‹ Œuvres de P.L. TchebychefChapitre 179 sur 374 · Moi qui ne suis point lapidaire · texte numérisé non relu

Moi qui ne suis point lapidaire

Un grain d'orge me convient mieux.

(Bbvsibadb, ^iMfrsM IV dans l'édition de 1677;! dans celle de 1678.

— .... Potior eui multo est eihus,

avait dit Phèdre (vers 6).

F. xx] LIVRE I. , 19

D'un manuscrit, qu*îl porta

Chez son voisin le libraire.

« Je crois, dit-il, qu'il est bon; i o

Mais le moindre ducaton

Seroitbien mieux mon affaire*. »>

4. Au lieu de ce teoond apologue qui sert de morale, Phèdre a, pour conclusion, ce trait piquant :

Hoc iilu narra , qui me non intêliigunt.

Tout autre encore, mais bien tournée et digne d*étre chéc, est la moralité de Marie de France :

Bien, ne henor, noient {néant) ne priaent, Le pis prendent, le mielx despisent;

et celle d'Ysopet /, le Coq et VÈmeraude (f^« a et 3, Robert, tome 1^

Iceste {ceit^ pierre senefie Sagesse, et le Coch [fioq) la folie.

lao FABLES. [t. xxi

FABLE XXI

LES FRBLOTTS ET LES BfOVCHES 1 MIEL.

Phèdre, livre III, fab. i3, jipes et Fuci^ FespaJtuRce. Mjrikologia msopîca Ne9eUti^ p. 424-

La fable parait être on développement de ce passage d'Hésîodey imparfaitement compris [Œuvres et Jourt^ vers 3o3-3o6) ;

T(5 Sa Oeo\ vE{Aeoc&9i xa\ dh^ipsc» Sç xev dUp^bç Zc6t), XT)9^yta9i xo0o6poiç efxeXoc ^pf^v, Ofixt (isXiaodMtfV xi(AaTov ip6^ouatv depyo) lEaôovreç....

c Les Dieux et les hommes s^indignent contre celui qui rit oisif , semblable aux bourdons sans aiguillon qni pour se nourrir consommenty sans rien faire, le travail des abeilles. ■ Voyez aussi les vers $94-599 de la Théogonie, Le xy)9i{v d'Hésiode est le fucus de Phèdre. On a souvent traduit ces deux mots par frelon^ qui répond an laûn erabro; mais ib désignent proprement, comme Columelle (livre IX , chapitre xv, i) parait déjà le reconnaitre, Tabeille mâle, qu'on appelait autrefois, en français, bourdon, — Il y a deux passages de Virgile qu'on peut rapprocher aussi de la fable de Phèdre et de la n6tre :

Inummisque sedens aRena adpabula fucus

(Géorgiques , livre IV, vers 944) »

Ignopum fucos pecus apnuepibus arcent

{IbuUm, vers 168, et Enéide^ livre I, vers 435).

— Boileau dit dans sa I** satire (vers 93 et 94) :

Comme on voit les firelons, troupe lâche et stérile , Aller piller le miel que l'abeille distille.

— Voyez encore la xi* des Réflexions diverses de la Rochefoucauld (édition de M. Gilbert, tome I, p. 309).

A l'œuvre on oonnoît rartisan.

Quelques rayons de miel sans maître se trouvèrent : Des Frelons les réclamèrent;

F. xxi] LIVRE I. lai

Des Abeilles ^ s'opposant, Devant certaine Guêpe ' on traduisit la cause. 5

Il étoit malaisé de décider la chose : Les témoins déposoient qu'autour de ces rayons Des animaux ailés, bourdonnants, un peu longs, De couleur fort tannée, et tels que les abeilles, A voient longtemps paru. Mais quoi? dans les Frelons 1 o

Ces enseignes' étoient pareilles^. La Guêpe, ne sachant que dire à ces raisons. Fit enquête nouvelle, et pour plus de lumière

Entendit une fourmilière.

Le point n'en put être éclairci. c 5

« De grâce , à quoi bon tout ceci?

Dit une Abeille fort prudente.

Depuis tantôt six mois que la cause est pendante ,

Nous voici comme aux premiers jours.

Pendant cela le miel se gâte. a o

Il est temps désormais que le juge se hâte :

N'a-t-il point assez léché Tours* ?

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