Cervi quoque alta eonspieatur comua, ^Ibidem, rers a
Du Cerf qui là se reponnoit
Vit les cornes qui furent grans. (Ysopei /.)
16. ff La Fontaine ne néglige pas la moindre circonstanoe capable de jeter de l'intérêt dans son récit. 1 (Chamvokt*) — Il dit encore au lime V, fable xv, vers ix et 19 :
.... II lui fut inutile De plem«r aux veneurs à sa mort arrivés.
— Plutarqne {Questions naturelles^ cbapitre xx) dit que le cerf pleure quand il est effrayé; il sait même que ses larmes sont salées (tandis que celles du sanglier en colère sont douces). Le vieux li? re inti*tulé Propriétaire des choses {translaté de latin en françois, tan 137a, par Jehan CôrBichon^ livre XVIII, chapitre xxviii) affirme que c quant il est prins, il pleure; » et* dans la Chasse rofale composée par le roy Charles IX (chapitre vi, p. 3o}, on recommande de c donner à boire {ses larmes) à ceux qui ont battement de cœcur. 1 ^ Ce qui probablement a donné lieu i cette croyance des larmes du cerf, ce sont les cavités, profondes de plus d*un ponce et nommées lot'
3S» FABLES. [r.
Dont maint voisin s'éjouit^^ d'être.
Phèdre sur ce sujet dit fort élégamment :
Il n'est, pour voir, que Toeil du maître Quant à moi, j'y mettrois ^* encor l'œil de Tamant
miêrs^ (jn'il a au*deitoiu de Faiisle extérieor de cbaque osil, c La matière qu'elles contiennent pourroit être, dit Danbenton, nu dépôt de lannei , on plutôt rhnmeur qui suinte de leurs parois, i Vojem sa description du cerf dans V Histoire natureile de Buffon (tome VI, p. 109, in-4®, Imprimerie rojale, 1756).
17. Ce mot, dont le sens est clair, a -rieilli, et devait être pes employé même du temps de la Fontaine. D ne se trouTc ni dans k Dietiaimùre de tdeaJeme (1694), ni dans ceux de Furetière (1690) et de Bichelet (1680).
f 8. Voici ce que dit Phèdre (tcts 17 et 18} :
.... Hme tigmifieat fahuia Daminum pidere plurimum im rebis suis,
19. L'édition de 1679 (Amsterdam) porte : c je mettrois» t poor : c j*y mettrois. >
ao. Voltaire (tome XXXIX des QBwres, p. 217 et 118) cite les deux derniers rers panni les maximes d*un sens profond qu'il admire dans les fables de la Fontaine. — t Ce dernier vers produit une sujprise charmante, dit Chamfort. Voilà de ces beautés que Phèdre ni Ésope n'ont point connues. 1 — Vœil du maître est depuis loo^ temps une expression proverbiale : c Un roi, dit Xénophon, dans fÉeom>mique (chapitre xii), ayant acquis un bon cberal, demanda à un homme qui paraissait être habile en fsit de cheranx, ce qui pourrait le plus Tite engraisser sa bête. • L'oeil du mattre » (Btoxdroo ^6aX|A6c), répondit-il. Je crois que, pour le reste, à Socrate, c'est de même l'oeil du mattre qui surtout rend les choses belles et bonnes (oStw..., & 2Sc&|cpcrrfc, xa\ TdEXXa (loi Boxs?d«ondiou6f6atX(ibc rdt xaXétt xiyaOà (AiXioTa IpYdÇioOat). • — c Par métaphore, dit Fleury de Bellingen dans rÈtjrmologie des Proverbes (chapitre xxtu , p. 356), on approprie ces mêmes paroles {tetil du maître engraisse le eheemt) à ceux qui prennent eu^-mêmes la conduite de leur famille et ont soin du gonvemement de la maison, i — Le fécond romancier H. de Balzac, parlant, dans sa touchante histoire de Pierrette (Michel Léry, 1864, in-i8, p. 116), du regard de propriétaire^ le nomme trè»<justement c ce regard inexplicable qui voit ce qui échappe aux ycnx ks plus obienrateurs. >
r. xxii] LIVRE IV. 353
FABLE XXII
L^ALOUSTTB BT SB8 PETITS, AVBC LB MaITIIB d'vn CHAMP.
Babriusy fab. SS, KopuSaXbç xa\ Nioa(io( '. — Auln^elle, iVmVj atiiques^ livre II, chapitre xxix*. — ÀTianas, fab. ai^ Rutticut et Apis. — Faéme, fab. 96, Cassita. — Bandent, i*^ partie, fab. 194, tTune JUouette et de set Petit,
Mythoiogia msopica NepeUti, p. 470.
Cette fable a été reproduite dans le Kêcuêil de poésies ehrétienmes et diverses^ tome III, p. 354*
Faéme n'a fait cpe mettre en Ter*, avec moins de grâce pent-4tre et de naturel, le récit d'Anlu-Gelle. Lequel des deux a aerri de modèle à la Fontaine? Il serait difficile de le décider; pourtant j*incline à penser que c'est Faëme, à cause des éditions si nombreuses et de la popularité de son recueil. Le lecteur en jugera lui-même ; nous mettons les deux morceaux sons ses yeux dans V Appendice de ce to-
I. ÀTant la découverte du manuscrit du mont Athos, Furia, le premier, avait publié cette fable de Babrius, en 18 10, d'après un manuscrit du Vatican, qui la donne comme de la prose. G>ray (p. 273 «t 374) » et après lui plusieurs autres philologues , l'aTaient mise en Tcrs choliambiqnes. La version du Vatican diffère de celle du mont Athos par un certain nombre de variantes ; la plus importante est que le rôle principal appartient, non, comme dans la vraie fable de Babrius, à l'Alouette huppée (Kopu8sX6c), mais à un autre oiseau, appelé ^opciSpiéç, oiseau jaune, dit-on, et nichant dans des crevasses, mais dont on ne sait pas le nom actuel. — A sa fable en vers Coray (p. 374 et 375) joint une imitation en prose grecque qu'il a faite luimême de la fal)le latine d'Aulu-Gelle mentionnée ci-après.
a. Auln-Gelle nous apprend qu'Ennius avait traité ce sujet dans une de ses satires^ scite admodum et venutte, en vers iambiques de quatre mètres on huit pieds ; il cite les deux derniers de ces vers, oà se trouve exprimé ce proverbe :
Hoc erit tibi argumentum iemper in promtu titum^ 19e tfuid exspeetes itmieot, quod tute agere postief,
— Faëme a pris pour affabulation ce fragment d'Ennius.
J. DB LA FoncAin. I a3
354 FABLES. [f. ixu
lume. — M. Sainte-Beaye, dans ses Critiques et Portraits (s« édition, i84iy tome I, p. io3 et 104) 9 dît au sujet de cette fable et de quelques antres : c La Fontaine a encore, sur ses devanciers du seizième siècle, Pavautage d*aToir donné à ses tableaux des couleurs fidèles qui sentent, pour ainsi dire, le pays et le terroir. Ces plaines immenses de blés où se promène de grand matin le Maître, et où TAlonette cacbe son nid; ces bruyères et ces buissons où fourmille tout un petit monde ; ces jolies garennes dont les b6tes étourdis font la cour à TAurore dans la rosée et parfument de tbym leur banquet, c*est b Beauce, la Sologue, la Champagne, la Picardie; j*en reconnais les fermes avec leurs mares, avec les basses-cours et les colombiers. I^ Fontaine avait bien observé ces pays, sinon en maître des eaux et forêts, du moins en poëte; il y était né; il y avait vécu longtemps. »
Ne t'attends qu'à toi seul : c'est un commua proverbe '. Voici comme Ésope ^ le mit En crédit' :
Les alouettes font leur nid