

Tandis que coups de poing trottoîent.

Et que nos champions songeoient à se défendre.

Arrive un troisième lanron $

Qui saisit maître Aliboron^

L'Ane, c'est quelquefois une pauvre province * : Les voleurs sont tel ou tel prince,

I. Surnom de TAne, fréquemment appliqué, dans nos vieux auteurs, aux hommes ignoranu et stupides. Dans un recueil de traiu plaisant», intitulé Democritus rideiu (Amsterdam, i655, p. 140), recueil que Robert a quelquefois rapproché de nos fables, la fin du récit a une variante, heureuse pour le Baudet : pendant qu'on se le dispute, il s*esquive. Le Mulet fait de même dans la première des deux fables de Haudent indiquées ci-dessus.

a. On connaît le vers d'Andrieux, dans le Meunier de Sans-Somei:

On respecte un moulin, on vole une province.

F. xm] LIVRE I. 97

Gomme le Transylvain ', le Turc, et le Hongrois.

An lieu de deux, j*en ai rencontré trois : i o

Il est assez de cette marchandise.

De nul d'eux n'est souvent la province conquise : Un quart ^ voleur survient, qui les accorde net En se saisissant du Baudet.

3. Da onzième aa seizième siècley la Transylvanie lAait suivi, presque sans interruption, le sort de la Hongrie, à laquelle hs Turcs la disputaient souvent. En i58a, Jtan Zapoly, ayant été frustré, par l'empereur Ferdinand I'^, de la couionne de Hongrie, se rendit udé-* pendant en Transylvanie, avec le sœonrs du Sultan. Ses successetr» régnèrent, sous la suzeraineté des Turcs , sur ce pays , et sur divers comîtats de la Hongrie orientale , jusqu^à ce qu'en 1699 l'empereur Léopold I*' rangea définitivement la Transylvanie sous la domina* tion autrichienne. Fréquentes étaient, on le conçoit, les contestations entre les trois voisins, Turcs, Hongrois, Transylvains; fréquentes aussi les occasions où l'Emperear, que le fabuliste passe finement sous silence, et qui était à la fou roi de Hongrie et souverain de rAntriche , pouvait parfois jouer le rôle de troisième on quatrième larron. — Le choix d'une telle afiabulation peut étonner d'abord , mais on se l'explique aisément en parcourant la Gazette dans les années qui précédèrent la publication des Fables, De 1660 à 1668, on voit se reproduire dans les articles datés de Raab, de Fresbourg, de Vienne , des faits qui peignent de la manière la plus saisissante l'état déplorable des provinces limitrophes de l'Empire et de la Turquie, et la lutte de ces deux puissances, qui se disputaient alors la Transylvanie. La part que six mille auxiliaires français avaient prise à la victoire de Saint-Gothard, remportée sur les Turcs par MontecueuU , le i*' août 1664, avait appelé tout particulièrement l'attention et l'intérêt de la France sur les événements dont ces contrées étaient le théâtre.

4« Un quatrième^ quartus.

J. DE lia Fomauim. i

qS fables. [r. xnr

FABLE XIV

amomiKB piubBHv^ par lbs dieux.

Phèdre, hfte IV, &b. i4> Simomiet a Dut servaiut. — Goéran, iê OratarSy lim n, chapitre lxzxti. — Quîntilien, de InstUutione oratoriof lÎTre XI, chapitre n, i x-17. — Valère Maxime, lirre I, chapitre fin.

Jtfthoiagia msopiea NeweUti, p. 44a.

M. Saint-MaroGirardin (yii« le^n, tome I, p. 194 et 19$) rapproche de oette faUe le fabliau des Jâux Aveugles et PhiRppe le Bd^ qae Rohcrt , dans ton introdaction (p. aux), a tiré du Tienx poëme Renan le eonirefaitf et qui met en aetion, d'une manière bien plus gaie et pluf ]nqnante que le récit emprunté aux anciens, oette pensée, que c Dieu récompense même îei4>af ceux qol soutiennent sa cause et qcd glorifient son nom. 9

On ne peat trop louer trois sortes de personnes : Les Dieux, sa maîtresse, et son roi.

Malherbe* le disoit; j y souscris, quant à moi : Ce sont maximes toujours bonnes.

La louange chatouille et gagne les esprits : 5

Les faveurs d'une belle en sont souvent le prix*.

Voyons comme les Dieux Font quelquefois payée.

I. Malherbe, le réformateur de la poésie française, né à Caen en i555, mort k Paris en i6a8. La Fontaine professait pour Bfalherbe une vive admiration; Toyez ce qu'il dit de lui dans son ép&re xxi (▼ers 93-96), adressée à Monseigneur tévéfue de Soissons , en lui dommnt un Quintihem de la traduethn drOratio Toseanella; Toyex aussi la fable i du lirre III.

a. M. Saint-Marc Girardin, dans sa yn* leçon (tome I, p. 198 et I94)t cite ces six premiers yers comme un exemple de ces c causeries, » de cet c digressions charmantes » par lesquelles notre poète c donne aux moindres choses un agrément infini. > Voyez aussi ce

F. ZIt] LIVRB I. gg

Simonide* ayoit entrepris L'éloge dW Athlète; et la diose essayée. Il trouva son sujet plein de récits tout nus. x o

Les parents de TAthlète étoient gens inconnus; Son père, un bon boui^eois; lui, sans autre mérite;

Matière infertile et petite ^.

Le poète d*abord parla de son héros.

Après en avoir dit ce qu'il en pouvoit dire, 1 5

U se jette à côté, se met sur le propos De Castor et PoUux ; ne manque pas d'écrire Que leur exemple étoit aux lutteurs glorieux' ; Elève leurs combats, spécifiant les lieux Où ces frères s'étoient signalés davantage : s o

Enfin reloge de ces dieux

Faisoit les deux tiers de Touvrage.

qui est dit dans la i** leçon (même tome, p. ig-ai) de la maxime anribnëe à Malherbe, et de l'honnête façon, nullement égoitte, dont la Fontaine la mettait en pratiquée

3. Simonide, poète grec, né dans l'Ile de Céos; on place sa naissance à l'an 558 aTant J. C, sa mort à l'an 468. Il avait composé des élégies et des poânes lyriqnes ; il ne nons reste de Ini qne de courts fragments, entre antres les plaintes de Danaé ahandomiée sur l'Océan avec son fils. — Qnintilien, à l'endroit cité en tête de la fable, prend la peine de nous dire qu'il regarde comme fabuleuse l'imervention des Tyndarides (Castor et Polhix); il nons apprend que Simonide n'ayait nulle part mentionné le fait, c et certes, s'il eût été TTui, il n'aurait point passé sous silence une si grande gloire. 1 Quant k l'érénement même, de la chute de la saUe, des conriTCs écrasés, du poète préserré, Qnintilien paraît le tenir pour véritable ; il dit que c grande était la dissension des auteurs sur le nom du lieu (Pharsaleou Granon) oà la chose a dû se passer; 1 comme aussi sur le nom de l'athlète (Qnintilien en nomme quatre) qui avait refusé de payer le prix couTcnu. — Chez Gcéron et chez Valêre Maxime, l'athlète se nomme Scopas, et le lieu est Cranon, en Thessalie.

4* Exigua,,,. matertûf dit Phèdre, vers 7.

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