‹ Œuvres de P.L. TchebychefChapitre 186 sur 374 · c Sur la voix, » dans l'édition de i · texte numérisé non relu

c Sur la voix, » dans l'édition de i

11. Var.': en ce haut style. {Éditions de 1668, 1669, 1679 Amsterdam, 1739.) — L'édition de 1678 a : c ces hauts stiles; » mais la faute est corrigée à VErrata.

la. c Entre deux saules, » dans l'édition de 1679 (Amsterdam); t entre les saules, » dans celle de 1739. ,

i32 FABLES. [r. i

« U entend la bergère adressant ces paroles « Au doux Zéphire, et le priant « De les porter à son amant. » 45

— Je vous arrête à cette rime", Dira mon censeur à Tinstant;

Je ne la tiens pas légitime , Ni d'une assez grande vertu :

Remettez, pour le mieux, ces deux vers à la fonte ^*. 5o

— Maudit censeur ! te tairas-tu ?

Ne saurois-je achever mon conte " ?

C'est un dessein très-dangereux Que d'entreprendre de te plaire. >»

Les délicats " sont malheureux : 65

Rien ne sauroit les satisfaire.

i3. La rime à*iant avec mant. Quoique l*î appartienne à la syllabe précédente, la prononciation ne le détache pas entièrement de Va ; dans cette liaison il a quelque chose du son de Vi double ou jr. M. L. Quicherat nous dit d'ailleurs, d*une manièi^e générale, dans sou Traité de versification française (chapitre iii) : t Comme les mois terminés par ant ou eni sont très-nombreux dans notre langue, il est beaucoup mieux qu'ils riment {non pas seulement par les finales ant, ent, mais aussi) de Tarticulation. > — La critique au reste s'appliquerait encore mieux, ce semble, aux finales, de quantité différente^ des yers ^i ei 43 : paroles et saules. Voyez p. 116, note a.

z4. Horace rend la même pensée par une métaphore difTércntei dans son Art poétique (vers 44i) •

Et maie tornatos ineudi reddere persus ;

et Boileau dit dans le sien (chant I, vers 17 a} :

Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage.

i5. Quid ergo possum facere tihiy leeior CatOy Si née fabellss tejuvant, nec fabulse?

(PuàDiis, livre IV, fable 7, vers ai et a a.) 16. Phèdre (vers a5] désigne moins poliment ses censeurs : Qui, dit-il, stuliitia nauseant.

n] UYKE II. i33

FABLE II

COlfSBIL TENU PAR LB8 RATS.

Abttemiut, fab. 19$, ^0 Munhiu t'mibutmMkm FéK ti/tpemUrê polaMm, — Faerse, fiJ). 47, Mmru. — Robert {WMm iméJUêt, etc., tome I, p. 99 et 100) oite en outre, d'aprèt un nMiteorit^ nalhtareoaement trè»-fautif, de la Bibliothèque nationale (n* 7616), une fable latine anonyme en dix distiques, qui est intitulée : JêMtaribiu eomeiUum contra Catum^ et quUl croit du quatorzième siècle.

Mftholùgta mopiea NeveUti^ p. 616.

Cette fable se trouTe dans le Manuscrit de Salnie^Gtntpih^^ où le titre est : « le Conseil tenu par les Rats. » — Elle a été reproduite dans le Recueil de poéâiee ekt^iennes et dherwes^ tome III, p. 359.

Vojea dans la xm* leçon de M. Saittt4iaro Qinrdin (tome I, p. 4*7~4*9) ^ comparaison de cette £dble aTec une seènedu Cyclape d*Euripide, où les Satyres, qui composent le chosur, et qui d*abord, quand le danger était loin, s'offraient à Tenn pour enfoncer le tison ardent dansTceil dePolyphème, ont tous peur et reculent (vers 6a3- 641), quand rient le moment d*exécuter, et finissent par se rappeler, disent-ils, « une chanson magique d*Orphée, qui fera que le tison ira de lui-même brûler l*oeil unique du géant. » — Robert, dans son introduction, p. xxxtiii, parle du récit que lord Cray fit de cette fable aux barons écossais conspirant contre les faroris de Jacques III. « rattacherai le grelot moi-même, 9 s*éoria Archibald comte d*Angus, chef de la seconde branche des Douglas. Il saisit en effet, de sa propre main, le prineîpal farori, Robert Goehmne; et aprèa le •necès de la conjuration, il reçut le surnom, qu'il garda toute sa ▼îe, d*dttaehé~Greiot'^u»Chat {Bell-ihe-'CatY YoyezVNîstoire d'Ecosse racontéepar un grand-père (sir Walter Scott) à son petit-fils^ t** série, chapitre xix. — Plusieurs manuscrits arabes de Caliia et Dimna ont un chapitre supplémentaire, antérieur au douzième siècle, dans lequel se trouve un apologue, intitulé : U Boi des Mats et ses trois Conseillers» Cet apologue, qui a passé de là dans la traduction grecque de Siméon Setb, est analysé par Silrestre de Saey, aux pages 6i-63 de la Notice des mamucrits qui fait toite au Mémoire

i34 PABLKS. [p. n

hîstofifUê placé par lui en tête de sou édition arabe de CdUU et Dimna ; c^eft jusqu'ici, à ce qu*il paraît, la plus ancienne Tertion de cette fable où Ton ait trouTé le conseil d*attacber le grelot : Tojesy à ce sujet, le PoHtsehatantra de M. Benfey, tome I, p. 6o5 et 606.

Un Chat, nommé RodQardtt8% Faisoit des rats telle déconfiture

Que Ton n'en voyoit presque plus, Tant il en aToit mis dedans la sépulture. Le peu qu*il en restoit, n'osant quitter son trou, S

Ne trouvoit à manger que le quart de son sou *, Et Rodilard passoit, chez la gent misérable,

Non pour un chat, mais pour un diable.

Or un jour qu'au haut et au loin'

Le galand alla chercher fenune, 1 o

Pendant tout le sabbat qu'il fit avec sa dame, Le demeurant des Rats tint chapitre* en un coin

Sur la nécessité présente.

Dès l'abord, leur Doyen, personne fort prudente. Opina qu'il falloit, et plus tôt que plus tard, 1 5

Attacher un grelot au cou de Rodilard' ;

I. iUmg94arJ, Ce nom, qui semblerait mieux conrenir an rat qu^au chat, a été emprunté par la Fontaine à Rabelais, qui nous montre (liTre IV, cbapitre lxtii, tome II, p. 171) Panurge « égratigné des grjphes du célèbre Chat Rodilardus. » — Dans VOpîJe em ieUê hmmemr de d*Assouej (hrrt I, &ble n), c'est également un nom de chat.

a . Les aneiomet éditions écrÎTent ce mot les unes êou (entre antres 1678), les autres wA;\e Mmnmseni dt Smimf-Gem^ièpê : « tàou ».

3. Nous trouTerons un hiatus semblable au vers 16 de la fable sniTante. Ces petites négligences ne sont pas rares cbea notre poète.

4. Chapitre^ assemblée de chanoines, de religieux, eapUnlum (Tojes les Ters 17 et a8) ; tenir chapitre^ être assemblés pour une délibération. La figure se continue aux rers suivants (14 et ao); le terme de Doyen est emprunté an même ordre d*idées. — Fa#me dit (Ters 1) : Setmtut murium. Dans Ysopet /, les Souris font parlement^ sont en eomeile,

5. Dans !*apologne arabe dont il est parlé A la fin de la notice de

f. Il] LIVRE II. i35

Qu*aiiisi , quand il iroit en guerre , De sa marche avertis , ils s'enfuiroient ' en terre;

Qu'il n y savoit que ce moyen.

Chacun fut de l'avis de Monsieur le Doyen : 9 o

Chose ne leur parut à tous plus salutaire. La difficulté fut d'attacher le grelot''. L'un dit : « Je n'y vas point, je ne suis pas si sot; » . L'autre : « Je ne saurois. » Si bien que sans rien faire On se quitta. J'ai maints chapitres vus , a 5

Qui pour néant se sont ainsi tenus ; Chapitres, non de rats, mais chapitres de moines,

Voire* chapitres* de chanoines.

Ne faut-il que délibérer,

La cour en conseillers foisonne ; 3o

Est-il besoin d'exécuter ,

L'on ne rencontre plus personne **•

eette fable, le premier des mm oufre un tcfu bien aotrement grare : c*cat an cou de tous les cliats qu'il oonieille d'attacher des grelots. Le second yizir denumde qui se chargerait de les attacher.

6. Dans le Mammerit de Sainte^Genevièçe .- t ils s'en iroient. s

7. Dans une fable en ballade, sur le même sujet, d'Eustaohe Deschamps, écriTain du quatorzième siècle, dont Crapelet a publié un choix de poésies, la question directe :

Qui pendra la sonnette au Chat ?

reirient quatre fois, très-plaisamment, coomie refrain (p. 188 et 189, édition Crapelet, Paris, i83a).

8. Voire f « Traimeût, > se prend parfois au même sens que la locution c Toire même, s

9. Il y A chapitre g au singulier, dans l'édition d'Amsterdam 1679.

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