‹ Œuvres de P.L. TchebychefChapitre 277 sur 374 · Chez Haudent, tous périssent en effet, honnis le Singe · texte numérisé non relu

Chez Haudent, tous périssent en effet, honnis le Singe

Hz furent tous perduz, fors ceste beste.

7. Pline, Histoire naturettèy ]xwve IX, chapitre Tin : Delphinus,,,. homtU,,,, ameum animal,,, 9 Hominem non expapeseit, ut aRenaanf ohpiam navigiis penit^ aliudit extultanSp cêrtat etiam , et quamn» plena prmterit pela. Dans le reste du chapitre et dans le suivant, Pline rapporte à l'appui plusieurs exemples, entre autres celui d'Arion, dont notre poète parle un peu plus bas. — Pour le naturel et les moBors du dauphin, comparez Aiistote, Histoire des animauSy lirre IX, chapitre xxxr (ailleurs xLynx). — c Le fait est faux, dit Chamfort, mais c'est une tradition ancienne. D'ailleurs la Fontaine évite plai« samment rembarras d'une dtseusaion. »

%g% FABLES. [v. Tit

U sauva donc tout ce qu il put.

Même un Singe en cette occurrence,

Profitant de la ressemblance,

Lui pensa devoir son salut :

Un Dauphin le prit pour un homme, i S

Et sur son dos le fit asseoir

Si gravement qu'on eût cru voir

Ce chanteur que tant on renomme *•

Le Dauphin Talloit mettre à bord,

Quand, par hasard, il lui demande : %•

« Êtes-vous d'Athènes la grande ?

— Oui, dit l'autre ; on m'y connott fort :

S'il vous y survient quelque affaire.

Employez-moi; car mes parents

Y tiennent tous les premiers rangs : a S

Un mien cousin est juge maire ^. »

Le Dauphin dit : « Bien grand merci *^ ;

Et le Pirée ^^ a part aussi

8. Arion, nir le point d*étre assassiné par des matelots qui toqlaient le dépouiller, se jeu à la mer, et fnt saaré et porté an cap Ténare par mi dauphin qui Tayait entendu jouer de la lyre. Le plus ancien récit que nous ayons de cette histoire est celui d*Hérodole (tivre I, chapitre xay)» Plusieurs, auteurs greoi et latins Tont racontée après lui : Toyea entre autres Plutarque (le BmMquet da upi Sttget^ chapitre xnn); Oride {Fastes ^ livre II, vers 83-ii8) ; PUiie (livre IX, chapitre tui) ; Aulu-Gelle {Nuks aitiques^ livre XVI, chapitre xix).

9. U est bien entendu que le Singe décore son cousin d'un titre tout français. Juge maire^ synonyme de juge muge ou muje (voyci le Dietioniuùre de M. Littré), était, dans quelqaes-nnes de noiprovinoas, le nom du lieutenant du sénéchal.

xo. Ces trois derniers mots sont écrits ainsi dans toutes les éditions anciennes : Bien~grammerejr, On trouve les deux derniers réunis de cette façon en un composé dans Biarot, Pasqnier, Montaigne, etc.

II. • Port d'Athènes qui fut bâti par les conseils de Thémistode, à la suite de la guerre de Xerxès, c'esl-à-dire une centaine d'années après le temps de Solon, de Gyms et de Crésos, où Ton place

». to] livre IV. 1193

A rhonnear de votre présence ?

Vous le Toyez soaventy je pense ^^? 30

— Tons les jours : il est mon ami;

C'est une vieille connoissance ^*. »

Notre magot *^ prit, pour ce coup,

Le nom d^un port pour un nom d^bomme.

De telles gens il est beaucoup 35

Qui prendroient Yaugirard pour Rome ^'9

manémcnl rezMteaoe d*éiope ; c'est une des raisons dont se sert le P. Varafseiir, dans son curieux traité de Ludicra diciione (Paris, i658, ù^*4^f P« 19)1 pour prouTer que les ûibles d'Ésope lui sont faussement attribuées, et qu'elles appartiennent à son biographe Planude.... a (NoDiBB, édition de 18 18, tome I, p. 147.) — Le P. VaTasseur aurait dû se contenter de conclure que parmi les fables dites d*Esope il en est qui lui sont faussement attribuées, et d*aîlleun ne pas assigner péremptoirement à Planude la paternité, même de celles-là*

II. Les deux questions peuvent s'appliquer aussi bien k un homme qu*à un lieu ; mais la première ne manque-t-elle pas un peu de naturel ? Le fabuliste latin dit plus simplement : Nossetnê Pi' rmum? et Fauteur de la fable grecque en prose : E2 xa\ tI»v Uetpata licfoTOTai. — Chez le second, l'entretien tout entier, chez le premier, une partie de l'entretien a lieu au Pirée même.

i3. Dans le récit de Tzetzès, le Singe ajoute plaisamment qu'il connaît f et tous ses enfants, et sa femme, et ses amis : ■

14. Magot désigne proprement un gros singe sans queue, du genre des macaques. Dans la synonymie indiquée en note au tome XIV de Buffon, p. 109 (Imprimerie royale, 1766), le magot est identifié ayec le cynocéphale^ mentionné par Aristote au livre II de V Histoire des animaux, chapitre vni (ailleun v).

i5. Locution proverbiale. Le nom de Yaugirard s'employait vo« lontiers dans ces sortes de rapprochements géographiques : voyez an tome X des Lettres de Mme de Sévigné^ p. 49^» comment Coulanges s'en est servi dans une chanson. Yaugirard était au temps de la Fontaine, et il n'y a pas longtemps encore , un village près de Paris (à une lieue de distance, dit en 177 1 le Dictionnaire de Tri" ¥oux)i il fait partie maintenant de la ville, depuis que Paris a élargi son enoeinte.

994 FABLES. [v. Tn

Et qd, caquetants^* an plus dra.

Parlent de tont, et n'ont rien vu.

Le Dauphin rit, tourne la tète,

Et le magot considéré, 4 •

Il s*aperçoit qu'il n*a tiré

Du fond des eaux rien qu'une béte.

n l'y- replonge, et va trouver

Quelque homme afin de le sauver^''.

i6. Les éditions originales mettent tinsi le participe an pl«nely de même que celles de 1681 et de Londres 1708.

17. < On ne Toit pas trop quelle est la moralité de cette pcé» tendue fidble, qui n'en est pas une. • (Cbamtoat.) » Voici l'aiEabn* lation de Faëme :

Qui mentiuniur impwUnter, ht suU RefelUre ipti se soient mendaeiis.

w. yrn] LIVRE IV. agS

FABLE VIII

L*HOMlfS BT L^IDOLK DB BOIS.

Ésope, lab. ia8, 'AvQpcmcoc xataSpouca^ dt^oXiMc (Coray, p. 70 et 71, sons deax formes, et p. 33o). — Babrins, fab. 119, ^Aya^fka 'EpfjLoO. — Handent, a* partie, fab. 8, d*un A9arlcieux et de son Ydole, — G)rrozet, fab. 76, de rSomme et de son Dieu de bois, — Le Noble, fab. 5i ^û (n^ i du tome II), de V Idole brisé {sic : Yoyez la note 4)- ^ caprice,

difthologia suopica Neveleti, p. 19a.

On a rapproché de cet apologue un conte indien, dont il existe plusieurs yersions. Dans ce conte, fondé sur une croyance bouddhique, l'Idole, dans laquelle de Tor est caché, est remplacée par un moine djaina, en chair et en os, qu'un coup de bâton, assené sur la tête, transforme en or, et cet or enrichit un pauvre marchand, riche dans une existence antérieure, qui, aTcrti en songe, a ainsi frappé le moine. M. Weber, par une conjecture ingénieuse, trop ingénieuse peut-être, suppose, dans ses Études indiennes (tome III, p. 353), que cette sorte de légende fait allusion i un épisode de U sanglante persécution dirigée contre le bouddhisme, au roi Pushpamitra promettant cent pièces d'or pour chaque tête de reh'gîeux qu'on lui apporterait : c'est un fait rapporté par Eugène Bomouf dans um Introduction à r histoire du Buddhisme (p. 43i)> Au sujet du conte indien, que plusieurs inclinent à considérer comme la source de U fable grecque, on peut Toir, outre M. Weber, déjà cité, V Introduction au Pantscho' tantra de M. Benfey (tome I, p. 47^479)) ^^ 1® Mémoire de M. Wagener (p. xai). Le conte même est le i*' du livre Y du Pantscho' tantra (tome II de M. Benfey, p. 3ai-3a6) ; il y est allongé par une continuation assez plaisante.

Certain Païen chez lui gardoit un Dieu de bois,

De ces dieux qui sont sourds, bien qu'ayants ^ des oreilles' :

I . Ce pluriel est dans tontes les éditions anciennes , sauf celle de 1679 (Amsterdam).

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