‹ Œuvres de P.L. TchebychefChapitre 257 sur 374 · V. xviii] LIVRE III. a · texte numérisé non relu

V. xviii] LIVRE III. a

Mais voici bieu une autre fête :

Le pendu ressuscite; et sur ses pieds tombant,

Attrape les plus paresseuses. 3 o

« Nous en savons plus d'un *, dit-il en les gobant : C'est tour de vieille guerre •; et vos cavernes creuses Ne vous sauveront pas, je vous en avertis :

Vous viendrez toutes au logis. »

Il prophétisoit vrai : notre mattre Mitis ^^ 3 5

Pour la seconde fois les trompe et les a£Guie*\

Blanchit sa robe et s'en&rine ^* ;

Et de la sorte déguisé, Se niche et se blottit dans une huche ouverte .

8. ^ous en savons plus iPun^ plus d^un tour, est encore une de ces fortes ellipses, de la langue familière, dont nous ayons déjà eu l'occasion de parler. Voyez Y Introduction grammaticale du Lexique^ à l'article Elupsb.

9. Rabelais a dit au Uttc IV, chapitre vin (tome II , p. so) : « Cest ung tour de yinlle guerre. »

xo. Mot latin qui veut dire doux^ et convient parfaitement au chat. — Geruzez cite, au sujet de ce mot, la xuii* nouTelle de BoiiaTenture des Periers. Un curé interroge un jeune garçon qui étudiait à Paris : c Or ça, dites-moy en latin un chat.... L*enfant respond : Catus, Felis, Murilegus. Le curé, pour donner à entendre au père qu'il sçauoit bien plus qu'ils ne sçauoient à Paris, dit au ieune filz : < Mon amy , ie pense bien que -vos regens tous ont ainsi monstre ; « mab il y a bien un meilleur mot : c'est Mitis; car tous sçaues t bien qu'il n'est rien tant priué qu'un chat ; et même la queue, qui c est soueue quand on la manie, s'appelle suauis. 3 (Contes et Nouvelles de Bonaventure des Periers, édition de la Monnoye, Amsterdam, 1735, tome I, p. a35-a37.)

II. Les joue, les attrape par la ruse. Jffitier est fréquemment employé dans ce sens par les auteurs du seizième siècle : voyez le Lexique,

la. Benserade se sert du même mot :

Puis il s'en£mna pour déguiser sa mine.

— C'est chez Phèdre la ruse unique de la Belette :

Invohit se farina , et ohscuro loco Aùjecit negUgenter,,,, (Vers la et i3.)

J. DB lA FoiTTAniK. I I?

258 FABLES. [f. xvui

Ce fut à lui bien avisé : 40

La gent trotte-menu 8*en vient chercher sa perte. Un Rat, sans plus, s'abstient d^aller flairer autour : G'étoit un vieux routier **, il savoit plus d'un tour ; Même il avoit perdu sa queue à la bataille. « Ce bloc enfariné ne me dit rien qui vaille, 4 5

S'écria-t-il de loin au général des Chats : Je soupçonne dessous encor quelque machine :

Rien ne te sert d'être fiirine; Car, quand tu serois sac, je n'approcherois pas ^*. » C'étoit bien dit à lui; j'approuve sa prudence : 5o

Il étoit expérimenté,

Et savoit que la méfiance

Est mère de la sûreté".

i3. Cette location est encore empruntée à Rabelais, qoi, an livre !> chapitre xxxui(tome I, p. xa4)f nens parie d*an c vieolx homme esprouué en diuers hazards, et -vraj routier de guene* >

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