FABLES XV ET XVP
LE LOUP| LÀ CHÂyRB, £T LE CHEVREAU.
LE LOUP, LA HÂRE, ET l'eNFAHT.
Fable XV. — Appendix fàbularam «iopianim, (ah, Ss» BmJms «r lupus, i— RomnlttSy livre II, fab. lo, Bsuhts et Lupus, — Neckia, fikb. 41, de Capelia si lup^ (ÉÂ, du Mérilt P« ^^O* — Marie de France, fab. ^,de la Cheurs et ses Cheuria»* — Haudeat, f* partie, fab. i35, d^un petit Boucq et ^un Loup, — Coirozet, fab. 14» du Loup et du Cheureau, — Le Noble, fab. iS^ du Loup et du Chevreau* La garde d'une fille.
Mjthologia msopiea Nepeleti^ p. $07 (fable, en distiques latins, de Tanteor que Nevelet désigne par le nom de CAnonpue),
M. Soollié (p. 319-aai) cite la fable de Gorrozet, et, la comparant à la fable de la Fontaine, montre en quoi celle-ci eit sapérieiure. Les traits les plus agréables du récit, le c mot du guet, patte blanche, • sont de l'invention de notre poëte.
La Bique*, allant remplir sa traînante mamelle,
I . Ces deux fables sont ainsi réunies dans les éditions originales et dans les anciennes impressions, de même que les fables xy et xn du livre I et les fables xi et xn du livre II. La gravure de Qianveau est divisée en deux parties, qui représentent chacune le sujet d'une des deux bbles. Nous aurions d& faire une remarque semblable au sujet de la gravure qui accompagne les &bles xi et xu du livre II.
a. Mot de même radical que Titalien hecco (bouc), lequel est différent, conune le font remarquer MM. Diez et Littré, de Talleniand Bock^ d'où vient bouc, — Le Noble nomme la Chèvre t mère la Cabre; » et le Chevreau, Biquet (comme la Fontaine), Boucon^ Chevro-^ tin, — Dans cette fable encore, M. Taine (p. 399) relève et approuve l'emploi des mots vulgaires, ici Bique ^ plus loin loquet. Noditrr, dans son édition des /"a^/^^ (18 18), critique ce dernier terme comme nous faisant perdre de vue les mœurs de la Chèvre. U faut pourtant bien, et dans la fable en général, et surtout chex notre
F. XT-xn] LIVKB IV. Sa;
Et paître Therbe nouvelle,
Ferma sa porte au loquet,
Non sans dire à son Biquet :
« Gardez-vous, sur votre vie, 5
D^ouvrir que Ton ne vous die,
Pour enseigne* et mot du guet :
« Foin ^ du Loup et de sa race ! »
Comme elle disoit ces mots.
Le Loup de fortune ' passe; i o
Il les recueille à propos,
Et les garde en sa mémoire.
La Bique, comme on peut croire,
N^avoit pas vu le glouton.
Dès qu'il la voit partie, il contrefait son ton *, 1 5
Et d*une voix papelarde ^ D demande qu'on ouvre, en disant : « Foin du Loup ! »
Et croyant entrer tout d'un coup.
Le Biquet soupçonneux par la fente regarde :
prendre um parti du trèt-frécpieat mélange dei rnann et aptitudes des bommcs a^ec oellet des aninurax.
3. Signal, signe de reconnaissance, mot d'ordre et de ralliement; c'est le composé latin insigne; le simple , signum , a parmi ses sens celni de c mot d*ordre. >
4. Interjection familière, marquant répulsion, et sur l'étymologie de laquelle on n'est point d'acorâd. Ou l'emploie avec et sans régime. Voyez le Lexique,
5. Par hasard ; il dit ailleurs : ^tiweniure, La loention de fortune est plusieurs fois dans Rabelais : voyez, par exemple, Uttc IY, chapitre xx.Tin, tome U, p. 119; et lirre Y, chapitre xt, tome II, p. 118.
6. c Simulant voix caprine, » dit Haudent« L'Anonyme de Ne- Tclet emploie de même un mot qu'il tire de eapra :
Sia proeuly Bmdus aii, capritas gutture fuUo,
7. Hypocrite. Cest encore un mot de Rabelais : c Les abus d'ung tas de papelarts et faulx prophètes. » (livre H, chapitre xxix, tome I, p. 33o.)
3a8 FABLES. [r. xv-xyi
« Montrez-moi patte Mancbe, ou je n^omrrirai point, »
S^écria-t-fl d'abord. Patte blanche est nn point
Chez les loops, comme on sait, rarement en nsage.
Celni-ci, fort surpris d'entendre ce langage,
Conune il étoit venn s'en retourna chez soi.
On seroit le Biquet, s'il eût ajouté foi s S
Au mot du guet que de fortune*
Notre Loup aToit entendu ?
Deux sûretés valent mieux qu'une, Et le trop en cela ne fut jamais perdu *.