‹ Œuvres de P.L. TchebychefChapitre 206 sur 374 · Boursault a soin de dire aussi, en vue de la suite · texte numérisé non relu

Boursault a soin de dire aussi, en vue de la suite

Un manant à pieds nus...,

circonstance que les fabulistes anciens n'avaient pas besoin de mentionner.

5. La colombe était, comme l^on sait, consacrée à Vénus. Cjrtherciadasque columèas, dit Ovide, au livre XV des Métamorphoses^ vers 386.

6. Tirer de long^ s'enfuir, comme l'explique Furetière (1690). Nicot, Rîchelet (1680) et l'Académie (1694) omettent ce sens. Dans Rabelais (livre IV, chapitre lxvi, tome II, p. 167), nous trouvons tirer vie de long (vie du latin via), locution que le Duchat explique "patT passer chemin^ tirer outre.

7. Pas le moindre morceau de pigeon, pas même ce qu'on en pourrait avoir pour une obole.

iM FABLES. [r. xm

FABLE XIII

L^ASTAOLOGUE QUI SE UUSSB TOMBER BAnS UH PUITS.

Ésope, fidi. 40y Mdhmç; fab. i66, 'ÀTipoXâTo; (Coimj, p. sG, p. loo et loiy p. S99 et 3oo, p. 354 et 355\ — Faême, bb. 73, Astrologus, — Gorroiet, &b. 88, damm Dcuim om Propkete.^ DuisSadi [GmSstmm ou le Parterre de rases , tradait par Ch. Defréuerj, Fuis, i858, chapitre rr, p. 9i3;, TAitiologue ne tombe pas dans un puits, mais en rentrant chez lui il trouTe un étranger qni oouitise sa femme; ailleurs, pendant qu'il consulte les astres , sa maison est consumée par le feu. — Benserade, à qui ce sujet a foomi deux quatrains (cuxr et cuLxn), termine Pun par une morale analogue à celle de Sadi : c Fendant que tous pénétrez ra^enir.

Les Tolcnrs sont chez voos , qui ne tous laissent rien; a

et Tantre par celle-ci :

Tel donne des leçons sur la bonne conduite , Qui s*égare lui-même, et bronche à tout moment.

L^ Astrologue qui tombe soit dans on puits, soit dans une fosw, est le <age Thaïes en personne, dans le Thémtite de Platon (Tovez la traduction de Victor Cousin, tome II, p. 128}; et dans Diogène de Ijaêne {Fie de Thaïes^ 3 ▼m)* A ees deux sources anciennes Robert, dans son introduction (p. cuuexit et clxxxt), ajoute la traduction d*nn petit traité de Pétrarque, faite par G. Tardif, sous le titre de Facéties des mohles hoatmes; et M. Scmllié (p. si3 et a 14) plusieurs recueils de facéties du seizième et du dix -septième siècle.

Mftkologim msapica Neveleti^ p. iia, p. aa6, p. 366.

c Qne&qoefois on apologue n^est pour la Fontaine que Foocasion on le prétexte de combattre un préjugé, et de «lissertcr sur les sojcis les plus élevés et du plus grand intérêt poor le bonbcor de l'homme. a:nsi la &ble de t Astrologue ^ui se laisse tomber dams um puits est racontée par loi en quatre vers, tandb que les réflexiosis qu'elle lui suggère en ont quarante-quatre, également remarquables par la justesse et la profondeur des pensées et par des traits de la pins hante

w. xxn] LIVRE II. / 167

poéfie. > ÇWAUmaaAXMf Hittohre de la Fontaine^ Uttc III, tome I, p. 3o9 et 3o3.} — Voltaire ue trouTe pas un seul mot d'admiration pour ce magnifiçpe développement, et ne s'airètant qu'au prétexte, an ^Platrain, il le range dédaigneusement parmi les fables c mal choisies : > voyez ci-après la note a.

Un Astrologue ^ un jour se laissa choir Au fond d'un puits. On lui dit : « Pauvre bête', Tandis qu'à peine à tes pieds tu peux voir, Penses-tu lire au-dessus de ta tête'? »

I. Astrologue était encore quelquefois, au dix-septième siècle, synonyme Gastronome, Mme de Sévigné, dans une lettre à Pompoue, du 17 décembre 1664 (tome I, p. 470)9 appelle t grand astrologue > le mathématicien, ami de Gassendi, Mathurin de Neuré. Mais les mots : c lire au-dessus de ta tète, > quoi qu'en dise Voltaire (voyez la note a), et surtout la moralité qui suit la fable, montrent que c'est bien d'un astrologue^ an sens ou nous prenons le mot, que la Fontaine veut parler.

3. La Fontaine revient tout à la fin (vers 46-48) sur cette morale directe de l'apologue. •— Les mots :

« Pauvre béte....

Penses-tu lire au-dessus de ta tète? s

choquent particulièrement Voltaire. Mettant à la chose un sérieux qui eût fort étonné le bonhomme , et s'en prenant à lui du sens même de ce modeste quatrain, sens emprunté aux anciens, k la sagesse des nations, et fort raisonnable assurément quand on veut le bien entendre, il croit devoir nous dire dans son Dictionnaire pldlosophique (tome XXIX des OEuvres^ p. 3oo et 3oi) : c G>pemic, Galilée, Cassini, Halley ont très-bien lu au-dessus de leur tête; et le meilleur des astronomes peut se laisser tomber sans être une pauvre bête, s Puis il ajoute, avec une évidence non moins superflue : « L'astrologie judiciaire est , à la véi'ité , une charlatanerie trèsridicule; mais ce ridicule ne consistait pas à regarder le ciel; il consistait à croire, on à vouloir faire croire qu'on y lit ce qu^on n'y lit point. »

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