Dans Ysopet I
Tu fais à tout le monde ennui....
.... chascuns te fiert (frappe) et chasse.
— Dans Marie de France (vers 16-18) :
.... En tuz lins faiz tu anui.
Sîez là oîii siez, vas là où vas, là par tun fait honur n'aras.
10. Cest-à-dire, « le font aussi. » Aujourd'hui on dirait : c ainsi font. > Voyez la fable suivante, vers 35.
J. DB LA FomeAurs. i 18
374 FABLES. [r. m
Sur la tête des rois et sur celle des ânes
Vous allez vous planter, je n'en disconviens pas;
Et je sais que d'un prompt trépas 3o
Cette importunité bien souvent est punie. Certain ajustement, dites- vous, rend jolie; y en conviens : il est noir ainsi que vous et moi. Je veux qu'il ait nom moucbe : est-ce un sujet pourquoi ^^
Vous fassiez sonner vos mérites ? 35
Nomme-t-on pas aussi mouches les parasites^'? Cessez donc de tenir un langage si vain :
N'ayez plus ces hautes pensées.
Les mouches de cour ^* sont chassées ; Les mouchards*^ sont pendus; et vous mourrez de faim,
1 1 . Voyez le Lexique.
II. Plante emploie le latin musea en ce sens dans le PamuUu (acte m, scène m, vers 77) ; et Antîpliane, cité par Athénée (livre VI, p. a38)| le mot grec [jLUia. Dans Cîcéron (de Oratore, livre II, chapitre Lx), Puer^ abïge muscaSy est nne inTitation i écarter les importuns.
i3. Cenx on celles qui font dans les cours le métier d'espions : Toyez le Lexique, Nous ne savons sur quoi pouvaient se fonder l'ahhé GnilloUy et après lui Crapelet, pour entendre c les factieux, s
x4* Les mouchards sont évidemment ici les c espions de guerre, > comme Pentend M. Littré, qui, du reste, fait remarquer que le mot n*est pas usité en ce sens. — c Ce sont li, dit Chamfort au sujet de ces deux vers, de mauvais quolibets qui déparent beaucoup cette fable, dont le commencement est parfait. 1 N^est-il pas trop délicat quand il ajoute : c On se passerait bien aussi du grenier et de Tarmoire des deux derniers vers. »? — M. Taine (p. 144) ne s*aooorde pas avec Chamfort, même pour la première critique. Il troave que ces quolibets achèvent bien le caractère donné à la Fourmi : c ses réponses, dit-il à l'occasion des mots mouches de cour, mouchards ^ etc., emportent la pièce.... Voilà les comparaisons polies dont elle régale la Mouche. Elle va droit au fait, et trouve les arguments personneb : dans six mois c vous mourrez de faim. 9 L'esprit positif arrive naturellement à la réfutation insultante. 9 — H y a dans les derniers mots de la Fourmi de Phèdre (vers 91) une intention toute semblable de dure franchise :
Satis profeeto retudi supetiiam*
F. ui] LIVRE lY. 375
De froid, de langueur, de misère, Quand Phébus régnera sur un autre hémisphère. Alors je jouirai du fruit de mes travaux ^* :
Je n'irai, par monts ni par vaux,
M'exposer au vent, à la pluie; 45
Je vivrai sans mélancolie *• :
Le soin que j'aurai pris de soin m'exemptera.
Je vous enseignerai par là Ce que c'est qu'une fausse ou véritable gloire. Adieu : je perds le temps; laissez-moi travailler *'; 5o
Ni mon grenier, ni mon armoire
Ne se remplit à babiller. »
i5. .... Quum hnana est, siUs,
Mon coniraeiam quum te cogunt frîgora , Me eopiosa recipii ineolumem domus. (Pbàdrx, vers i8-ao.)
— Dans Ysopet / .*
Perdue es quant iner repaire (reparait').
— € Aoaste, dk encore M. Taine (p. ii5 et 116), est int de ces mé" rites qui m* ont que la cape et Vépée (voyez au commencement de la dernière scène du Misanthrope la lettre de Célimène à Qitandre), et pourra bien, après avoir banté les palais et s*étre assis à la table du maître, jeûner l'hiver dans ses terres ; et le pauvre bestion qui levait la dime sur les dîners de Jupiter mourra aux premiers froids. »
16. On peut rapprocher de ce passage ces deux jolis vert de la vieille faUe fmnçaise {Ysopet /) :
Et la grant pais o& mon cuer gist Mon petit mengier adoucist.
17. M. Taine fait, sur ces derniers mots de la rude et pratique ménagère, une fine et juste observation : t Elle préfère encore, ditil (p. 143)9 les profits aux épigrammes :
Adieu : je perds le temps, etc. 9
376 FABLES. [r. rr
FABLE IV