LA MORT BT LB MALHEUREUX
LA MORT BT LB BUCHBROll'.
FaiU XV. — Cette faUe a été Inspirée par les rert de Mécène, et le poète nous dit Ini-mème, dans la note qni la suit, qu'il ne Ta jointe à la laUe xri qn'à canie de oetTcn, traduits à la fin. Us noot ont été coaterrét par Sénèque, dans une de tes épures (royes piua h»M la note 6); Montaigne en cite une partie dana let Esmis*' (livre II, chapitre xxxth, édition de i865-i866, tome III, p. 139), et les fidt précéder de cette exclanation : c Tant les hommes sont accoquinea à leur estre misérable, qu'il n*est si rude condition qu'ik n'acceptent pour s'y consemerl Ojes Bfsecenas. » Cest dans Montaigne probablement que la Fontaine a puisé. SouTenons-nous toutefois que la traduction des Épures de Sénèque par Malherbe, oon» ttnuée par du Ryer', a été sontent réimprimée, et par conséquent beaucoup lue, au dix-septième siècle. On sait d*aillenrs qu'un parent et ami de notre poète, Pintrel, a fait également une traduction des Épures de Sénèque, qui fî&t, comme il est dit sur le titre, c rerue et imprimée par les soins de M. de la Fontaine, » et pour laquelle il avait traduit lui'^méme tous les passages des poëtes cités par le philosophe ; elle parut en 168 1, en 9 rolumes in-is : Tojei, dans la collection dtê^utetrs imiîms de M. Nisurd, la pré&ce àa3émàfue{p. Tni).
Cette fidile est dans les Msurnseriis de Commi (tome XI, p. 539), et dans le Msauuerit de SmU^Genevlèn*
I. La £ible xr manque dans l'édition d'Amsterdam (1679)* a. Nous réunissons les titres de ces deux labiés, à l'exemple de toutes les éditions données directement par la Fontaine, en 1668, 1669 «t 1678, ainsi que de celles de Barbin (i68s), la Haye (i688)| Londres (1708).
3. Il en parut en 1667, c'est-à-dire Tannée même qui précéda la première édition des Faèles^ une édition en trois parties, dont la dernière était de du Ryer. Malherbe n'avait traduit que les épHres i-xm; sa version avait été imprimée pour la première fois en 1637.
ie4 FABLES. [p. xy-xti
Cony, p. i4i cite en note Euripide, qui, dans ton Meute (ren 688-691), exprime ainii Pidée de la fable :
mxf[i içi* 0! yipovrcc iflxovrat OovflV,
Ov^extcVi rb Y^poc B^ o&x It* Iot' oàmtç fotçii.
— Haudent, dans sa fable 119 de la a* partie, tTime Femme poyeua WÊomir sammary^ et Benterade, dans ion qnatrain cxcr, ont modifia Papologne de manière à Ini donner un tour beaucoup plua •atiri<iue.
Faile XYI. — Ésope, fab. ao, Tipoiv xa\ Mmoc, "As^^mcùç xa\ Mmtioc (Coray, p. i3-i5t p. 990, tout cinq formes direrses). — Fatme, frb. 10, Seimx ei Mon, — Bandent, a* partie, frb. 16, if aw pofre Mûmme ^ppelUmi U Mort. — Corroaet, fab. 80, du VUWmrd ûppeilant la Mort,
Mftkolùgia mopkû Nereleii^ p. 104, p. ao8.
Cette &ble a ëtë reproduite dans le Meemeil depoédet ekr^lommti ei diperteSf tome m, p. 364 (par erreur, pour p. 368).
Boileau, si nous en croyons Louis Racine, dans ses Mémoires mr la yie de son père (royex le iUuine de M. Mesnard, tome I, p. a63 •C a64), < trouToit cette fable languissante dans la Fontaine. Il Toulut essayer sUl ne pourroit pas mieux faire, sans imiter le style de Marot, désapprouvant ceux qui ëeriToient dans ee style. » D*A}embert dit à ce sajet dans son Histoire des wiemires de rjeodimie fttUÊfotse (Amsterdam, 1787, tome m, p. 83) : « On ne conçoit pas où est la langueur que Despréaux trouvait dans la foble de la Fontaine, encore moins en quel endroit de cette &ble la Fontaine a employé le style de Harot. Le jugement qu^on prête ici à Despréaux est si étrange qu'il est très* Traisei)iblable que Racine le fils a été mal serri par sa mémoire. » Quoi qu*il en soit, Boileau eut la malbeureuse idée de re&ire la fable. Cefot, dit encore Louis Racine, c dans sa plus grande force, et, suitant ses ternes, dans son bon temps, » qu*il composa cette petite pièce : en 1668, d*après Daunon; et tout au moins, d*aprèsBerriat- Saint-Prix (tome I, p. 36), arant 1670. J. B. Rousseau a traité également ce sujet. Daunou rapprocbe ces deux fables de celle de la Fontaine à la page 34 1 du tome II de son édition des OKuvres eompUtes de Boileam (Paris, i8aS-i8a6, 4 toI. in-8*). — M. Saint- Bfarc Girardin dit de la fable de Boileau qu'il ne la veut pas com« parer à celle de la Fontaine: c la distance est trop grande » (xxi*le»
F. xv-xvi] LIVRE h io5
çon, tome II, p. 190). Cette ooniidâration n'a pti mM M. Taine, qui, rapprochant les deux fables (p. i6i-i63), fait une appr^ation pathétique et parfois éloquente de celle de la Fontaine, qu*il appelle t un sombre tableau de Holbein. s — Dans sa xii« leçon (tome I, p. 404-406) M. Saint-Marc Girardin cite en entier les fables xr et xTf, et en tire une double morale, haute et saine : « Ne comptei pas sur le suicide pour faire banqaeroute à tos créanciers ou pour échapper à la misère. Le suicide est un coup de main que Thumanité répudie. L*homme tient à la rie. Il a beau souffrir et gémir, il Teut TiTre. — Puisque, heureux ou malheureux, nous touIous Titre, tâchons, dès la jeunesse, de nous préparer à rlyre longtemps : faisons-nous un riatiqne qui puisse durer jusqu'à la (in de notre TÎeillesse, si nous Tarons longue. 1
Un Malheureux appeloit tous les jours La Mort à son secours»
« O Mort, lui disoit-il^, que tu me semblés belle ! Viens vite, viens finir ma fortune cruelle. * La Mort crut, en venant, Tobliger en effet. 5
Elle frappe à sa porte, elle entre, elle se montre. « Que vois-je ? cria-t-il, ôtez-moi cet objet; Qu'il est hideux ! que sa rencontre Me cause d'horreur et d'effroi !
N'approche pas, 6 Mort ; ô Mort, retire- toi. » 10
Mëcénas fut un galand* homme; Il a dit quelque part * : « Qu'on me rende impotent,
4- Vax. Manuscrits de Conrmrt et de Sainte^etispiive : e O Mort, ce disoit-il ».
5. GstUnd^ dans toutes les éditions originales et dans le Manuserii de Saimie^Geitepièpe .* rojet la &ble précédente, Ters a4, et la note 7. Du reste, c'est l'orthographe constante de la Fontaine, qui a même écrit, au féminin, ^aW« (Toyez lirre IV, fable xi, rers 3o); aussi nous abstiendrons-nous désormais de h relerer. — Les Msmuseriu de Conrwrt donnent galant,
6. VoicilesTers deMécène tels que les cite Sénèque, dans lV/rilrr« 01:
DekiUm faeito manu^ Dehilem psde^ eaxa;
io6 FABLES. [w. xr-xvi
Cul-de-jattei gontteox, manchot, poomi qa*en flomme
Je vive, c^est assez, je sais plus qne content. »
Ne viens jamais, ô Mort ; on t'en dit tout autant'. 1 5
Ce sujet a été traité d*ane autre façon par Ésope» comme la fable suivante le fera voir. Je composai cellenâ pour une raison qui me omitraignoit de rendre la chose ainsi générale. Mais quelqu'un me fit connottie que j'eusse beaucoup mieux fait de suivre mon original, et que je laissois passer un des plus beaux traits qui fut dans Ésope*. Cela m'obligea d'y avoir recours. Nous ne saurions aller plus avant que les anciens : ils ne nous ont
Tuèer aJstruê gièèemm;
iMkneotfmmU dtmUi .- Fita dum superett^ heme est,
HaMC mùhi^ vel aaitm Si sedemm emee, ttut'me»
Ik sont aiasî rendus dam la tmdnedon dont nova aTons parié plus haut (Toyes la notice de la fiJ)le xr) :
Qu*on me rende mancliot, cnl«de-jatte, impotent,
Qu^on ne me laiaie aucune dent« Je me consolerai ; c*est assez que de Tirre.