‹ Œuvres de P.L. TchebychefChapitre 256 sur 374 · Dans la fahle de Faëme (rers · texte numérisé non relu

Dans la fahle de Faëme (rers

Maroêu et éRseor», pel mortua^ litigat axor.

aSo fables. [r.

FABLE XVII

LA BBLBTTB BlfTRéB DANS UN GRBIIIBR.

Ésope, fab. i58, !Uc&ki)Ç XtjM&Ttooaa, 'AXi&fn)^ QDysûOifoa ti^ yaorlpa (Coniy , p. 96 , tom txoit fonnes , et p. 35o). — Babriut, fab. 86, 'AX<&3Ci}Ç d^xcuOcToa. — Horaoe, li^re I, épOre yn (adreiiéc à Ifiéoène), vert a9-33. — Handent» 1— partie, fab. i55y «Toi tUgmmrd et tTunê BeUeiiê, — Booraaolt, les fablu d^Èsope^ acte I, soène n, U, BêUtte et le Renard. — Le Noble, fab. 85, du Loyp et de la BeletU. De la restitution»

Mjrthologia msopica Neveleti^ p. lai, p. 38i.

Dans les fables grecques, dans celle de Handent, de même que dans le quatrain xlyii de Benserade, c'est le Renard qni, contre sa eon* tome, se trooTc pris. Chez Horace, c*est on malot {nitedula)» Gbei le Noble, c*est le Loap, comme anasi dans le Baman du Renart^ oà Primant, frère d'Ysengrin, demeure emprisonné, tandis que le Renard, jon traître compagnon, s*échappe :

U (le Loup) a tant mengié del bacon (du porc)

Que il est ploi gros qu*il n'est lonc...

Lors s'en vont droict vers le pertuis,

Et Reoart si s'est lanciez hors,

Et Dant Primaut si fu tan gros

Qu'il ne pot le pertuis outrer. (Vers 4^99'iioy.)

D'après une autre version du Roman du Renart, Robert (tome I, p. II 5) cite ces deux vers :

Ne poust issir, tant fu ventres, Pter là où il esloit entrés.

— Chez Grégoire de Tours, qui met une variante de cette fable dans la bouche de Théodobald, roi d'Austrasie, soupçonnant la fidéitlé d'un de ses agents, il s'agit d'un serpent entré dans une bouteille : Serpens ampuUam çina plénum reperit : per hujus enim as ingrestus^ ^mod intue habehatur avidus hausit : a quo inflatus çino, eaire per aditum quo ingreuut fuerat non valebat, Feniens pero pini dominutf quum Ole exire mteretur^ née potset^ ait ad Serpentem : c Epome prias quod

w. xTu] LITRE III. %ii

g^ututif^ et tune pateris abscedere liber. » {EUtorim ecckemitlea Frmn' earum^ liTfc IV, chapitre it, tome II, p. so et ai, édition Gnadet et Tanuine, in-8®). — Saint Jérôme, dans une lettre à Salvina (tome rV, col. 665, Paris, 1706, lettre lxxxt), applique la iable anx riches qui yeolent entrer dans le ro}'aume des cienx : Docet et JEtopi fabula plénum mûris penirem per angustum foramen egreii non 9alere. — Enfin M. Éd. du Méril (Poùiae inédttet du moyen ége^ p. i34, note 4) cite enoon va passage d*ui vieux sermonaaife foi résume Tépisode du Roman du Rênart et en fait une énergique appli« cation anx usuriers : Quant tenuU (Ysengrinius) per foramen àretum intraçerat^ infiatut exîre non potuit, Fîgiles pero,... Ysenpimum usque ad epaeuationem fiutigaverunt et pellem retinuerunt.,,. Sic dmmones usu» rarùaUf quum per congregationem rerum fuerit inflatuSp a pelle eamit esutum^ animam in inferum fustigabunt^ et oua cum pelle et camé uS" que ad futurum judicium terrm commendabunt,

Damoiselle Belette, au corps long et flouetS Entra dans un grenier * par un trou fort étroit :

Elle sortoit de maladie.

Là, vivant à discrétion,

La galande fit chère lie *, &

Mangea, rongea : Dieu sait la vie.

Et le lard cpii périt en cette occasion !

La voilà, pour conclusion,

I . Toutes les éditions publiées du riTant de la Fontaine donnent ainsi flouet. Le Dictionnaire de rjcadémie, en 1694, et encore en 1718, a les deux formes : flouet et fluet. Au sujet de cette double orthographe et de la rime flouet-étroit^ Toyez le Lexique,

a. In eumeram frumenti, dit Horace (vers 3o), c'est-à-dire dans un des paniers, ou plus Traisemblablement ici, des jattes de terre où anciennement on conserrait le blé : cumera a les deux sens. Les autres fabulistes font entrer leur béte affamée dans le creux d'un arbre, ou dans une cabane, une étable, une grange, un clos, etc.

3. Bonne chère et joyeuse rie : yoyez lirre VII, fable xit, Ters Sa. -— Cest un tour de notre rieîUe langue. Ainsi, dans le Ro' mon du Renart (vers 8190) :

Renart fet bêle chiere et lie.

a5» FABLES. [r.

GnMe, nMifliie ^ et rebondie.

An boQt de la femame, ayant dîné son aoû, 1 0

EDe entend qaelqne bruh, Tent sortir par le trou, Ne peat pins repasser, et croit s'être méprise.

Après avoir fait quelques tours»

« C'est, dit-elle, Tendroit : me Yoilà bien surprise * ; J'ai passé par ici depuis cinq ou six jours. » cS

Un Rat, qui la yojoit en peine, Lui dit : « Vous aviez lors la panse un peu moins pleine. Tous êtes maigre entrée, il faut maigre sortir '. Ce que je tous dis là, l'on le dit à bien d'autres^;

ne confondons point, par trop approfondir*, «o

4* Fmctière et rAcadémie n'ont qoe la forme, de tent identique, mmfléf à laquelle Faretière attribue deux acceptions, dont la féconde oonTÎent bien à Temploi que notre poète fait id de mûflu : f qui a le TÎMf e plein et laiye, ou U taille grofriève. 1 L'Académie ne donne qu*un lent : c qui a de groicet joues. »

S. Stirpriêé^ c'est-à-dire aitnipée. Voyez le tuaque.

6* Macra eanam repêiês ûretum fuem maera stiSUii,

(HoMACB, Ters 33.)

— La Belette, à qui s'adresse ici ce malin conseil, est, cbez plusieurs des autres fabulistes, la bète qui le donne. Dans les fables grecques, le conseiller est un second renard.

7. Le sens est clair; il derait être frappant pour les premiers Icc* tenrs de la Fontaine. La cbambre de justice instituée par Golbert pour examiner les comptes des financiers depuis i635, et punir leurs malrcrsations. Tenait de siéger de la fin de 1661 jusqu'à la fin de i665. Le cbiffre des amendes ou restitutions s'était éle^é à cent dix millions, et l'opinion publique, et en particulier notre poêle, était loin d'aToir accueilli la plupart des sentences arec ces douloureux regrets qu'arait inspirés le sort d'Oronte, du généreux seigneur de Vaux.

8. Plus d'un ayait eu à se repentir de s'être occupé, ne fikt-ce que pour implorer la clémence du Roi, de l'affaire de Foucquet. M. Gbéruel suppose ijnt la Fontaine lui-même aTait été compris, en i663^ dans la lettre de cadiet qui exila son oncle Jannart. Voyex les Mé^ moir§ê surFauequet^ chapitre xfcTi, tome II, p. 4<m> et 401.

w. xm] LIVRE III. aS3

Leurs affiûres avec les vôtres*. »

9* Horace (Tcn 34) 8*appliqiie la fable à Ini-mèiûe (compaiei ddctnis, p. Sy, note 6), oa plotAc il déclare que, it on Teat l*q>pliqner à let npporU avee Méeène, il rendra umt oe qo*il a reça de loi :

lf(M égo si eomptttùt imagine^ ctmeta ruigno.

sS4 FABLBS. [r.

FABLE XVIII

LB CHAT BT Vn VMUX BAT ^

Éiope, fab. s8y AfXoupoc mI MtStc (Gony, p. 19 el lo, p. 194 et sgS). — Babriat, fab. 17, AtXoupoc ««^ 'AXmput&v. — nèdie» liTie IV9 fab. s, ^ Mustela et Muribtu. — RomaloSy lÎTre IV, &b. 1, éë Muiieh et Marlhut, — Paërney fab. Sg, Mures et rdes, — Haudent, s« partie, fab. ao, iTim CAo/ e/ d«f Souris» ^^Qomoi/tX^ fab. 61, i/« iW Muttelle et des Souris. — Dana deux des fables latines, et dans oelle de Corrozet, c'est, comme l'on Toit, la Musteile on Belette qnî remplace le Chat ; dans celle de Babrins, nn Coq jone le ràle dn Tieox Rat.— Cette fable était représentée dans le Lafyrimtke de Versailles, elle fiiit le snjet d*nn quatrain de Benserade (y de l'édition de 1677; I.TII* de celle de 1678). — Dans le recueil de Danid de la Feoille, f partie, p. 6 (Amsterdam et la Haye, 1694), le même snjet se trouTC traité, arec moins de déreloppements et beaucoup moins de grâce, malgré quelques Jolis Ters. La fable est intitulée : des Bats et du Chat.

Mjrthoiogia msopiea Nepeleti^ p. us, p. 4*9*

Nous arons tu, dans la collection d'autographes de M. Bootron- Charlard, un manuscrit de cette fable qui a pour titre, comme les anciennes éditions : le Chat et un vieux Rat,

M. Sonllié (p. i46-i5i) apprécie aTec go&t la fiible delà Fontaine^ et la compare en détail à celles de Phèdre et de Faeme. — L'^wlo* gue dn Chat hypocrite se retronre en Orient sous plusieurs formes, qui se rapprochent soit de cette fable du Chat et un vieux Rat^ soit de la XTi« du livre VII, le Chat^ ia Belette et le petit Lapin (▼oyea les sources indiquées à Toccasion de cette dernière). Par exemple, dans le grand poème sanscrit intitulé le Bfahdhhdrata (5* partie, disti* ques 5411-5447 ; tome VI de la Iraduction de M. Fauche, p. 889- 391), il y a une longue fable dn Chat ascète et pénitent, qui, à force d'hypocrisie, réussit à gagner la confiance des Tolatiles et des rats,

I. sr ui Tiscx BAT, dans le texte de Walckenaer et dans la plu* part des éditions modernes.

w.xfw] UVRB III. aS5

an point que oet dernien» prenant pitié du grand âge qoHl fe donne, le conduifleot hahituellement au fleoTe pour faire ses ablutions, et lui offrent de fréquentes occasions, dont il profite ayec adresse, de s'engraisser en les dérorant. Voyez encore la fable it du livre I de VBU topadeçaj et ce que M. Benfey, dans son Introdueiion au Pamtteha' tamtra (tome I, p. 35a), dit des dÎTers apologues indiens où le Cbat eet ainsi mis en scène. U croit, non sans raison, tronrer des allusions à son r61e hypocrite jusque dans le code de lois de Manon, lirre IV, distiques 3o, iga et igS. — Le ia4* récit des Avadmiuu^ traduits du chinois par M. Stanislas Julien (tome II, p. i$o et i5i), a aussi, dans son plaisant petit cadre de Téternûment du Rat et des bons Tœnx du Chat, une lointaine analogie arec la présente &ble. — Enfin on connaît la fiJ>le xn* de Fénelon, sa meilleure peut-être, h Chat et U* LapiM (tome XIX des OEwres, p. 5 1 et 5a, édition Lebel, Paris, i8i3), qu'il faut comparer à la foia aux deux Chats de la Fontaine, je veux dire à celui-ci, et à celui du liTre VII, fable xti.

J'ai lu chez ud conteur de fables, Qu'un second Rodilard*, l'Alexandre des chats',

L'Âttila *, le fléau des rats,

Rendoit ces derniers misérables :

J'ai lu, dis-je, en certain auteur, 5

Que ce Chat exterminateur, Vrai Cerbère, étoit craint une lieue à la ronde : n Youloit de Souris dépeupler tout le monde.

%. Voyez livre II, fable n, note i. — Rodilard I*"* est, sans conteste, le céièbrê chat de Rabelais, mentionné dans cette note.

3. Voilà une antonomase qui évidemment, dans la pensée de Bossuet, n'avait point place parmi celles qui lui faisaient dire en 1687: c Cet AlexancLre, qui ne vonloit que faire du bruit dans le monde, y en a fait plus qu'il n'auroit osé espérer. Il faut encore qu'il se trouve dans tons nos panégyriques ; et il semble , par une espèce de fatalité glorieuse k ce conquérant, qu'aucun prince ne puisse recevoir de louanges qu'il ne les partage. » (Orauon funèbre Je Louis de Bourbon, prince Je ConJé, tome XVII des OEuvres, p. 55o, édition Lebel, Versailles, 1816.)

4. Attila, roi des Huns, surnommé le Fléau de Dieu, c'est-à-dire le fléau envoyé par Dieu. Ici c'est le fléau envoyé contre les rats.

ftS6 FABLBS. [r. xynn

LeB planches qu'on suspend sar on l^er appui,

La moit-aax-rats, les souricières, i o

Fétoient que jeux au prix de lui.

Gomme il voit que dans leurs tanières

Les Souris étoient prisonnières, Qu'elles n'osoient sortir ', qu'il avoit beau cherdier, Le galand frit le mort, et du haut d'un plancher 1 5

Se pend la tète en bas * : la bète scélérate A de certains cordons se tenoit par la patte. Le peuple des Souris croit que c'est châtiment. Qu'il a &it un larcin de rôt ou de fromage, Égratigné ^ quelqu'un, causé quelque dommage ; a •

Enfin qu'on a pendu le mauvais garnement.

Toutes, dis-je, unanimement Se promettent de rire à son enterrement, Mettent le nez à Tair, montrent un peu la tète,

Puis rentrent dans leurs nids à rats, % s

Puis ressortant font quatre pas.

Puis enfin se mettent en quête.

5. Dans la fable ésopique et dans oellet de Faërne et de Bandent, dlet restent tout an haut de la maifon, dans une ptaûe ok le Qiat ne peut, dit-on , atteindre ; c tons les ais d'nn double plancher, i dit le ÊJbnliste du recueil de Daniel de la Feuille.

6. Ce trait, omis par Phèdre , est dans la fable grecque : *Axb «oTtàXou Ttv^ Uufthi èêMiÇ i3ci)(&pi)ot , xa\ icpoatxoistto vixpbc tTvai. -— Faëme dit à peu près de même :

Hitne vieissim eseogUavit calUdus Fêtes doiuM , Ui tifilio promimerUi pûriete es domestieo jâdpueûnt pedét suplnot^ capUe dêorsttm pmduh , Mortuum simuiarei,.,. (Vers 6-9.)

— Babrius a réuni Vidée du sac, qui, dans la fable ésopique, se trouve à la même place et a^ec le même tour que ches la Fontaine , et ridée des cberilles auxquelles le Chat se pend :

Les cordons sont de notre poète.

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