‹ Œuvres de P.L. TchebychefChapitre 182 sur 374 · LE CHÊNB ET LE ROSEAU · texte numérisé non relu

LE CHÊNB ET LE ROSEAU

Ésope, fab. 143» RdiXafioç ta\ 'EXafa, RdXa^ioi xa\ Apuc; fab. 180, ISkAvri toi hixoç (Coray, p. 84 et 85, p. m). — Babrius, fab. 36, ^ibç xa\ KdÀa(AOç; fab. 64, 'EXdfnf) yuà B<h<K. — Aphthooius, fab. 36, Fabula Quercus et jirundlnis^ monens ne quU fidai robari aut viribus. — Avianus, fab. 16, Quercus et Arundo, — Abstemlus, fab. 53, de Ulmo et Silere, — Faëriie, fab. 5o, Canna et Oliva, — Haudent, I** partie, fab. 8, d'un Olîuier et d'un Roseau; fab. 180, d'un Chesne et d'un Roseau; fab. igS, tPun Sapin et d'un Buisson; a* partie, fab. 113, d'un Ourme et et un Oûer. — Gorroiet, fab. 81, </(i Roseau et de r Olivier, — Le Noble, fab. g3^ du Chêne et du Roseau, La grandeur dangereuse. — On peut voir en outre , dans les Poésies inédites du moyen dge^ par Éd. du Méril (p. 275 et 276), une fable latine, en vers léonins, de Jbiete et Dumo, — L*apologue est résumé dans une sentence de Bidpaî : c Quoique le vent ne fasse pas de mal à l'berbe qui plie devant lui, il arrache néanmoins les arbres les plus gros et les plus puissants. > (Contes et Fables indiennes ^ tome I, p. 3oo.) — On trouvera à V Appendice la seconde des quatre fables de Guillaume Haudent, ^101 Chesne et dtun Roseau»

Mjfthologia msopica Neveleti^ p. ao5, p. 35o, p. 887, p. 466, p. 557.

Le Bibliophile belge, publié par Reiffenberg (Bruxelles, x845 , tome I, p. 3o3), et M. Edouard Foumier, dans son agréable et curieux petit volume intitulé f Esprit des autres (4* édition, p. 1 15), nous apprennent qu'un amateur de la Nièvre possède un manuscrit autographe de cette fable (voyez ci-après, la note 4)* " FUe a été reproduite dans le Recueil de poésies chrétiennes et diverses, tome III, p. 357.

On trouvera en divers endroits de Touvrage de M. Souillé Tappréciation de plusieurs des fables anciennes indiquées ci-dessus, et^ aux pages a4^'358, une analyse détaillée de celle de la Fontaine, précédée de la citation, en italien, du bel apologue àet^erdUotti, et, en espagnol, d'une ancienne version de la fable ésopique. — M. Saint-

y. zzb] LITEB h laS

Bfaro Ginrdin, dans la tid* leçon (tome I, p. a6o-sé5)» antlTse, ce commente, avec une juite admiration, la fiJble de la Fontaine. Il la rapproche du mot de TÉcriture {Machahéet^ liyre I, chapitre n, Tenet ai) : Quomodo eedMt pçtemtP puîf de la &ble de Letiing (livre in, i5), intitulé le Chinê^ où la chute de l'arbre amène cette tout autre morale : « Il 7 adetgrandeura qu*on n*apprécie et n*admire que lorsqu'elles sont tombées. » Le commentaire de M. Saint-lfarc Girardin se termine par de sages conseils à qui serait tenté de trop louer la souplesse du Roseau qui, comme dit Benserade (&b. 6S):

.... Subsiste à force de plier.

— « Cet apologue est non-seulement le meilleur de ce I*' Une, dit Chamfort, maisU n'y en a peut-être pas de plus achevé dans la Fon* taine. Si l'on considère qu'il n'y a pas un mot de trop, pas un terme impropre, pas une négligence; que, dans l'espace de trente rers, la Fontaine, en ne fidsant que se livrer au courant de sa narration, a pris tous les tons, celui de la poésie la plus gracieuse, celui de la poésie la plus élevée, on ne oiaîndra pas d'affirmer qu'à l'époque où cette foble parut, il n'y avait rien de ee ton-là dans notre langue. Quelques autres fables, comme celle des Jmmmitx maimdes dé la ptté^ présentent peut-être des leçons plus importantes, offrent des vérités qui ont plus d'étendue, mais il n'y en a pas d'une exécution plus facile, a «- a C'est une tradition constante parmi les gens de lettres, dit Walckenaer {Histoire de la Fontaine ^ livre III, tome I, p. S98), que de toutes ses fables, celle que la Fontaine préférait était celle qui a pour titre : le Chine et le Roseau, a -^ Robert (tome I, p. 86-90) donne un très-curieux extrait du vieux poème, Begaart la contre fait *, où le lieu de Taotion est la rive de Seine; le temps, celui du gratU flos (de la grande crue) de i3i8; et où l'apologue est appliqué dV bord aux Flaments vaincus par Philippe le Bel à Moni-en-Puelle (i3o4), et par Philippe de Valois à Casael (i3s8) :

A Mons en Peule et à Cassel fia y ot de mors maint monseL..

En l'an mil trois cent et vingt huit, Tant par le iour que par la nuit, Le roi Philippe tant venta Que trestous les Flamens mata ;

I. Manuscrit de la Bibliothèque nationale, fonds français, n* 370, 3, f^ S et 6.

Ift6 FABLES. [w.

pois à U chute àm

.... Meiire Eagneniu (i3x5)y et de

•••• Pierre Remis (i3i8).

— Yojtz aussi M. Taine (p. 119, 141, 186, «73, %g%),

La fMe est ëlëgamment rësomée dans Macrobe {Sniunmlês^ liTie VII, chapitre rni) : Femto nimlo abiti ont quer€U$ mttMiutf nulla facUâ frampt proeeila.

Le Chêne un jour dit an Roseau :

« Vous avez bien snjet d'accuser la nature ; Un roitelet pour vous est un pesant fardeau ;

Le moindre vent qui d*aventure*

Fait rider la face de Teau', 5

Vous oblige à baisser la tête.

Cependant que mon front, au Caucase pareil, Non content d'arrêter les rayons du soleil,

Brave TefiTort de la tempête.

Tout vous est aquilon, tout me semble zéphyr. i o

Encor si vous naissiez à Tabri du feuillage

Dont je couvre le voisinage,

Vous n'auriez pas tant à souffrir :

Je vous défendrois de Torage ;

Mais TOUS naissez le plus souvent 1 5

Sur les humides bords des royaumes du vent. La nature envers vous me semble bien injuste.

a. Cette loeation : iTaMiifwv, parait çà et là dans Rabdais et àéjk dans le Proiogm du liTre L 3l Du Belky arait dit arant la Fontaine :

Ce Tent qni raae les flanci De U plaine oolorée A louas souspirs donlx-souflans Qui ndent Tonde aanrée.

[Jêtu nttlqmt^ Chma de V amour H du primitmpi^ édition de M. Kart j- Laveanx, tome II, p. 3i6.)

F. xxu] LIVRE 1. 127

— Votre compassion , lui répondit l'arbuste ^, Part d'un bon naturel; mais quittez ce souci :

Les vents me sont moins qu'à vous redoutables; a<j Je plie , et ne romps pas. Vous avez jusqu'ici

Contre leurs coups épouvantables

Résisté sans courber le dos ; Mais attendons la fin '. » Gomme il disoit ces mots, Du bout de Thorizon accourt avec furie 2 6

Le plus terrible des enfants Que le Nord eût portés jusque-là dans ses flancs^.

L'arbre tient bon; le Roseau plie.

Le vent redouble ses efforts '^^

Et fait si bien qu'il déracine 3o

Celui de qui la tête au ciel étoit voisine ^,

4» L'autographe mentionné ci-dessus dans la notice (p. ia4) donne ainsi les rers 17 et 18 :

La nature envers vous ne fut pas indulgente. — Votre compassion, lui répondit la plante.

5* C'est ridée du yers 11 de Faërne :

a... Canna SUentium egit, iempuâ extpectans suum.

(î. Cet endroit rappelle oe fragment énergique de Varron, cité par Nonîus:

Fentique frlgido se ah axe eruperanty Phrenetïet Septentrionum fitii.

(Voyez Saturarum JHenippearum reUquim, édition Riese, Leipzig, i865,p. i6a.)

7. On peut rapprocher de ce passage ces vers de même mesure de Regnart U contrefait (voyez la fin de la notice entête de la fable) :

Le yent hurta, Tarbre se tint.

Le Tent de toutes pars lui vint....

Le vent tant bouta et hurta, Que le Chesne à terre ietta.

8. Dans la fable 64 de Babrius, qui, du reste, difî^e beaucoup de la nôtre par la donnée même et par Tapplication morale, le Sapin

ia8 FABLES. [f. x\\i

Et dont les pieds touchoient à IVmpire des morts*.

se Tante d*habiter avec les nuages, tôjv veçtôv ouvoixoç; et dans la vieille fable citée par Robert (tome I, p. 93 et 94), et qa*il désigne, comme imitée d*Avianus, par le nom d* Ysopet'Jviomiet*fV Arbre (c*e$t égaleouait le Sapin) dit au Bisson (Buisson) :

.. . . lusqnes aus estoiUes

Estens mes brenches et mes foilles.

9. La Fontaine semble avoir fondu ensemble deux passages de Virgile, celui ou le poëte latin décrit un diéne résistant à la tempôte {Enéide^ livre IV, vers 44^ ^ 44^) *

.... Quantum pertiee ad auras JEihetias^ tamtum radiée in Tartara tendit;

et cet autre, où il peint la Renommée, et qui est imité de la description qu*Homère (Iliade, livre FV, vers 44^) fait de la Discorde :

Ingrediturque solo^ et eaput inter nuhiia condit»

(Enéide, livre IV, vers 177.)

— Racao, dans la 9* stropbe de son Ode pour Monseigneur e due de DeUegardef décrit un cbène dont le trône vénérable

Attacbe dans Penfer ses secondes racines. Et de SCS larges bras touche le firmament.

— Voltaire dit en parlant des chênes , des sapins :

Leur pied touche aux enfers, leur cime est dans les cienx (3* Discours en vers, de P Envie , tome XII des Œuvres ^ p. 68);

et ailleurs, en parlant des Alpes :

.... Ces monts sourcilleux Qui pressent les enfers et qui fendent les cieux

(Épure xci, tome XIII, p. ïii).

— Voyez encore la Henriade^ chant VI, vers 399 et 3oo.

* Elle se troave au f* loa do mannucrit 1694 (voycx ci-dcsMS, p. 6a, note i).

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