‹ Œuvres de P.L. TchebychefChapitre 23 sur 374 · Les Historiettes^ tome Û, p · texte numérisé non relu

Les Historiettes^ tome Û, p

4. Ce ne sont pas les plus anciennes. Jean de la Fontaine, frère de Pierre, trisaïeul de notre poète (Toyex ci-dessus, p. ▼, note i), arait épousé une Marie Jannart. Liouise de la Fontaine, née de ce mariage et baptisée le 10 juillet i549, eut deux marraines : Jeanne Guërin, femme de Charles Jannart, et Jeanne Jannart, femme de Pierre Chéron. Voyez Walckenaer, aux Pièces justificatives de son Histoire de la vie,,., de la Fontaine ^ tome II, p. 291.

SUR LA FONTAINE. xxxi

pendant, « Jean de la Fontaine, fib de Charles de la Fontaine, maître des eaux et forêts. » Naturellement il n'a pas signé, mais un Jannart a signe pour lui. Voici bientôt paraître les Hëricart. £n i636^, le fils de Nicolas Jannart, Jacques Jannart, substitut du procureur général au parlement de Paris, et seigneur de Thury ', celuî4â même qui, par la suite, devint cooune un second père pour la Fontaine, épouse Marie Héricart, fille de Guillaume Héricart, conseiller du Roi, lieutenant dvil et criminel à la Ferté-Milon. Cette famille Héricart avait donné, à la fin du seizième siècle, des gouverneurs au château de la Ferté. La femme de Jacques Jannart avait un frère du nom de Louis, lieutenant criminel à la Ferté-Milon, comme son père Guillaume, et maire perpétuel de cette ville. Ce fut la fille de ce Louis Héricart qui devint la fenmie de notre poète. N'est-il pas assez vraisemblable que la Fontaine céda surtout aux exhortations de Jacques Jannart en épousant sa nièce? Celle-ci était bien jeune quand on la maria; Walckenaer a cru qu'elle avait un peu moins de seize ans : elle n'en avait pas quinze, étant née le %6 avril i633*. Son âge doit être remarqué : il rendait peu sage une alliance, d'ailleurs fort honorable. On mettait en ménage deux enfants ; car la Fontaine (iit enfant toute sa vie; et, quoiqu'il eût douze ans de plus que sa femme, étant dans sa vingt-septième année, il était aussi incapable de la diriger, de la gouverner, que de se gouverner lui-même. 11 eût fallu qu'il fût pour elle presque un père, en même temps qu'un mari ; pour ni l'un ni l'autre de ces devoirs il n'avait la moindre vocation.

Nous n'avons pas la date précise de la célébration du mariage. Le contrat, passé à la Ferté-Milon, porte la date du

I. Le contrat de mariage de Jacques Jannart passé devant maître Vol, notaire à la Fertë-Milon, est en date du 6 janTier i636. Le mariage fut célébré le lendemain.

a. Il est ainsi qualifié dans un acte de baptême du z4 janrier 1659, que nous avons releré sur les registres de la Ferté- Milon.

3. Voyez aux Pièces Justificatif^ , n« m, son acte de baptême. — Nous en aTons fait suirre la transcription d*une note sur la famille Héricart.

XXXII NOTICE BIOGRAPHIQUE

lo BOTembre 1647 ^, Il ai ressort que les deux ^ux, si Ton a ëgard à la TAieur de l'argent à cette époque, allaient être, comme on disait alors, três-aecommodés, GÛillamne Héncart, aïeul de Marie, lui donnait, en avancement d'hoirie, vingt mille livres, moitié en argent comptant, mmtié en héritages' ou en rentes. Elle recevait de sa mère, Agnès Petit*, dix mille livres en héritages. De ces trente mille livres, dix mille entraient dans la communauté ; le reste devait demeurer en propre à la future épouse et aux siens. La Fontaine apportait les biens qui lui venaient de sa mère, qu'il avait alors perdue. Son père lui donnait une somme de dix mille livres, dont cinq mille entraient dans la communauté; en outre, il lui transmettait l'office de maître des eaux et forêts. On a cru voir dans quelques-unes des clauses de ce contrat des indices de la médiocre confiance que la Fontaine aurait inspirée dès lors en son aptitude à administrer sa fortune avec prévoyance et économie. Contre les erreurs poétiques de sa gestion des précautions semblaient être prises. Elles n'étaient pas inutiles et ne suffirent même point pour lui épargner des embarras, qui ne pesèrent pas trop, il est vrai, à son insouciance.

Notre poète, il l'a dit lui-même, était «c chose légère*. » Ce que devint son ménage, où il n'y eut rien qui ait ressemblé à ime véritable union, aa le sait, ou, du moins, à peu près; car il n'est point aisé de bien connaître l'étendue et les

I. Le notaire de la Ferté-MUon qui a dressé ce contrat était Thierry François. M. Mëdéric Lecomte a trouTë, en 1 858, ce contrat, déjà signalé parWalckenaer, et en a communiqué un fao-similé à la Société archéologique de Soissons : Yoyex le iuiletin de cette société, tome XIII (année iSSg), p. 41 et 4». C'est de là que nous ayons tiré les détails que nous allons donner. — Il semble que le mariage a dâ être célébré à la Ferté-Milon; mais on a en ▼ain cherché Tacte sur les registres des églises de cette ville. On ne l*a pas trouré non plus sur ceux de Château-Thierry; ils n*ont qu*un très-petit nombre d*actes de mariage au dix-septième siècle; ceux de 1647 et de 1648 manquent.

a. C*est-à-dire en immeubles réeb, soit terres, soit maisons.

3. Agnès Petit, devenue reure peu après le mariage de sa fille. Tint habiter avec elle Château-Thierry.

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